Lecture / Ecriture
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Plender de Ted Lewis

Ted Lewis
  Plender
  Jack Carter et la loi
  Le retour de Jack
  Billy Rags
  Sévices

Plender - Ted Lewis

♪Love me Plender♫*
Note :

   Je ne connaissais pas du tout cet auteur anglais à la vie très courte, mort d'alcoolisme. J'ai donc voulu me renseigner. Sur le premier site spécialisé dans le roman noir, je lis ceci: né en 1940, mort en 1976 à 40 ans! Les degrés alcooliques font vieillir prématurément mais quand même! Je regarde ensuite sur Wilkipédia, là il est né en 1942, mort en 1982, mais il est signalé dans les naissances de 1940! Sur Evene, on ne se mouille pas pour les dates, seul renseignement "Écrivain américain"! Ne te retourne pas dans ta tombe Ted! Seule chose concrète de tout cela, je viens d'apprendre que le film "La loi du milieu" avec Michael Caine que j'avais beaucoup aimé est tiré d'un de ses livres.
   
   Plender a réussi. Cet enfant né dans une famille pauvre occupe maintenant un poste élevé dans une mystérieuse société "Le Mouvement". Mais de sa jeunesse il a gardé la soif de monter dans la hiérarchie, de dominer. Pour cela, il lui faut détruire des hommes et des vies. Sa première cible est Froy; par lui il cherche à identifier les vrais patrons. Surtout qu'il n'est pas exempt de tout reproche, il a gardé sous le coude et dans le plus grand secret quelques "clients" qu'il fait chanter.
   
   Knott lui est devenu photographe. Toujours séduisant, il est heureux en ménage mais ne peut s'empêcher de multiplier les conquêtes. Il a connu Plender il y a longtemps, il a pris sa place de chef à la tête d'une bande de jeunes du quartier, puis en a fait son souffre douleur.
   Quinze ans plus tard, le destin les réunit. Plender assiste à la mort accidentelle de la dernière conquête de Knott et à la tentative de celui-ci de se débarrasser du cadavre. Alors Plender va enfin régler ses comptes.
   
   Entre souvenirs d'enfance et temps présent, les deux narrations se suivent puis se complètent, chacun prenant la suite de l'autre.
   
   Brian Plender, maître chanteur entre autre, cherche à se venger de sa vie passée. Lorsque Peter Knott, qui pour lui en est le symbole, réapparaît dans son existence, alors tous les coups sont permis. Machiavélique, il tisse sa toile dans laquelle sa victime va se prendre. L'épouse de Knott lui servira d'alliée bien involontaire (ou peut-être consentante?).
   Knott grâce à un mariage d'intérêt s'est élevé dans la société, mais sa réussite est uniquement basée sur l'argent que lui donne son beau-père. Malgré cela il trompe allégrement son épouse, avec ses modèles, attirées par une gloire factice. Homme cynique, mais réaliste, buvant beaucoup, il sait qu'il n'est rien par lui-même.
   
   Pour ce qui est de l'écriture, je vais me servir d'un avis plus autorisé que le mien Robin Cook :
   -"Son exemple, montre combien l'écriture peut être dangereuse, quand on s'y consacre comme il faut, et l'écriture de Ted Lewis prouve qu'il ne s'est jamais défilé devant la page blanche. Non... car pour Ted Lewis, la page blanche était un champ de bataille."

   Un précurseur pour des écrivains très noirs comme David Peace ou Ken Bruen. L'autre face d'une littérature policière britannique un peu trop conformiste à mon goût.
   
   Un roman noir et glauque comme le nord de l'Angleterre où il se déroule.
   
   
   Extraits:
   
   - Le Mouvement méritait amplement que je l'en remercie.
   
   - Est-ce qu'il a réussi aussi bien que moi? Probablement. Il avait pris un bon départ.
   
   - Je dois faire semblant de trouver cette fille à mon goût. Je dois lui donner l'impression que je la désire.
   
   - Maintenant, je comprends que je suis en enfer. Ce visage penché sur le mien, je ne l'ai pas vu depuis quinze ans. Le visage de Brian Plender.
   
   - Toujours à l'écart, mais il faisait tout ce qu'il pouvait pour se faire accepter. Il en faisait même beaucoup trop.
   
   - C'était le souffre-douleur.
   
   - Et quand on joue comme lui, un personnage qui manque d'authenticité, les convenances sont d'une extrême importance. Elles permettent de masquer les craquelures dans le vernis.
   
   - Et il affecte la froideur propre aux jeunes gens de sa génération. A ses yeux, je suis presque un vieillard.
   

   
   Titre original: Plender.
   
   *Titre revu et corrigé d'une chanson d'Elvis Presley. (Love me tender)

critique par Eireann Yvon




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