Lecture / Ecriture
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Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra

Yasmina Khadra
  Morituri
  Les agneaux du seigneur
  Cousine K
  Les hirondelles de Kaboul
  Double blanc
  L'imposture des mots
  L'attentat
  L'écrivain
  Les sirènes de Bagdad
  A quoi rêvent les loups
  Ce que le jour doit à la nuit
  La part du mort
  L’automne des chimères
  L'équation africaine
  Les anges meurent de nos blessures
  La dernière nuit du Raïs
  Dieu n'habite pas la Havane

Yasmina Khadra est le nom de plume (formé des deux prénoms de son épouse) de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il est né en 1955 dans le Sahara algérien. Militaire jusqu'en 2000, ce n'est qu'en 2001, après sa démission de l'armée et à la sortie de son 14ème roman, qu'il se démasque comme étant un homme. C'est que ce 14ème roman, "L'écrivain", était d'inspiration autobiographique.

Ce que le jour doit à la nuit - Yasmina Khadra

Une Histoire algérienne
Note :

   Prix France Télévisions 2008
   
   
   1930 en Algérie. Des flammes qui ravagent une récolte inespérée, un patriarche impuissant qui ravale ses larmes, une famille contrainte d’abandonner les terres de leurs ancêtres, et voila la famille de Younes qui débarque à Oran pour repartir à zéro. Le jeune garçon assiste au combat acharné mené par son père pour délivrer sa famille du quartier coupe-gorge où ils ont trouvé un toit. Mais le mauvais œil s’acharne sur eux et Younes est finalement confié à son oncle pharmacien qui côtoie l’intelligentsia algérienne. Adopté par ce nouveau père algérien musulman et sa femme Germaine qui est française et catholique, le jeune Younes s’appelle désormais Jonas et oscille entre deux cultures… A l’adolescence du garçon, le trio s’installe à Rio Salado, une ville paisible et chaleureuse entourée de vignes. Younes vit ses plus belles années au milieu d’une communauté pied-noire, forge des amitiés indéfectibles (ou presque) et vit ses premières amours jusqu’à l’arrivée d’une magnifique jeune fille qui va semer le trouble parmi la bande de copains et jouer un rôle dans leurs destins individuels… Bientôt la tension monte à Oran entre les algériens nationalistes et les étrangers installés dans le pays depuis plusieurs générations. La terreur se répand, les coups de feu résonnent et les victimes se multiplient, obligeant certaines familles à fuir le pays. Jonas –ou bien est-ce Younes- saura-t-il prendre partie?
   
   
   C’est un très beau roman, très bien écrit, très intense et qu’on a du mal à quitter… Un roman avec pour toile de fond la guerre d’indépendance en Algérie, qui nous fait réviser notre histoire. Yasmina Khadra ne juge pas, ne prend pas partie, il décrit avec beaucoup de recul et d’humanisme les réactions et prises de positions de ses personnages (français, italiens ou algériens, juifs, catholiques ou musulmans) confrontés à une situation extrême.
   
   Pour la petite histoire, Yasmina Khadra est un auteur algérien qui vit désormais en France à Aix-en-Provence, décor des dernières pages du roman. Il a choisi de prendre le nom de son épouse pour pseudonyme afin de s’éviter une sorte d’auto-censure qu’il avait constatée dans ses premiers écrits. On dit aussi qu’il a choisi un prénom féminin en hommage à toutes les femmes.
   
   Pour ma part j’ai lu aussi les très beaux et émouvants «Attentat» et «Les hirondelles de Kaboul» que je vous conseille également.
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critique par La Dame




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A la charnière de l’Algérie indépendante
Note :

   Voilà un roman qui a dû beaucoup compter pour l’auteur. Il y déroule, sous forme de fiction, l’histoire de Younes – Jonas, sa vision de l’Algérie pré-indépendante et la guerre qui s’y déroula. Comme ce fut en partie une guerre civile, ce fut compliqué et confus et Yasmina Khadra n’élude pas la difficulté. Foin de dichotomie où les Algériens seraient gentils et les pied-noirs méchants. Il prend en compte la complexité de ce genre de situation et se débrouille bien pour nous faire saisir que décidément rien n’est simple.
   
   Pour cela, quoi de mieux qu’un personnage à cheval sur les deux entités? Younes est le fils pauvre d’une famille qui se fait évincer des terres où elle essayait de survivre pour émigrer à Oran, dans des conditions misérables. Les choses vont de mal en pis et on confie l’éducation de Younes à son oncle, pharmacien algérien marié à Simone, une Française. Younes devient Jonas et accède à une éducation soignée, côtoyant la jeunesse pied-noire jusqu’à ce que, l’histoire avançant inexorablement, l’ère de la colonisation soit passée et que les Algériens dussent passer à des «arguments» forcément violents pour faire valoir leurs droits.
   
   Drôle de situation que d’être ainsi à cheval entre deux cultures. Younes-Jonas évoluera comme il le pourra entre les deux communautés, pas forcément sans dégâts. Yasmina Khadra poussera l’histoire jusqu’à nos jours pour une fin qui permettra à certains de se retrouver quarante ans après et au lecteur de faire le point.
   
   Un roman un peu atypique du reste de la production de Yasmina Khadra mais qui dit probablement beaucoup sur lui.

critique par Tistou




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