Lecture / Ecriture
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La bande décimée de Jean-Luc Cochet

Jean-Luc Cochet
  La bande décimée

La bande décimée - Jean-Luc Cochet

N° 102 de la série
Note :

   «La bande décimée» est donc le n° 102 de la série du Poulpe, dont on connait le principe: un auteur par n°, un héros récurrent: «Le Poulpe» alias Gérard Lecouvreur, des personnages quasi obligés, dont le restaurant «Le pied de porc à la Sainte Scholasse» tenu par Gérard et Maria où «Le Poulpe» prend connaissance du faits- divers dans le journal qui va lancer sa quête, Chéryl, coiffeuse et compagne du «Poulpe» …
   
   «Le Poulpe», pas vraiment détective, plutôt libertaire actif qui prend les enquêtes qui l’intriguent à son compte et se paie sur la «bête», découvre ce jour-là dans le journal, lu sur un coin du zinc de «… la Sainte Scholasse», l’assassinat à grand coup d’explosif d’Antoine Moss, un cador de la Bande Dessinée, au sortir de l’aéroport de Roissy. Antoine Moss revient de Colombie où il s’est longtemps exilé et d’où il a touché à la célébrité, sa réputation serait plutôt sulfureuse mais, surtout, «Le Poulpe» se souvient l’avoir rencontré plus jeune, beaucoup jeune. Et forcément, ça lui fiche un coup, et forcément … il va enquêter et lever pas mal de lièvres.
   
   Structure classique donc d’un «Poulpe», pas indigne, pas inoubliable non plus. Il y manque, pour ceux qui ont fait la connaissance du «Poulpe» avec les trois premiers numéros des créateurs: Jean-Bernard Pouy, Serge Quaddrupani et Patrick Raynal, les petites touches d’autodérision, de tendresse pour le personnage, qui faisaient passer en douceur les invraisemblances (oui, quelque part, «Le Poulpe» c’est Superman!). Comme si Jean-Luc Cochet avait fait très attention au début à rester dans l’épure du Poulpe – c’est très conforme au cahier des charges, plutôt amusant – mais qu’il s’était lâché au fur et à mesure qu’il avait fallu gérer l’intrigue.
   
   Ce qui est amusant néanmoins avec les «Poulpe», c’est leur relation très immédiate à l’époque où ils ont été écrits. Celui-ci c’était 1998 et l’on y trouve; Plan Vigipirate, poubelles absentes dans les lieux publics, … Toute une époque pas si lointaine qui remonte en mémoire …
   
   « Dans tout l’aéroport, le temps était à l’accalmie; le plan Vigipirate se faisait presque timide et l’on n’avait pas dynamité d’attaché case oublié depuis au moins trois jours. En ville, c’était pareil; dans les gares la troupe enclaironnée ne braquait plus que très mollement la foule colorée des banlieusards. Au coin des rues, les poubelles décapsulées refleurissaient et l’on songeait très sérieusement à rouvrir les consignes. Paris allait plutôt bien, l’Hexagone pas trop mal. Ailleurs, au loin, c’était comme d’habitude: certains hommes avaient le choix entre une mort lente ou violente; certaines femmes et certains enfants aussi. Mais ça n’était pas grave parce que c’était ailleurs.»

   
   PS: Quelques renseignements sur Le Poulpe

critique par Tistou




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