Lecture / Ecriture
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Le retour de Jack de Ted Lewis

Ted Lewis
  Plender
  Jack Carter et la loi
  Le retour de Jack
  Billy Rags
  Sévices

Le retour de Jack - Ted Lewis

♫♪Fiche le camp Jack...♪*
Note :

   Il y a plusieurs années j'avais vu un film dont le nom était «La loi du milieu» avec Michael Cain. J'ignorai à l'époque que ce roman avait servi de scénario. Je ne savais pas d'ailleurs qu'un écrivain britannique du nom de Ted Lewis existait. Je me suis un peu rattrapé depuis.
   
   Prenons un décor idyllique, enfin pour ce genre de roman! Une ville du Nord de l'Angleterre entourée d'aciéries et, où, comme l'indique la première phrase du livre: la pluie pleuvait. En ce jeudi, Jack Carter, après une absence de huit ans, revient au bercail. Pour l'enterrement de son frère, trouvé mort dans sa voiture au pied d'une falaise, un accident? Jack retrouve sa nièce qui est devenue une jeune fille, il parle avec des amis de son frère, mais beaucoup de choses ne sont pas logiques dans cette mort. Il se renseigne également auprès des gros bonnets de la pègre locale, certains se souviennent de lui, mais pour tout le monde la vie continue tranquille et sereine. Enfin, semble continuer de cette manière, car certaines personnes aimeraient le voir prendre le train du retour assez vite, le soir même serait l'idéal. Mais Jack n'est pas spécialement intimidable, un barman travaillant avec son frère et sa logeuse en feront les frais. Le panier à crabe de la maffia locale se sent menacé, et sa réaction sera féroce, mais pourquoi tant de haine! Quelles sont les vraies raisons de la mort de Frank?
   Les anglais on inventé ce que l'on nomme en français, «la semaine anglaise» et son complément «le week-end». Pendant ces deux jours, Jack ne chômera pas, loin s'en faut. Les truands locaux auront des sueurs froides, et certains seront même refroidis à vie (enfin l'inverse!) Les seuls gagnants, les pompes funèbres des environs. Pour les personnages prenez des gens pour le moins peu fréquentables, si vous les fréquentez c'est à vos risques et périls. Pour Jack aussi, cela sera à ses risques et périls!
   
   Jack Carter est l'employé modèle des frères Gerald et Les Fletchers, membres éminents de la pègre londonienne. Il est également mais en dehors de ses heures de travail aux petits soins pour Audrey, l'épouse légitime de Gerald. Il veut savoir la vérité, même si ses relations avec son frère n'étaient pas des meilleures. Mais pour cela il faudra piétiner quelques plates bandes et tordre quelques bras, ou plus si manque d'affinités et de collaboration. Frank, son frère, a vu son épouse le quitter dans des circonstances peu agréables, mais malgré cela elle s'est vengée par courrier interposé. Toute sa vie il aura tout subi sans l'ombre d'un signe de révolte, enfant et adolescent, il s'est arrangé pour passer inaperçu. Que s'est-il passé pour que quelqu'un décide de le tuer? Doreen, sa nièce âgée de quinze ans, sa mère dans une lettre envoyée à Frank, lui dit que son vrai père c'est Jack! Et le pire est que c'est possible! Mais elle l'ignore. Margaret, la maîtresse de son frère, elle est mariée et un peu (doux euphémisme) prostituée, mais Frank ne l'ignorait pas, mais comme durant toute sa vie, il fermait les yeux.
   
   Les livres de Ted Lewis sont très noirs, un noir distillé à toutes les lignes, ou de plein fouet ou en filigrane. Même l'humour quand il est présent est noir. Si vous pensez qu'il y a encore un soupçon de bonté dans la race humaine, il n'est pas sûr que vous le croyiez encore à la fin de ce livre. Tout y passe, le décathlon du crime organisé, prostitution, tournage de film pornographique, un brin de racisme et de défense du territoire par les chefs de la pègre, quelques flics corrompus. Un monde de misère et d'alcool où les meurtres et passages à tabac sont monnaies courantes, mais personne n'est là pour rendre la monnaie de la pièce. Une plongée dans les bas-fonds d'une ville industrielle anglaise, et encore c'était avant le déclin des aciéries.
   
   Une chose me surprend toujours dans les romans noirs de années 1970, celui-ci date de 1971, il n'est jamais question de trafic de drogue! Heureuse époque!
   
   Pour changer, un petit florilège de petites phrases...assassines!
   
   - Ils n'avaient pas pris la peine de faire attention; ils n'avaient même pas pris la peine d'être intelligents.
   
   - Tout était comme il y a huit ans la dernière fois que j'étais venu. Un endroit que l'on quitte avec plaisir.
   
   - Elle n'était pas vilaine. Le seul problème c'est qu'elle avait exactement l'air de ce qu'elle était: une beauté de cabaret.
   
   - Ses cheveux noirs étaient relevés en chignon ridicule et si elle avait la quarantaine c'était de justesse.
   
   - Le mélange cidre et Guinness avait transformé son estomac en ballon de D.C.A.
   
   - Valse jusqu'à dix heures. Bagarre jusqu'à une heure.
   
   - Malheureusement, elle était grosse et la belle robe et le beau manteau n'avaient guère d'importance.
   
   - ...il possédait cette beauté sans charme des types qui font de la publicité pour les après-rasage.
   
   - Peter avait l'air aussi sinistre que Brixton à minuit.
   
   - Elle sentait le nylon et la transpiration sucrée.
   
   
   
Titre original : Jack's Return Home. (1970)
   Ce roman a été réédité sous le nom de « Get Carter » suite à un remake du film de 1971, avec encore Michael Caine! Mais pas dans le même rôle!
   
   
   *Vieille chanson!

critique par Eireann Yvon




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