Lecture / Ecriture
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Les hypocrites de Paul Scarron

Paul Scarron
  Les hypocrites

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Les hypocrites - Paul Scarron

Ceux dont les crimes restent impunis
Note :

   Paul Scarron est passé à la postérité comme le mari infirme de Françoise d'Aubigné, la future marquise de Maintenon, mais on ne le lit plus guère. Et au vu des "Hypocrites", un texte tiré de ses "Nouvelles tragicomiques", je trouve que c'est bien dommage.
   
   L'intrigue tient en quelques mots: la belle Hélène, son amant Montufar et leur complice, la vieille Mendès, parcourent l'Espagne en prenant grand soin de présenter en tout lieu toutes les apparences de la vertu et de la piété les plus profondes. Apparences trompeuses qui procurent une couverture idéale à de très lucratives escroqueries. La quatrième de couverture rapproche "Les hypocrites" du "Tartuffe", qui fut créé dix ans après la publication des "Nouvelles tragicomiques" et pour l'écriture duquel Molière a pu s'inspirer du texte de Scarron. Mais par-delà une ressemblance superficielle, ces deux oeuvres présentent des tonalités très différentes. Si cyniques et immoraux qu'ils soient. les héros de Scarron n'atteignent pas à la noirceur de Tartuffe, qui allie encore à sa corruption morale une bigotterie féroce. Le style de Scarron est vif, incisif, d'une ironie mordante, et le récit des aventures de nos trois larrons est mené tambour battant. "Les hypocrites" n'ont aujourd'hui rien perdu de leur irrésistible drôlerie. Un régal!
   
   
   Extrait:
   
   "Ce fut au temps que la plus agréable saison de l'année habille la campagne de ses livrées, qu'une femme arriva dans Tolède, ville d'Espagne, la plus ancienne et la plus renommée. Cette femme était belle, jeune, artificieuse et si ennemie de la vérité, qu'il se passait des années entières sans que cette vertu parut une fois seulement dans sa bouche; et ce qui est plus merveilleux, c'est qu'elle ne s'en trouva jamais mal; au moins ne s'en plaignait-elle jamais, aussi mentait-elle quasi toujours avec succès; et il n'y a rien de plus vrai qu'une bourde de sa bouche a quelquefois mérité l'approbation des plus sévères ennemis du mensonge. Elle en pouvait fournir les poètes et les astrologues les plus achalandés; et enfin cette grâce naturelle fut telle que, jointe à la beauté de son visage, elle lui acquit en peu de temps des pistoles à proportion de ses attraits." (p. 7)(/i>

critique par Fée Carabine




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