Lecture / Ecriture
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La Voie Ouverte de Anne Devlin

Anne Devlin
  La Voie Ouverte

La Voie Ouverte - Anne Devlin

Gens de Belfast, version féminine
Note :

   Premier recueil de nouvelles, et apparemment, seule œuvre traduite en français de cette écrivain irlandaise.
   
   Neuf courtes histoires ayant pour point commun Belfast ou l’exil dans "La voie ouverte".
   Dans "Sam", celui-ci éternel "loser" farfelu, voit la narratrice de l’histoire le quitter, cet homme étant une catastrophe à lui tout seul. Dans une autre nouvelle, une femme se rappelle le pari stupide d’une nuit de Noël et le drame familial qui en a résulté.
   Méfiez-vous si votre mari vous remplace dans le travail que vous avez quitté par une femme vous ressemblant et qu’il lui loue une chambre dans "La maison".
   Dans "Le journal" un exemple de partage des quartiers:
   -" Renvoie ta républicaine de petite amie dans ses quartiers, sinon on la bute et toi après"
   -" Sûrement que le facteur remarque un nom catholique dans cette rue"

   
   "La litanie" commence comme une histoire d’amour et se termine par un assassinat politique, histoire dans laquelle une jeune fille, qui a vu les "Falls", quartiers catholiques, être mis à sac par les paramilitaires protestants sous l’œil goguenard de l’armée britannique les 14 et 15 août 1969. Bilan: 572 maisons endommagées dont 200 complètement détruites et des milliers de réfugiés. Elle s’engage dans l’IRA, aide au meurtre du fils d’un juge et est emprisonnée:
   -Il sont revenus encore une fois pour les noms et j’ai commencé "Abyssina, Alma, Balaclava, Balkan, Belgrade, Bosnia ", ma litanie des noms, des lieux vides, brisés, martelés. Je n’en connaissais pas d’autre "
   -"Mais les noms. Les noms des gens qui l’ont assassiné ? Les autres ?
   -Je n’en connais pas d’autres ".

   
   Lecture agréable mais pas toujours très facile, une découverte dans la génération des auteurs irlandais nés après les années 1950, l’âme de Belfast, ville des paradoxes de l’Irlande, se retrouve dans ce recueil.
   
   
   Extraits :
   
   -Les Irlandais sont toujours en guerre.
   
   -Il y avait une inscription sur le pignon: " Le Sinn Fein est la branche politique le l’IRA provisoire
   Westminster est la branche politique de l’armée britannique "
   
   -Un petit garçon qui tient la main de sa mère me sourit. Soixante centimètres entre les Britanniques et les Irlandais dans le hall de l’aéroport; je rends son sourire à l’enfant. Soixante centimètres et sept cents ans.
   
   -J’ai découvert qu’au lieu d’avoir gagné mon indépendance, je me suis retrouvé dans un état de non-existence.

critique par Eireann Yvon




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