Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Angélique, le chemin de Versailles de Anne et Serge Golon

Anne et Serge Golon
  Angélique, le chemin de Versailles

Angélique, le chemin de Versailles - Anne et Serge Golon

La vie sous Louis XIV
Note :

   Eh oui, cette fois, je vais vous parler d'Angélique puisque je viens de terminer les 2 volumes dans lesquels notre héroïne va connaître les bas-fonds de la capitale parisienne avant de s'élever, grâce à son hardiesse, sa volonté, son intelligence, son sens des affaires et la beauté que lui ont donné ses parents, (Anne & Serge Golon, vous les aurez reconnu sans peine) jusqu'au Roi Soleil.
   
   Mais avant cela, notre dame du Poitou va devoir surmonter bien des travers et surtout apprendre à connaître la vie parisienne dans la puissance des miséreux qui, à cette époque est un contre pouvoir fort, qui règne la nuit sur la capitale.
   
   En y réfléchissant, même si cet aspect de la Cour des miracles va permettre à notre héroïne de s'élever, d'échapper maintes fois à la mort (et de sauver ses proches) grâce à cette partie de sa vie qu'elle préfère masquer dans le 3ème volume de notre saga pour bien des raisons, cette Angélique, Marquise des Anges qui vit sous la coupe de Calembredaine, donne l'opportunité à nos auteurs de décrire la frange des parias de notre capitale, de montrer le quotidien de ces personnages et la lutte sans merci que cette population mène pour sa survie et pour ses territoires.
   
   Le côté rocambolesque fait oublier tous les détails qu'ils nous donnent, les faits historiques ne sont jamais loin et passent bien mieux que dans un livre d'histoire, trop occupés que nous sommes à suivre Angélique, tour à tour dominée, pauvresse, mais toujours vivante et donc déjà prête à se rebeller.
   
   Elle est décrite sous bien des registres, mais la misère, la souffrance et l'état extrême d'abandon psychologique et matériel dans lequel la mort de Joffrey l’a amenée sera sa force pour mieux rebondir. Ainsi dans "Angélique, le chemin de Versailles" la découvrirons nous morte de froid et de faim dès les premières lignes, pour la retrouver tout d'abord aubergiste puis commerçante bien installée et commençant à regagner ses galons vers les salons, avant qu'elle ne parvienne à ses fins et à épouser son cousin, le marquis de Plessis-Bellière.
   Vous vous doutez bien que cela n'est pas la fin puisque ce mariage est présenté avant tout comme un mariage de raison: poison contre titre (et espoir de retour à la Cour pour Angélique), même si la "baronne de la Triste Robe" ne veut s'avouer son amour et que ce dernier semble rester insensible à celle qu'il a ainsi surnommée dix ans plus tôt. Mais Angélique sait faire tourner les têtes, et si le roi lui-même s'éprend d'elle, il ne peut qu'en être de même de son second époux!
   Veuve par le fait des guerres, elle reste la bienvenue à Versailles pour son sens commercial dont Colbert a su déceler la finesse, pour sa beauté également cela va sans dire. Et elle ne tarde pas à devenir la rivale de la favorite Mme de Montespan, qui n'est autre qu'une amie de province: Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart. L'affaire des poisons n'est pas loin car tout un chacun cherchant à s'attirer les bonnes grâces du Roi, d'amants, la recherche de l'argent et de la puissance, leur crédulité est intacte tout comme leur naïveté, exploitées par La Voisin et bien d'autres prophètes.
   
   Alliant l'Histoire, la romance, les auteurs nous entraînent sans ennui dans le sillage toujours gracieux d'Angélique pour laquelle on tremble parfois mais que l'on suit avec passion.

critique par Delphine




* * *