Lecture / Ecriture
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Endiablade de Mikhaïl Boulgakov   

Mikhaïl Boulgakov
  Le Maître et Marguerite
  Le Roman de monsieur de Molière
  Le roman théâtral
  J’ai tué
  Endiablade
  Cœur de chien

Endiablade - Mikhaïl Boulgakov

Grosse nouvelle ou petit roman
Note :

   On m’avait prévenue mais après m’être régalée du «Maître et Marguerite», je n’arrivais pas vraiment à croire que Mikhaïl Boulgakov ait pu écrire quelque chose qui ne m’intéresserait pas. J’avais tort.
   
   Nous replongeons ici dans cette vogue d’histoires absurdes qui a sévi en Russie ou URSS pendant une quand même assez longue période et qui m’ennuie/m’agace. Les deux, à 50 %, mais fortement.
   
   Déjà, si emporté par votre élan (même le plus faible) vous vous êtes laissé entraîner à lire le sous-titre que volontairement je ne vous donne pas ici, eh bien s’en est fini du moindre suspens, et donc, ce n’est déjà pas par sa chute que cette histoire se rattrapera pour vous. Désolée. Mais désolée déjà pour moi car c’est ainsi que j’ai commencé. On peut toujours se demander ce qui peut pousser un auteur à révéler la "surprise" de sa nouvelle dès le titre…
   
   Nous sommes en 1923 et la farce que nous offre Boulgakov a visiblement pour cible la toute puissante bureaucratie pour laquelle l’homme n’est qu’un pion manipulable, interchangeable et accessoirement exploitable sans aucune limite. On se doute que le gag des paiements en nature par les industries de leurs employés (et encore, si la qualité y était…) est trop sensible pour qu’il ait beaucoup fait rire les apparatchiks.
    Finalement viré à la suite d’un malentendu, par le nouveau directeur de l’administration où il végétait benoîtement, notre "héros" poursuit ce dernier à travers Moscou afin de s’expliquer sans parvenir à rien d’autre qu’à visiter encore plus de bureaucraties absurdes et de situations bafouant la nature humaine autant que le simple bon sens. En fait, il le poursuit si bien qu’il finit par se perdre lui-même… et personne ne le retrouvera.
   
   Je comprends bien que, soumis à la toute puissance d’une bureaucratie inhumaine qui prenait de plus en plus fortement une tournure absurde et la force de la plus totale mauvaise foi, les auteurs et les lecteurs de l’époque aient éprouvé le besoin de ces histoires et un plaisir compensatoire à les écrire et les lire, mais moi, lectrice d’un monde différent, je n’éprouve plus ni besoin ni plaisir à cette lecture et n’y étant pas non plus surprise... concluez vous-mêmes.
   
   Et pourtant, la plume de Boulgakov fait qu’il me restera je pense des images et des scènes de cette histoire-là. Elles se sont imprimées sur ma rétine imaginaire. (pour ceux qui l’ont lu, si je dis allumettes, "pinard", caleçon etc.) C’est que quoi qu’il fasse, Boulgakov est grand.
   Mais là, quand même, il m’a lassée.
   
   
   PS : A noter, prémisse prometteur, un personnage qui disparaît en se transformant –du moins le semble-t-il au narrateur- en gros chat noir…

critique par Sibylline




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