Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Malgré les ruines et la mort de Sophia de Mello Breyner

Sophia de Mello Breyner
  Malgré les ruines et la mort

Sophia de Mello Breyner est née en 1919 à Porto, dans une famille aristocratique.
Elle a reçu le prestigieux prix Camões en 1999. Ses livres ont été traduits dans de nombreuses langues. Elle même avait traduit de nombreux auteurs en portugais, notamment Shakespeare, Dante et Paul Claudel.
En France elle a reçu le prix Max Jacob de la poésie, prix rarement décerné à un poète de langue étrangère.
Engagée politiquement Sophia de Mello Breyner fut de tous les combats qui ont porté la démocratie au Portugal.

Malgré les ruines et la mort - Sophia de Mello Breyner

Lumière et chaleur
Note :

    Voilà une anthologie magnifique de la poésie de Sophia de Mello Breyner. Son nom est peu connu en France où pourtant elle a obtenu le prestigieux prix "Max Jacob".
   
   L’antiquité parcourt son oeuvre, son amour pour le Portugal, pour la Grèce dont elle chante la lumière et les îles. Elle dit avoir une relation privilégiée à "la mer, à la vague, à la roche, au vent, au soleil, à la lumière, au sable, à la terre, aux arbres".
   
   C’est une oeuvre pleine de lumière et de chaleur, d’un poète qui se met sous la protection d’Homère et de la Bible "Le plus beau poème est dans la Bible, c'est le Magnificat, parce que c'est un poème d'exultation et d'humilité et puis il marque l'alliance de l'homme avec l'Eternel".
   
   Certains des poèmes évoquent l’exil, le temps qui passe et la mort, le poète Pessoa "Ton chant si juste qui dédaigne les ombres" mais Sophie de Mello souhaite aussi une poésie heureuse "Je demande à la poésie aussi de la joie, elle aime les fleurs, la nuit, le rêve."
   
   
    Extraits :
   
   Poème d’amour d’Antoine et de Cléopâtre
   
   Par tes mains je mesurai le monde
   Et sur la balance pure de tes épaules
   Je pesai l’or du soleil et la pâleur de la lune
   
    Alors surgirent les îles lumineuses
   d’un bleu si pur et si violent
   Qu’il dépasse l’éclat du firmament
   Et en nous s’effacèrent la mémoire et le temps
   
   
   
    Lusitanie
   
   Ceux qui tout droit avancent vers la mer
   Et - tel un couteau - aiguisé - en elle plongent
   La proue très noire de leurs bateaux
   Vivent de peu de pain et de clair de lune

critique par Dominique




* * *