Lecture / Ecriture
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Le Grondement de la montagne de Yasunari Kawabata

Yasunari Kawabata
  Les belles endormies
  Le maître ou le tournoi de Go
  Tristesse et beauté
  kyôtô
  Le Grondement de la montagne
  Le lac
  Nuée d’oiseaux blancs
  Pays de neige
  Les pissenlits

Yasunari Kawabata (川端 康成) est un écrivain japonais né en 1899 et décédé en 1972.
Le Prix Nobel de Littérature lui a été attribué en 1968.

Le Grondement de la montagne - Yasunari Kawabata

Rêves éveillés
Note :

   Le Grondement dans la montagne.*4,5/5 Juste après la guerre, le Japon se relève difficilement. Près de Tokyo, Shingo Otagwa, 62 ans fait durer mélancoliquement son troisième âge, hanté par la mort et par des rêves de beauté.
   
   Il contemple ses échecs familiaux, et se livre à ses obsessions tout en s’en défendant mollement.
   
   Son fils Shuichi a pris une maîtresse et délaisse sa femme Kikuko. Shingo est amoureux de cette jeune personne qui lui rappelle une autre jeune fille à présent décédée, dont il était amoureux dans sa jeunesse. Il n’a pu épouser que sa sœur, Yusako, qui ne lui a jamais plu. Yusako elle-même vit dans le souvenir de cette sœur idéalisée.
   
    Shuichi n’a semble t’il épousé une jolie jeune fille à peine pubère, que pour la donner à ses parents…
   
   La fille de Shingo, Fusako a des soucis conjugaux elle aussi, et revient à la maison avec deux petites filles.
   
   Les pensées de Shingo qui forment la matière du livre, se cristallisent sur des plaisirs et dégoûts esthétiques relatifs aux événements de sa vie et représentés par des atmosphères, des objets d’art, et de menus événements afférents.
   
   La mort de la jeune femme qu’il aima, c’est ce bouquet d’érable rougissant sur l’autel.
   
   Son mariage c’est la chute d’une châtaigne rebondissant sur des pierres en une belle courbe, un moment de plaisir et un signe menaçant.
   
   Il s'inquiète de la pousse des végétaux: les queues de renard, le ginkgo sont-ils toujours en bonne santé, comme si la sienne en dépendait, croit entendre un grondement la nuit annonciateur de séisme.
   
   Les animaux font signe eux aussi ! Teru la chienne errante et ses petits qui semblent s’immiscer dans la vie de la famille, et promettre la fécondité… le cri d’un milan qui revient tous les ans.
   
    Les rêves de Shingo jouent un grand rôle et de quasi hallucinations: rêve de mort, rêves érotiques en rapport avec la jeune fille qu’il aime encore et ses diverses incarnations.
   
   Kikuko apprécie les attentions dont elle est l’objet la part du vieux monsieur et partage avec lui bien des plaisirs; mais elle a aussi une volonté propre et souhaite s’établir avec sa belle-sœur à tenir une boutique. C’est ce qu’on peut leur souhaiter de mieux et Shingo le sait bien, quoiqu’il tente de retenir la jeune fille…
   
   Les rêves éveillés de Shingo sont matière à un récit d'une grande beauté esthétique.

critique par Jehanne




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