Lecture / Ecriture
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Ados: La Forêt des Damnés de Carrie Ryan

Carrie Ryan
  Ados: La Forêt des Damnés
  Ados: La Carte des Mille Mondes

Ados: La Forêt des Damnés - Carrie Ryan

Zombies in the neighbourhood? Damn it!
Note :

    Depuis qu'une certaine blogueuse m'a communiqué le virus des zombies, j'ai pris en sympathie ces malheureuses créatures égarées dont j'admire la démarche chaloupée (ou presque) et le fond de l'oeil vitreux. C'est donc avec fougue et la main fébrile que j'ai commencé à tourner les pages de "La Forêt des Damnés" de Carrie Ryan.
   
   Imaginez Mary, jeune adolescente romantique, intelligente, rêveuse, intrépide, futée et bien sûr amoureuse. Maintenant que vous vous êtes fait une bonne idée de ce personnage ô combien atypique, ajoutez à son portrait une toile de fond qui vous rappellera sans aucun doute votre quotidien de lecteur intrépide: un village, des grillages et tout autour, la forêt, peuplée de Damnés. Bref, un monde d'apocalypse, où les survivants sont gouvernés par les Soeurs et protégés par les Gardiens, où le seul livre disponible est "Le Livre Sacré" (de quoi me transformer en sportive chevronnée) et où l'océan, les villes et le monde entier ne sont plus qu'une légende racontée par quelques parents, malgré le scepticisme du plus grand nombre. Mais Mary, elle, a l'étoffe d'une héroïne et, lorsque les Damnés envahissent le village, elle y voit finalement l'occasion d'explorer l'inconnu.
   
   Mon avis est finalement assez mitigé. Après avoir dévoré les 100 premières pages, j'ai finalement trouvé le contenu et la forme un peu légers. Ce roman n'en est pas un, puisqu'il il n'est à mon avis que les prémisses d'une nouvelle série pour adolescents (non je n'écrirai pas "prépubères"), avec tous les ingrédients classiques que les dernières superproductions du genre ont apparemment beaucoup prisés: amours compliquées, adolescents en plein questionnement (avec un petit côté obsessionnel permettant aux mêmes questions de revenir régulièrement), créatures surnaturelles (ici peu sexy, en cela Carrie Ryan joue la carte de l'originalité, je vous l'accorde). Pourquoi pas? Reste à savoir si vous souhaitez voir Mary tourner dans la forêt pendant environ 200 pages sans que rien de fondamentalement palpitant ne se passe.
   
   Malgré tout je lirai sans doute la suite car ce roman a éveillé ma curiosité, même si, ami lecteur, je vois bien que tu as l'air d'en douter derrière ton écran. L'histoire est au départ bien campée et je dois dire que j'ai été plus qu'intriguée par le cadre (j'avais moi aussi très envie de savoir ce qui se cachait derrière les grilles, j'avais d'ailleurs mis une faux de côté pour effectuer ma petite promenade de santé sans souci). Le côté assez oppressant lié à l'omniprésence de la religion m'a également paru assez bien rendu. Enfin l'apparition d'une inconnue dans le village, puis d'une zombie beaucoup plus rapide que ses congénères a achevé de me conquérir... jusqu'à ce que le roman s'enlise tout de même dans les méandres de la forêt. Un essai à transformer!
   
   Un deuxième livre va sortir (qui n'est pas une suite): espérons que le roman ne s'achève pas ainsi, car au final, cela se résumerait à beaucoup de bruit pour rien.
   
   A tenter toutefois, surtout si vous en avez assez de Bella!
   
   
   PS : Evidemment, je serais bigrement surprise si ce livre était adapté sur grand écran (si si, je vous jure!).
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critique par Lou




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Viens là que je te mange
Note :

   Mary vit dans un village entouré par une clôture, que les Gardiens ont pour mission de maintenir en parfait état afin d'empêcher les Damnés d'entrer et d'infecter tous les habitants. Elle a perdu ses parents, infectés tous les deux, son frère la rejette et aucun garçon de sa maigre classe d'âge ne l'a demandée en mariage; il ne lui reste comme seul refuge que la Congrégation des Sœurs. Mais la curiosité de Mary lui fait poser bien trop de questions: pourquoi la Cathédrale est-elle construite sur des souterrains qui mènent dans la Forêt? Quel secret dissimulent les Sœurs? Et surtout, qui est l'Etrangère, celle qui est arrivée par un chemin qui semble pourtant ne mener nulle part?
   
   Oui, je sais que vous vous dites que j'ai de bien étranges lectures en ce moment chers happy few et qu'après les vampires, vous infliger des zombies, c'est un peu discutable, limite morbide, et est-ce que j'aurais besoin de consulter par hasard? Pour vous dire la vérité toute nue (car elle aime à être dévoilée la bougresse), les morts-vivants à la peau qui pend et aux os qui saillent (au propre, oui, oui, oui, pas au figuré, j'en vois qui font "eeewww" au fond de la classe, ce sont ceux qui n'ont manifestement jamais vu "Thriller"), ce n'est pas vraiment ce que je préfère dans le cinéma fantastique et j'ai comme l'impression que la littérature ne s'est jamais vraiment intéressée à eux (en même temps, un zombie qui perd ses doigts, c'est nettement moins glamour qu'un vampire qui scintille au soleil, je dis ça, je dis rien). Bref. Le cadre ainsi planté par Carrie Ryan est intéressant même si les zombies en sont finalement la seule originalité parce que le coup du groupe d'êtres humains qui croit être seul au monde dans un monde post-apocalyptique et qui a tout oublié de la catastrophe qui l'a mené là et de la vie d'avant, on nous l'a déjà fait cent fois. Mais les zombies créent un climat assez angoissant par leur omniprésence: ils sont tout le temps accrochés à la clôture et ils gémissent de manière ininterrompue en tentant de mordre quiconque s'approche trop près, ce qui en fait paradoxalement des êtres à la fois terrifiants et qui se fondent dans le décor.
   
   La plus grande réussite de ce roman tient dans la personnalité de son héroïne: Mary est une jeune fille totalement obsédée par les histoires que lui a racontées sa mère, des histoires "d'avant" la grande infection, histoires qui lui font croire qu'il y a autre chose au-delà de la Forêt. Toute entière tendue vers l'accomplissement de ce désir, Mary en oublie le monde qui l'entoure et l'amour que lui portent Travis et Harry, les deux frères qui sont les autres personnages principaux de l'histoire. Le fin portrait des personnages (même si Harry est un peu trop à la marge de l'histoire à mon goût) et leurs relations sont suffisamment réussis pour rendre encore plus regrettable que l'histoire soit finalement banale et ne donne pas toutes les réponses, l'auteur donnant souvent l'impression d'avoir semé de tous petits bouts de piste pour contenter le lecteur dans l'attente de la suite (il s'agira d'une trilogie), mais sans lui en donner assez pour créer un intérêt délirant. Je ne suis donc qu'à moitié convaincue, chers happy few, et je me demande si ce roman va trouver un lectorat auprès de ceux à qui il s'adresse.
   
   
   Titre original: The Forest of Hands and Teeth

critique par Fashion Victim




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