Lecture / Ecriture
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Montréal by Foot de Jean O'Neil

Jean O'Neil
  Montréal by Foot

Montréal by Foot - Jean O'Neil

"Les pieds ne mentent pas"
Note :

   Né à Sherbrooke en 1936, tout à la fois journaliste, romancier et poète, Jean O'Neil a consacré l'essentiel de son oeuvre à son Québec natal, son histoire, ses habitants, sa géographie, ses villes... "Montréal by Foot" est ainsi une longue promenade dans la ville de Montréal. Et à la question "Pourquoi by Foot?", Jean O'Neil répond: "Parce que j'avais marché la ville de long en large, à pied, cela va de soi, et parce que je la décrivais également en pieds, à coups de douze plus précisément, comme le veut tout alexandrin qui se respecte. Des alexandrins, il y en a 1044 dans ce recueil, pour un total de 12 528 pieds; et comme deux poèmes sont en octosyllabes pour 392 pieds de plus, on en arrive à 12 920 pieds, une toute petite promenade pour une aussi grande ville." Les poèmes de "Montréal by Foot" - sonnets pour la plupart - évoquent donc tour à tour les universités, les stations de métro, le musée des Beaux Arts ou un concert de l'orchestre symphonique, un match de baseball et des tranches de vie toute simple, les corbeilles de fleurs au printemps ou le shopping enneigé des fêtes de fin d'années...
   
   Pour Jean O'Neil, "le sonnet est un jeu, et le jeu une façon d'affronter l'univers, de le fixer pour un instant dans sa course." Bien loin de se prendre au sérieux, d'être figée et empesée dans sa forme classique, la poésie de Jean O'Neil déborde d'humour et de fantaisie. C'est sans prétention, léger, frais et amusant.
   
   Extrait:
   
   WHY
   
   "Chercher la poésie La trouver et la dire
   Là où elle est tapie à l'abri des poètes
   Et la faire exploser La pauvre La muette
   Aux oreilles de ceux que surprend ce délire
   
   La suivre dans la rue Entrer dans les buvettes
   L'apercevoir au bar en train de boire en kir
   Avec un bureaucrate qui rêve d'empire
   Ou un agent d'immeubles qui lit sa gazette
   
   La regarder flâner sous les arbres du parc
   Où tous les amoureux lui donnent rendez-vous
   Oser même lever çà et là un caillou
   
   Épier Montréal jusqu'au dernier voyou
   Ainsi qu'à Samothrace le fit Aristarque
   Et prouver que partout elle imprime sa marque."
   

critique par Fée Carabine




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