Lecture / Ecriture
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Jack Carter et la loi de Ted Lewis

Ted Lewis
  Plender
  Jack Carter et la loi
  Le retour de Jack
  Billy Rags
  Sévices

Jack Carter et la loi - Ted Lewis

Le silence est d'or
Note :

   J'ai déjà parlé de cet auteur britannique pour le livre «Plender».
   Écrivain cynique, sombre et désespéré dont les romans sont très noirs.
   
   Jimmy Swann est aux mains de la police. A-t-il parlé ou va-t-il parler? Les Frères Fletcher, Gerald et Les, aimeraient bien le savoir, car s'il dit quoi que ce soit, leur séjour en prison sera plutôt conséquent, plusieurs décennies pour le moins. Donc il est plus qu'urgent de savoir de quoi il en retourne! Ils chargent un de leurs plus fidèles lieutenants, Jack Carter de se renseigner. Ce n'est pas forcément l'homme qui convient, car point de vue fidélité, la maîtresse de Gerald, l'un des frères, est aussi la maîtresse de Jack, alors bonjour l'embrouille! En plus les frères Fletcher sont les rois de toutes magouilles de l'ouest de Londres, mais les frères Coleman sont les caïds de l'est de la capitale britannique, donc au royaume de la perfide Albion, ce n'est pas l'entente cordiale, et le fair play est allégrement remplacé par le "faire plaies"! Il y a parfois des dérapages, des passages à tabac un peu violents, mais cela ne concerne que des hommes de mains, alors on se déteste avec le sourire, mais attention à la moindre erreur. Bref, chacun essaye d'en apprendre un peu plus, de savoir déjà où est Jimmy Swan, Jack cherche dans la nuit. De bars gays en boites de nuit, nous le suivons dans les bas-fonds de la capitale anglaise. Sur son chemin surgissent des personnages peu recommandables, sadiques et tueurs. Pendant ce temps là, ses patrons qu'il n'apprécie pas plus que cela font la fête avec des truands américains.
   
   De quoi l'avenir sera fait, la liberté pour certains ou la prison pour d'autres? Jack qui est déjà dans le lit de la maîtresse d'un de ses patrons se verrait bien en plus reprendre ses lucratives magouilles!La presse s'empare de l'affaire avec une photo à la une qui met de l'huile sur le feu, et un début de débandade chez les Fletcher. Et quelques morts plus loin, Jack a en plus la police à ses trousses!
   
   Jack Carter est un employé modèle, enfin jusqu'à un certain point! Qu'il méprise ses employeurs, cela se comprend. Audrey, maîtresse de Gerald, regarde son avenir parfois avec angoisse, mais jette un oeil très intéressé sur les remous que cause la mise en prison de Jimmy Swan. Le tout pour elle est dans sa situation plutôt inconfortable de ne pas se tromper de camp, choisir le vainqueur, sinon...?
   
    Le portrait que fait l'auteur des deux frères est pour le moins désobligeant: Gerald, malgré son argent ressemble à un clochard, Les, par contre est une espèce de gravure de mode!Footballeur sur le déclin, prostituées et travestis, joueurs invétérés sont les personnages secondaires de ce roman. Avec évidement le flic corrompu, vedette de la lutte contre la criminalité londonienne, et se dit que «Charité bien ordonnée commence par soi-même» et l'avocat des truands qui se demande aussi où le vent va souffler! Un chauffeur de taxi sans permis, bref un ramassis de minables. On a le droit au décathlon du crime organisé, prostitutions, chantages, bars homosexuels, enfin tout ce qui peut représenter une mine de livres sterling (même dévaluées).
   
   Parfois un humour très noir, et des descriptions de certains personnages d'une méchanceté assez hallucinante. Un polar à l'ancienne bien écrit, à noter que chaque épisode porte le nom d'un protagoniste ou d'un lieu où se déroule l'histoire. Ainsi l'un des épisodes s'appelle sobrement «Le garage» et un autre, tel un peu de poésie dans un monde de brutes «La Fontaine de Jouvence», qui est tout simplement un salon de massage où officient des ex-jouvencelles! Laquelle «Fontaine de Jouvence» se transformera en «Cimetière des pas si innocents que cela»!De trahisons en coups tordus, une intrigue qui se lit très bien. Un peu moins psychologique que «Plender» ce roman nous permet de découvrir le côté noir du Londres des années 1970.
   
   Extraits:
   
   - Toi tu mourrais, tu aurais de la chance. Moi, il me réserverait un sort bien plus intéressant. Gerald adore son travail.
   
   - Toutes les filles que j'ai connues n'étaient que des glaçons comparées à Audrey.
   
   - Pour Gerald, les putes sont comme le scotch pour un alcoolique.
   
   - ...tout est absolument parfait. La seule chose qui paraît déplacée, c'est Gerald et Les.
   
   - Il fit partie de ces individus qui impriment leur style à leurs vêtements et non l'inverse.
   
   - Audrey croise les jambes; le bruit du nylon ressemble à des parasites dans un poste de radio bon marché.
   
   - En se posant sur le cuir, son cul fait le bruit d'un mauvais plongeur qui fait un plat dans l'eau.
   
   - ...ils choisissent un type qui ne pourrait même pas impressionner Tom et Jerry.
   
   - Ils sont à ce point aveuglés par leur réputation qu'ils se croient intouchables.
   
   - ...autant essayer de soutirer la vérité au Premier Ministre.
   
   - Toi, tu es tellement con que tu te dénoncerais toi-même sans l'aide de personne.
   
   - Elle me dévisage comme si je lui avais demandé de me montrer sa culotte.
   

   
   
   Titre original: Jack Carter and the law. (1974)

critique par Eireann Yvon




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