Lecture / Ecriture
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Dissimulation de preuves de Donna Leon

Donna Leon
  Le meilleur de nos fils
  Dissimulation de preuves
  Le Cantiques des innocents
  De sang et d'ébène
  Des amis haut placés
  L'inconnu du Grand Canal
  Le garçon qui ne parlait pas
  Un vénitien anonyme
  Requiem pour une cité du verre
  Brunetti entre les lignes

Donna Leon est une écrivaine américaine née en 1942.

Dissimulation de preuves - Donna Leon

Série Guido Brunetti
Note :

   Premier contact avec cette «auteuse», ainsi qu’avec son héros récurrent; le commissaire Guido Brunetti. «Dissimulation de preuves» serait l’épisode n° 13 de la série Brunetti?
   
   Donna Leon est américaine mais elle a apparemment beaucoup voyagé, est arrivée pour enseigner la littérature du côté de Venise et … n’en serait pas trop repartie. Foin de l’enseignement, elle est passée à l’acte, d’où la série Brunetti, un commissaire de la police … vénitienne! Un peu le syndrome Elizabeth George, américaine, mais qui vit à Londres et écrit donc des polars britanniques.
   
   Le rythme n’est pas fou – fou (on n’est pas dans Grangé ou Chattam!), languide, correspondant certainement au rythme policier italien ou, disons, vénitien. Il n’est pas sans rappeler d’ailleurs le rythme et les préoccupations culinaires des romans d’Andrea Camilleri, même si la Sicile … ce n’est pas vraiment la Vénétie! Pas vraiment!
   
   Ce n’est pas réellement du polar purement psychologique, surtout pas du polar d’action, ça se rapproche plutôt des romans à l’ancienne style Agatha Christie où la manière de dénouer l’intrigue est réellement le pivot du roman. C’est sympathique à lire – j’en lirai probablement d’autres – mais ça n’atteint pas les intensités d’un Henning Mankell ou d’un James Lee Burke ou même d’une Elizabeth George.
   
   Venise donc, et sa vie ratatinée sur elle-même, du moins pour les Vénitiens vivant à Venise. Problèmes de voisinage et vieille dame acariâtre, pire, radine comme pas deux, qui méprise et importune son voisinage, qui exploite des immigrées en situation plus ou moins régulière… le genre de voisine que vous n’aimeriez pas avoir! Maria Grazia Battestini qu’elle s’appelle. Qu’elle s’appelait plutôt puisqu’en fait on la retrouve sauvagement assassinée. A priori c’est tout bête, sa dernière employée de maison - roumaine et exploitée, ou inversement – a décampé au même moment pour tenter de regagner sa patrie. Tenter car… lors de l’interpellation en gare frontière, elle se fait écraser par un train. Voyez comme le monde va! Le dossier va être classé quand une voisine, charmante celle-ci, vient spontanément faire part de l’impossibilité de sa culpabilité à la police vénitienne. Qui n’apprécie pas trop de voir une affaire résolue basculer du mauvais côté de la pile. Elle va avoir des ennuis la signora Gismondi sauf que... sauf que le commissaire Brunetti rentre de vacances et va s’occuper de son cas.
   
   Le roman c’est l’enquête, avec des apartés sur Venise et les Vénitiens, l’administration italienne, des cas de corruption (sans blague!), … C’est sympathique donc et c’est peut-être le genre dont on chope le virus à force d’en lire. Possible. A vérifier!
   
   
   Série Commissaire Brunetti
   
   1. Mort à la Fenice (Death at La Fenice) 1992
   2. Mort en terre étrangère (Death in a Strange Country) 1993
   3.Un Vénitien anonyme (Dressed for Death) 1994
   4.Le prix de la chair (Death and Judgement) 1995
   5.Entre deux eaux (Acqua Alta) 1996
   6.Péchés mortels (The Death of Faith) 1997
   7.Noblesse oblige (A Noble Radiance) 1997
   8.L'Affaire Paola (Fatal Remedies) 1999
   9.Des amis hauts placés (Friends in High Places) 2000
   10.Mortes-Eaux (A Sea of Troubles) 2001
   11.Une question d'honneur (Wilful Behaviour) 2002
   12.Le meilleur de nos fils (Uniform Justice) 2003
   13.Dissimulation de preuves (Doctored Evidence) 2004

   14.De sang et d'ébène (Blood from a Stone) 2005
   15.Requiem pour une cité de verre (Through a Glass Darkly) 2006
   16. Le Cantique des innocents (Suffer the Little Children) 2007
   17.La Petite fille de ses rêves (The Girl of His Dreams) 2008
   18.La Femme au masque de chair (About Face) 2009
   19.Brunetti et le Mauvais Augure (A Question of Belief) 2010
   20.Deux veuves pour un testament (Drawing Conclusions) 2011
   21.L'Inconnu du Grand Canal (Beastly Things) 2012
   22.Le Garçon qui ne parlait pas (The Golden Egg) 2013
   23.Brunetti entre les lignes (By its Cover) 2014
   24.Brunetti en trois actes (Falling in Love) 2015
   25.Minuit sur le canal San Boldo (The Waters of Eternal Youth) 2016
   26. (Earthly Remains) 2017
    ↓

critique par Tistou




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Chi va piano va sano
Note :

   "Dissimulation de preuves" est le quatorzième roman de Donna Leon et ma première lecture de cette romancière, américaine du New Jersey, vivant depuis plus de trente ans à Venise après de longs séjours en Suisse, en Arabie Saoudite, en Grande Bretagne, en Iran et en Chine ai-je appris en allant sur son site.
   
   Il s’agit d’une enquête de son commissaire favori: Guido Brunetti, à l’occasion du meurtre de Maria Grazia Battestini, une très vieille dame "dont même la plus généreuse des âmes n’aurait pu dire le moindre bien." Son médecin lui-même la haïssait, "le prêtre avait déclaré forfait, ses voisins en parlaient avec dégoût. Elle n’entretenait de liens avec sa famille que via les lois qui régissent les successions." Son défaut principal était l’avarice.
   
   L’enquête démarre très vite, en l’absence du commissaire parti en vacances avec les siens. Son remplaçant accuse immédiatement l’aide ménagère roumaine de service retrouvée morte, fauchée par un train, alors qu’elle semblait s’enfuir vers son pays, ses économies en poche.
   
   Dès son retour Brunetti oriente l’enquête différemment et ses soupçons se portent de préférence vers les disfonctionnements des services administratifs de Venise et de quelques-uns de ses représentants. Personne ne veut le croire et c’est seul contre tous ou presque qu’il doit se battre pour dénouer le mystère.
   
   L’enquête m’a intéressée pour deux raisons: le lien inextricable reliant intimement tous les faits et méfaits à Venise qui occupe presque la place d’un personnage et la personnalité désabusée et solitaire du héros dont les dialogues avec sa femme Maria au sujet de ses lectures et en particulier de ses considérations sur les sept péchés capitaux du catéchisme l’aident à dénouer l’intrigue.
   
   Pas de course poursuite ici, évidemment. Rien de trépidant. L’enquête est menée au rythme des canaux tranquilles et des habitudes culinaires des habitants, ce qui m’a rendu plutôt sympathique la lenteur du dénouement.
   
   
   "Au bout d’une heure, il se rendit jusque dans le labo de Bocchese, mais un des techniciens lui dit que son patron avait été appelé sur une autre scène de crime, à Cannaregio. Du coup, Brunetti se rendit tranquillement jusqu’au bar à côté du pont, où il commanda un panini accompagné d’un verre de vin blanc: puis il alla se dégourdir les jambes sur la berge du canal en contemplant San Giorgio avec, au deuxième plan, la silhouette de Redentore. Finalement il retourna dans son bureau."

   
   
    Titre original: Doctored Evidence

critique par Mango




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