Lecture / Ecriture
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La mort d'Olga Maria de Horacio Castellanos Moya

Horacio Castellanos Moya
  Le Bal des Vipères
  Là où vous ne serez pas
  La mort d'Olga Maria
  Effondrement
  La servante et le catcheur
  Le dégoût

Horacio Castellanos Moya est un écrivain et journaliste salvadorien, né en 1957.

La mort d'Olga Maria - Horacio Castellanos Moya

Enquête à charge
Note :

   A San Salvador, au début des années 90, Olga Maria Trabanino, jeune mère de famille apparemment sans histoires, est assassinée froidement sous les yeux de ses deux fillettes, d'une balle dans la tête. Si tous ses proches sont à juste titre effondrés, la meilleure amie d'Olga Maria, Laura, décide de mener sa propre enquête, et confie toutes ses découvertes et ses hypothèses, même si ce sont parfois des commérages dignes d'une langue de vipère accomplie, à l'une de ses amies, qu'elle surnomme, tout au long du roman, "ma belle", lors de leurs rencontres fréquentes, à l'enterrement de la défunte, à la messe, dans un café, au restaurant... Peu à peu, elle découvre qu'Olga Maria n'était pas une femme aussi irréprochable qu'elle le paraissait: son passé, ses fréquentations, ses aventures n'étaient pas sans zones d'ombre... Mais de là à l'assassiner... Lorsque le tueur présumé, surnommé Robocop, est arrêté, Laura sait qu'il lui faudra maintenant chercher le véritable commanditaire de l'assassinat, et c'est là que les choses commencent pour elle à se compliquer, et le piège à se refermer sur sa malheureuse victime.
   
   Horacio Castellanos Moya brosse dans ce roman en forme de monologue le portrait au vitriol de la bourgeoisie salvadorienne, qui dissimule ses vices et ses turpitudes sous le masque de la respectabilité. Sur fond de scandale financier, de détournement de fonds, de trafic de drogue et de luttes politiques de haut niveau, se dessine l'incroyable vérité: c'est toute une société qui est gangrenée par la corruption, de la police aux banquiers en passant par les curés. Certes, les monologues de Laura, qui entrecoupe son récit haletant de réflexions xénophobes, anti-communistes et réactionnaires, peuvent lasser le lecteur, mais on finit par s'y habituer pour la voir peu à peu sombrer dans une paranoïa qui la conduira finalement à sa perte.
   
   Le style est parfois un peu rude, avec quelques pointes de vulgarité dont on aurait pu se passer, mais qui sont paraît-il habituelles chez l'auteur. Enfin, certains pourraient trouver le dénouement un peu décevant, voire tiré par les cheveux, mais l'enquête policière et sa résolution ne sont pas le souci principal de Moya, qui préfère insister sur la description de la société salvadorienne rongée par ses propres démons. Ceux qui s'attendaient à retrouver dans ce roman le même genre d'intrigue que dans "Chronique d'une mort annoncée" en seront pour leurs frais, car Moya n'est pas un sous-Garcia Marquez, mais un écrivain d'une autre trempe, peut-être moins brillant, mais qui vaut tout de même le détour, tant le bilan qu'il dresse de l'état de son pays est accablant et sans concession.
    ↓

critique par Elizabeth Bennet




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PAL - 1
Note :

   Moi aussi j’ai une PAL et même que des fois je prends des livres dedans. Plus exactement, celui-ci n’arrêtait pas de tomber de cette fameuse PAL*. Au bout d’un moment je me suis dit qu’il fallait que je le lise pour ne pas l’abimer (pour info c’est un livre que j’ai acheté en septembre dernier au festival America de Vincennes). Je pensais que c’était un livre sur Noël parce que la couverture était rouge et blanche : allez savoir pourquoi! Visiblement, c’est plus un moletonnage de cercueil avec des roses rouges. Pourtant, la quatrième de couverture dit bien ce que c’est.
   
   Quatrième de couverture :
   "Au début des années 90 à San Salvador, Olga María Trabanino est froidement assassinée d’une balle dans la tête. Qui peut donc avoir voulu la mort de cette jeune femme apparemment sans histoires? Au fil de l’enquête, sa meilleure amie, Laura, découvre incrédule tout ce qu’elle lui avait caché : son passé, ses fréquentations, ses vices… Le portrait qui se dessine alors est celui de la bourgeoisie tout entière, qui abrite ses turpitudes et sa corruption sous le masque impavide de la respectabilité. Avec cette intrigue menée d’une plume haletante, l’auteur du Dégoût poursuit sa radiographie au vitriol de la société salvadorienne, gangrenée par les luttes politiques et le trafic de drogue.

   
   
   Mon avis :
   
   Ce livre m’a beaucoup plu. Il est constitué de neuf chapitres qui sont autant de dialogues de la fameuse Laura (la meilleure amie de la morte) avec une autre amie. Dialogues c’est beaucoup dire : ce sont plutôt des monologues. Elle n’arrête pas de parler, de parler. C’est comme si vous aviez une copine en face des yeux qui ne vous en laisse pas placer une. C’est écrit sur ce ton pressé que la copine peut employer à ce moment là. Il y a même les digressions sur d’autres sujets. C’est très réaliste. C’est une manière de raconter très originale que je n’avais jamais rencontrée. Quant au sujet, il nous fait découvrir le Salvador par tout ce qui gangrène sa société.
   
   En conclusion, j’ai une super PAL parce qu’il y avait un autre livre du même auteur : "Le bal des vipères". Je vais donc pouvoir continuer à découvrir cet auteur (sans aller à la librairie)!
   
   
   * PAL : Pile A lire

critique par Céba




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