Lecture / Ecriture
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Petits ouragans en famille de Mylène Dressler

Mylène Dressler
  Petits ouragans en famille

Petits ouragans en famille - Mylène Dressler

Turbulences force 5
Note :

   Premier roman que je lis de cet auteur hollandaise au parcours surprenant. Elles est en effet professeur de littérature au Texas et écrit en anglais.
   
   Une réunion de famille dans la résidence secondaire des parents au bord de mer, dans un coin de plage retiré dans le golfe du Texas. Ce qui au départ devait n'être qu'une occasion de terminer un reportage qu'effectue Sarah, la fille, sur son père, se terminera en grand déballage familial. Harry arrive en premier, lui et sa soeur ensuite se poseront la question, pourquoi au bord de la mer et non pas dans la maison en ville? L'ambiance et le bruit incessant des vagues, l'absence de voisins créant une espèce de huis clos qui devient de plus en plus pesant! Un fou brun, oiseau blessé recueilli par Dee, complète le côté bizarre du roman.
   
   Et les personnages sont tous ambiguës à plaisir dans la famille Buelle. Le père Dee, ancien dramaturge qui a eu son heure de gloire et d'aisance financière. Désormais malade et n'ayant plus réellement toute sa tête, et dans l'instant présent, il ne s'occupe que d'un oiseau blessé. Il joue les patriarches sans se rentre compte qu'il ne règne plus sur rien. En effet, c'est sa seconde épouse Jeanie, qui depuis des années, dirige la maison d'une main de fer dans un gant de velours. Ancienne championne de golf, elle est la seule à ne pas appartenir au clan Buelle, plutôt bohème et artistique. Le fils Harry, homosexuel, lui aussi auteur, et Sarah, sa soeur, réalisatrice de cinéma ayant plein d'autres occupations dans l'art, tous deux issus d'un premier mariage, sont professionnellement très instables. Paul, le mari de Sarah, est le souffre-douleur de tout ce beau monde. Lui aussi tente d'écrire, mais n'ose le dire à son beau-père. Pour arranger l'ambiance, Sarah et Paul décident d'adopter un enfant au grand dam de la famille. Ils partiront avant la fin du week-end laissant Harry face à la confession de Dee et Jeanie.
   
   Un livre agréable avec une fin un peu compliquée à suivre, car la construction de l'histoire est pleine de retour en arrière. Bref le genre de week-end, réunion de famille qu'il vaut mieux éviter, mais qui fera découvrir des secrets enfouis. Un bon moment de lecture que ce roman relativement court (174 pages).
   
   
   Extraits:
   
   - La frontière se brouille entre "auteur dramatique au rencart" et"cardiologue à la retraite"
   
   - Dans notre famille, c'était une règle: des problèmes, il n'y en avait pas. Parce que le contraire aurait signifié qu'il eût fallu les affronter.
   
   - Aucun des deux n'acceptera jamais de ne pas avoir le dernier mot.
   
   - "Chétif" pour elle, ne signifie pas "de constitution fragile". C'est un euphémisme pour "cadavérique".
   
   - Car voici une autre règle tacite de la maisonnée Buelle: l'expression de l'attirance physique reste cantonnée à la chambre à coucher.
   
   - Qu'est-ce que "la règle générale des Buelle?" Aucun d'entre nous n'a de mal à jouer les irrités. Les exaspérés. Les consternés. Les offensés. Les contrariés.
   
   - Seuls les esprits mesquins voient la forêt quand il n'y a que des arbres.
   
   - Quant à avoir un fils gay, mes poussins, autant qu'il se rende utile!
   
   - L'amour irréfléchi équivaudrait, en fin de compte, si l'on n'y prenait garde, à mettre le canon d'un pistolet sur la tempe de l'autre.
   
   - Il aurait dû savoir que deux âmes tellement dissemblables ne pourraient jamais se rejoindre. Une fille de bonne famille baptiste et un bourreau de travail.
   
   - Ils survivent physiquement à tout ce qu'ils ont pu faire de bien dans leur vie.
   
   - Je vous hais. Je vous hais. Je vous hais.
   

   
   Titre original: The Floodmakers.

critique par Eireann Yvon




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