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La séance de John Harwood

John Harwood
  La séance

La séance - John Harwood

Victoria, I'm coming (again)!
Note :

    Amateurs de spiritisme, siphonnés de la table tournante, Victoriens dans l’âme, vous êtes prêts à affronter les averses anglaises, à fouler de vos bottines encrassées le sol londonien, quand il ne s’agit pas de mettre les pieds dans un manoir lugubre où se passent de drôles de choses? J’ai là le livre qu’il vous faut, et ça tombe plutôt bien car vous risquez très sérieusement de vous régaler: "La Séance" de John Harwood.
   
   Tout commence avec le journal de Constance, jeune fille de bonne famille sur qui le sort semble s’acharner. Habitant près de l’hôpital des enfants trouvés, elle est persuadée d’avoir été adoptée depuis que sa petite sœur est morte, rendant sa mère indifférente à tout, dans une maison où le père semble fuir tout contact avec sa famille, leur préférant ses recherches à la bibliothèque. Pour faire le bonheur de sa mère, Constance l’entraîne à des séances de spiritisme, s’entendant avec une médium pour que sa mère croie être en contact avec Alma, sa fille morte à l’âge de deux ans. Malheureusement, le projet tourne court et Constance se voit contrainte de vivre chez un oncle tout juste rencontré. C’est alors qu’inopinément, elle hérite d’un manoir légué par une parente éloignée, qui lui est totalement inconnue. Un manoir dont l’histoire a été marquée par des événements particulièrement sordides.
   
   Je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir, l’histoire étant tout à fait passionnante et faisant de ce roman une véritable menace pour votre vie sociale qui, le temps d’une lecture, sera réduite à néant. Car il est impossible de s’arracher à ce livre où tout concorde à subjuguer le lecteur: plusieurs récits enchâssés l’un dans l’autre; des points de vue et des angles d’approche différents; un environnement qui, en ce qui me concerne, constitue mon cadre de prédilection; enfin, une écriture très agréable. Au final, un récit absolument captivant et intelligemment mené qui ravira les amateurs de romans du XIXe (malgré quelques coquilles: «craignez-vous …?» à quoi l’on répond «Peur? Peur!» - on imagine bien «do you fear…?» «Fear? Fear!» qui là étaient compréhensible; Clara qui devient un instant Carla et une ou deux petites choses que j’ai depuis oubliées).
   
   Un vrai régal, un livre dont je ressors vraiment enthousiaste et que je compte recommander autour de moi.
    ↓

critique par Lou




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Mais quelle séance ???
Note :

   Présentation de l’éditeur
   
   Si j’étais vous, je ne la lirais pas… mais bon, vous faites ce que vous voulez, hein!
   
   « Angleterre, fin de l'ère victorienne. Constance Langton reçoit la visite d'un avocat, John Montague. Celui-ci lui annonce qu'elle vient d'hériter d'un manoir de famille dans le Suffolk, Wraxford Hall, et lui conseille de vendre la propriété sans perdre une seconde. Wraxford Hall jouit en effet d'une sinistre réputation: ses précédents propriétaires y sont morts dans d'étranges circonstances et une jeune femme, Eleanor Unwin, y a mystérieusement disparu avec sa fille. Quels terribles secrets renferme Wraxfod Hall? Au fil du journal intime d'Eleanor et des recherches de Constance, deux femmes dont le désir d'indépendance dénote en pleine époque victorienne, se lèvent peu à peu les mystères qui entourent l'étrange demeure. Pièges machiavéliques et coups de théâtre en cascade, terreurs intimes, étranges obsessions et secrètes inconvenances, tout est réuni pour faire de cet hommage très moderne au roman gothique et victorien un chef-d'œuvre du genre.»

   
   
   Commentaire
   
   Et puis, vous avez réussi à résister à lire la 4e de couverture?? Moi qui ne les lis jamais avant, je vous conseille fortement de vous laisser embarquer dans ce récit sans savoir du tout où ça s’en va, à part que nous sommes dans l’Angleterre Victorienne, qu’il est question d’une jeune fille, d’un héritage, d’un manoir lugubre, isolé et délabré, d’alchimie, de spiritisme, de secrets et d’un lourd passé. Si ces éléments vous plaisent et que vous avez quelques heures (idéalement consécutives) devant vous, n’hésitez pas et lancez-vous! Ce livre a été pour moi un coup de cœur, dévoré en un avant-midi au soleil… et j’ai bien failli me mettre en retard pour pouvoir le terminer!!
   
   « La séance » (mais quelle séance, me suis-je demandée tout au long du livre? Quelle est LA séance??) est un roman à plusieurs voix, qui nous emmène pour commencer en 1889, à Holborn, pour rencontrer Constance Langton, une jeune fille qui grandit entre un père indifférent et une mère malade de chagrin suite au décès de sa fille cadette, Alma. Pour redonner à sa mère une certaine joie de vivre, elle s’intéressera au spiritisme et l’entraînera dans ces cercles. Sauf qu’une visite viendra changer sa vie et l’entraîner dans les années 1860, aux alentours de Wraxford Hall, aux multiples tourelles, aux nombreux recoins, aux fantômes mythiques et au passé mystérieux et chargé. Et Wraxford Hall, Constance vient d’en hériter.
   
   La construction m’a beaucoup plu. Divers témoignages, journaux, points de vue nous permettent de découvrir ce manoir et ses secrets. Les récits enchâssés s’enchaînent et nous amènent vers la finale, la solution. J’apprécie particulièrement ce procédé en raison de la subjectivité des témoignages. On ne sait plus qui croire, on ne sait trop où ça s’en va… et pour moi c’est un moment idéal de lecture quand on me perd pendant une bonne partie du livre. La folie rôde, l’atmosphère pèse. Nous sommes en plein roman gothique, avec les allusions qui conviennent surtout, surtout, cette ambiance parfaitement réussie. Brumeuse mais pas trop, qui nous transporte au 19e siècle d’un coup.
   
   L’auteur réussit d’ailleurs à nous faire croire à cette époque victorienne, à la fois par cette atmosphère mais aussi par son écriture, très agréable et désuète, bien adaptée au sujet. Il va sans dire que pour moi, qui adore ce type de roman, ce fut une rencontre réussie en tout point! Vous savez quand vous vous dites que bon, si vous mangez, vous allez perdre 15 minutes et là, peut-être que vous ne le finirez pas à temps pour votre rendez-vous de l’après-midi?? Quand les pages se tournent toutes seules et que vous vous baladez dans la maison en lisant peu importe votre destination? Ben ça a été ça! J’y étais, dans ce manoir sombre et décrépi, je les voyais, cette galerie hantée et ces bois sombres et épais. Je ne saurais trop le conseiller aux amateurs du genre!!
   
   Et la question qui tue en raison de mon caractère de devin-livresque? Je dirais que j’ai été menée en bateau en me posant des millions de questions sur la fiabilité des narrateurs jusqu’à la dernière partie, et là, j’ai compris! Donc, quand même perdue pendant 280 pages, environ, ce qui n’est pas rien en ce qui me concerne! D’ailleurs, le procédé de l’auteur d’ouvrir plusieurs portes et pas une seule, se laisser planer le doute un peu partout est celui qui réussit le plus à me convaincre!
   
   Un coup de cœur, donc!

critique par Karine




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