Lecture / Ecriture
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Les chemins de Katmandou de René Barjavel

René Barjavel
  Les chemins de Katmandou
  La nuit des temps
  Les dames à la licorne
  L'Enchanteur
  Ravage

René Barjavel est un écrivain et journaliste français, né en 1911 à Nyons et décédé en 1985.

Les chemins de Katmandou - René Barjavel

Voyages aux temps des hippies...
Note :

   L'action se déroule en 1968, temps des hippies et la révolte étudiante.
   
   Jane, une jeune anglaise, choisit de quitter son pays pour un idéal : Katmandou. Elle part donc avec des amis en quête du bonheur, celui de vivre en un lieu dépourvu de contraintes. Elle veut vivre libre.
   
   Olivier, un étudiant français, participe activement aux manifestions de mai 68. Déçu par le résultat de son combat, coupable de plusieurs agressions, il prend la décision de quitter la France. Son père, qu'il n'a jamais connu, vit à Katmandou, il veut lui demander des comptes.
   Aux portes de Katmandou, après les périples de leurs voyages, Jane et Olivier vont tomber amoureux. Ils seront confrontés à la désillusion. Là-bas, ils ne retrouveront rien de ce qu'ils attendaient.
   
   Ce livre retrace deux itinéraires, deux voyages, deux buts différents. On suit alternativement un personnage, puis un autre, sachant pertinemment que leurs chemins se croiseront. Cela est traité avec habileté, ça donne du rythme à l'histoire.
   
   J'ai bien aimé la retranscription de l'ambiance de l'époque : Les hippies en mal de liberté, les idéaux des soixante-huitards, l'exotisme de Katmandou. La vie n'est pas en reste, l'amour entre Olivier et Jane est passionné, très prenant.
   
   L'écriture coule dans un style agréable qui donne du « goût » aux sensations et aux descriptions.
    ↓

critique par Olivier Michael Kim




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Période charnière
Note :

   Le roman commence assez durement, avec force viols et violences. Barjavel prend le temps de placer ses personnages. Plus on va vers la fin du roman et plus on est happé par les destins tragiques d’Olivier et de Jane.
   
   En cours de roman, j’ai eu le tort d’aller sur le net pour voir ce que je pouvais trouver au sujet de ce bouquin. J’ai appris qu’à l’origine, cette histoire était prévue pour le cinéma. Elle a été remaniée ensuite pour en faire un roman. C’est Birkin qui avait le rôle de Jane et bon, je dois dire que ça m’a un peu troublé dans ma lecture, parce que je m’étais fait mon idée personnelle de la Jane du roman qui ne correspondait pas trop à Birkin. Et au milieu du roman, je n’arrivais pas à me défaire du faciès de la chanteuse.
   
   Que dire de ce roman sinon qu’on se trouve dans une période charnière, en 68 et 69, qu’on suit le périple de jeunes qui fuient la réalité pour chercher un monde qui convienne a leur attente. On s’accroche au destin de ses deux jeunes paumés. Plus le roman avance, plus les autres personnages s’affadissent, plus on s’attache à Jane et Olivier, sorte de Bonnie and Clyde qui vont jusqu’au bout ... Mais je n’en dis pas plus pour ne rien dévoiler de l’intrigue.
   
   C’est un roman que je recommande.
   
   De Barjavel, j’ai aussi lu «la nuit des temps», «Le grand secret», «l’enchanteur». Mais celui qui m’a laissé la trace la plus vivace, c’est «Ravage». J’ai trouvé ce roman moderne et presque prémonitoire par rapport à notre société très fière de sa technologie, incapable de voir le Mr Hyde dans le docteur Jekill.
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critique par Lurbeltz




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Barjavel peint très bien
Note :

    Après avoir lu la grande oeuvre de Barjavel "La nuit des temps" j'ai eu envie de mieux découvrir cet auteur avec "Les chemins de Katmandou". Et ma première impression a été confirmée : Barjavel posséde décidèment une grande envergure littéraire.
   
    Mais tout d'abord un bref résumé de l'histoire: Jane, ado perdue est retrouvée par Sven un jeune hippie qui va lui inculquer sa philosophie. Olivier, soixante-huitard convaincu va perdre ses illusions et partir sur le chemin de Katmandou pour y retrouver un père qu'il ne connait pas et lui réclamer une pension qui ne lui a jamais été versée. Sur ce chemin il va rencontrer Jane qui poursuit Sven sur les chemins de la capitale du Népal bouddhiste. Les deux jeunes gens tombent alors amoureux.....mais malheureusement la suite est loin de ressembler à un roman à l'eau de rose.
   
    Faute de m'avoir totalement bouleversée, le livre a pour mérite de faire réfléchir sur l'humanité, ses erreurs, son poids... Barjavel peint très bien ces notions-là.
   
    Un des points forts du livre est qu'il décrit de manière donnant des frissons de réalisme les effets dévastateurs de la drogue. On peut alors voir à quel point le bonheur que la plupart des hippies recherche est illusoire.
   
    Les personnages sont hauts en couleur : entre la grand-mère poule inquiète parce que le petit-fils qu'elle a élevé en l'absence de ses parents ne donne aucune nouvelle, le père milliardaire confronté à la révolte de sa fille, le vieil homme confronté tout les jours à la vue des effets de la drogue ou le milliardaire qui n'a pour but que son plaisir et qui le gagne sans scrupule et de manière totalement égoïste on nous peint l'humanité dans ses côtés les plus sombres mais avec beaucoup d'indulgence.
   
    Le plus grand défaut du roman est sans doute son manque de fluidité. Quelques longueurs sont en effet éparpillées à certains moment du récit.
   
    On a tout de même affaire à une oeuvre intéressante, riche de sens, d'émotions et d'enseignement.
    J'ai ressenti chez Barjavel un véritable amour de l'humanité et à travers les lignes on décèle une certaine tristesse et un certain attachement pour les idées hippies de la part de l'auteur. Comme un regret de la tournure que ça a pris.
    "Les chemins de Katmandou" sont donc un très bon choix de lecture.
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critique par Moineau




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C’est vilain d’aller à Katmandou pour se droguer! et en plus, c'est dangereux
Note :

   J’ai honte! J’ai acheté ce livre dans un supermarché! Ce n’est pas vraiment dans mes habitudes, je ne sais pas ce qui m’a prise… sans doute une vague résonance de «Katmandou» au plus profond de moi… une réminiscence de mon adolescence «flowerpower»… je me suis sentie obligée de le prendre en le voyant!
   
   En fait, j’ai lu quelque part que Barjavel a tiré ce roman du film d’André Cayatte, film dont il avait coécrit le scénario et les dialogues auparavant. A mon avis, cela se sent, car dans l’ensemble le livre reste très «synopsis», assez superficiel, et les personnages restent à l’état de l’esquisse, voire de caricature: le garçon quasi-abandonné par sa maman mannequin et son père chasseur de tigres au Népal, élevé par sa gentil mamy, faisant la révolution en 68; une anglaise (ou irlandaise?) junkie, belle à couper le souffle, même à l’état de squelette… évidemment le garçon en tombe amoureux et tente tout pour la sauver! Une fille de grands-bourgeois super riches qui devient maoïste, s’enfuit au Népal pour passer en Chine et se fait abattre; d’autres qui se font violer et assassiner en route (pour Katmandou, cela s’entend) et dont l’histoire s’arrête par conséquent avant d’avoir commencé; le méchant trafiquant d’antiquités népalaises; la riche américaine circulant sur le routes du Népal en grosse américaine (mais si, mais si!)… oui, oui, tout cela pour prouver que, décidément, vraiment, c’est vilain d’aller à Katmandou pour se droguer! Et qu’on n’en réchappe pas! And so on! And so on! Ah oui, la cerise sur le gâteau: Olivier, le personnage principal, partant à pied de l’Inde, marchant sur les routes du Népal pendant des semaines (il me semble que ce n’est pas toujours tout plat…), se nourrissant à peine… mais jamais il n’est fatigué, jamais il n’a mal aux pieds, il a juste un peu faim de temps en temps…
   
   Non, je n’ai pas aimé ce roman. Il vaut peut-être mieux s’en tenir au film (que je n’ai pas vu encore). Dans le même registre, j’avais préféré «Les enfants de Torremolinos», de James Michener, quand j’étais ado… pas sûr non plus que je l’aimerais toujours aujourd’hui, d’ailleurs…

critique par Alianna




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