Lecture / Ecriture
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L'homme sans postérité de Adalbert Stifter

Adalbert Stifter
  L'homme sans postérité
  Brigitta
  Les deux sœurs
  Le Sentier forestier et autres nouvelles

Autrichien, Adalbert Stifter est né le 23 octobre 1805 à Oberplan, dans le sud de la Bohême.
Il fait des études juridiques puis se met à écrire et à peindre.
Il finit inspecteur de L'Instruction Publique. En 1868, atteint d'un cancer incurable, il se donne la mort.

L'homme sans postérité - Adalbert Stifter

Tu seras un homme mon fils neveu
Note :

    C’est l’heure de la séparation, Victor fait ses adieux à ses amis, sa mère adoptive, Hanna sa soeur de lait, il quitte le village où il a grandi, dans quelques semaines il commencera sa vie professionnelle. Avant de franchir cette étape il doit rendre visite à un oncle qu’il n’a jamais vu mais que toute la famille semble respecter.
   L’oncle exige sa venue sous peine de ne pas le laisser entrer en possession de biens hérités de son père, Victor doit se rendre chez lui et l’oncle exige qu’il fasse le voyage à pieds comme pour mettre à l'épreuve son courage et sa volonté.
   Son oncle vit seul sur une île, sans contact aucun, sans sortir, sans voir personne d'autre que les trois domestiques qui le servent.
   La demeure est close de grands murs, les portes sont fermées à clé, les fenêtres munies de barreaux, tout évoque l’enfermement, nul bruit qui évoque la vie.
   La vie dans la maison paraît arrêtée, les objets sont vieux, hors d’usage, recouverts de poussière.
   L’accueil réservé à Victor est pour le moins étrange, son oncle ne se préoccupe pas de lui, ne lui parle pas, le laisse livré à lui-même quasi prisonnier sur l’île. Le jeune homme habitué à être le centre de l’attention, est tout d’abord révolté par cet oncle acariâtre et revêche.
   Pour s’occuper il entreprend la découverte de l’île, de la maison, il observe la vie autour de lui, il observe ce vieil homme, progressivement son attention se porte sur autrui.
   Et doucement les relations avec le vieil homme vont évoluer. L’oncle et le jeune homme vont tenter de se comprendre, de s’apprivoiser, de faire preuve d’humilité pour l’un et d’ouverture pour l’autre. La tendresse est prête à naître entre eux alors que vient le moment du départ. Ce séjour changera tout pour Victor, le regard porté sur les êtres qu'il aime, les choix de vie à faire.
   
   Tout le récit est marqué par la beauté de la nature, les montagnes, le lac et ses couleurs, le jardin paisible, tout respire la sérénité mais aussi une tristesse sourde.
   
   Ce roman d’apprentissage qui marque le passage de l’enfance à l’âge adulte est plein de mélancolie, d’émotions, le héros évolue d’une joyeuse insouciance à la prise de conscience de soi, de ses aptitudes réelles, de ses sentiments envers ses proches. La solitude de l'homme "sans postérité" est terrible et l'on est pris de tendresse pour le vieil homme pour qui il est trop tard.
   
   L’écriture de Stifter est simple, belle, poétique, lente comme une promenade. Les grands écrivains de langue allemande ont admiré la prose d’Adalbert Stifter.
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critique par Dominique




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