Lecture / Ecriture
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Surveillance de Jonathan Raban

Jonathan Raban
  Surveillance

Critique, romancier, essayiste, Jonathan Raban a écrit de nombreux récits de voyage il est le seul écrivain-voyageur à avoir obtenu deux fois le prix Thomas Cook Travel Book. "Surveillance" est son 3ème roman. Il vit à Seattle.

Surveillance - Jonathan Raban

Le piège de la prudence
Note :

    Je connaissais Jonathan Raban pour ses livres de voyage dans les USA en particulier un "Old Man River" très sympathique. Là il a fait le choix de la fiction totale.
   
   Seattle après le 11 septembre, le gouvernement plus bushien que Bush, a mis en place une surveillance très rapprochée des individus. Il met en scène de pseudo attentats terroristes avec figurants ensanglantés, fumées sur la ville pour sensibiliser la population et plus sûrement la maintenir dans un état de peur permanente.
   Cette surveillance inquiète un peu Lucy mais la rassure également, n’est ce pas là le but recherché?
   Lucy est journaliste, spécialiste des portraits de célébrités, après Bill Gates elle doit s’atteler à August Vanags écrivain imbuvable qui vit caché dans une île et qui semble ne pas avoir dit toute la vérité sur sa vie.
   Lucy a pour voisin son meilleur ami, Tad, séropositif, qui sert de père à Alida la fille de Lucy. Tad lui est totalement parano sur le sujet, il passe son temps sur internet pour alerter la population et est persuadé de vivre déjà dans un état policier et fasciste.
   Alida a onze ans et adore Anne Franck et les maths, et avec ses copines, elles fournissent force beignets à Finn l’as de l’informatique pour qu’il leur concocte des sites internet super branchés.
   Enfin il y a le propriétaire de l’immeuble, monsieur Lee, immigré mais que ça ne gênerait pas de flanquer à la mer tous les SDF qui polluent le quartier.
   
   Qui a peur de qui? Qui surveille qui? Qui dit la vérité? Qui cache quelque chose de sa vie?
   
   Le roman démonte les mécanismes de repli, d’agressivité, de mensonges que la peur engendre. Les uns comme Vanags pensent que tout est permis pour se défendre d’éventuels terroristes, Lucy est prête à accepter l’inacceptable pour protéger sa fille.
   Mais dans la vie réelle comme dans les scènes d’attentat organisées, les faits ne sont peut être pas ce qu’ils paraissent.
   
   Un bon roman qui sans y toucher déclenche une sensation de malaise et qui pousse à s’interroger, ce n'est pas "1984" ou "Le meilleur des mondes" mais c'est pas mal du tout.
   En le lisant j'ai pensé au film "la vie des autres" qui m'avait terrifiée.

critique par Dominique




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