Lecture / Ecriture
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J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir de Christine Arnothy

Christine Arnothy
  J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir
  Une rentrée littéraire
  Une question de chance

Christine Arnothy est une écrivaine française née en 1930 à Budapest et morte le en 2015.

J'ai quinze ans et je ne veux pas mourir - Christine Arnothy

Autobiographie de jeunesse
Note :

   Il s'agit du récit autobiographique d'une jeune Hongroise pendant la seconde guerre mondiale. Composé de deux parties distinctes, « J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir » et « Il n'est pas si facile de vivre », il est retracé huit années de la vie de Christine Arnothy.
   
   La première raconte le siège de Budapest, l'enfermement dans une cave jusqu'à l'arrivée de l'armée russe, pour se terminer par sa fuite vers l'Autriche.
   
   La seconde retrace ses moments dans un camp de réfugiés, puis sa difficile intégration dans la société française.
   
   « J'ai 15 ans et je ne veux pas mourir » est écrit avec une certaine distance, même s'il révèle des bribes de pensées de l'auteur, tout est surtout conté ou décrit. Le lecteur, spectateur, est toutefois bien ancré dans l'ambiance. Il peut ainsi s'imaginer vivre dans l'horreur de cette guerre et donc c'est essentiellement à lui de se faire ses propres émotions. Non, on ne reste pas indifférent, on se prend des claques et des leçons. Certaines scènes sont données crues et brutes, sans que Christine Arnothy exprime ses dégoûts, ses peurs. Il y a du rythme, les jours écrits sont bien choisis et on se laisse porter par l'aventure humaine.
   
   Dans « Il n'est pas si facile de vivre », l'auteur a 20 ans. Cette fois-ci l'écrivain se livre plus, il nous est possible de mieux comprendre la partie précédente. L'amour pour ses parents, par exemple, est ainsi mis en exergue. Ces derniers deviennent des personnages alors qu'ils n'étaient que protagonistes précédemment. Je n'ai pas été emballé par le récit de son intégration à Paris, toutes les péripéties chez les notables français sont des pages longuettes et lourdes à mon goût. La fin me semble aussi pas très bien conclue.
   
   Sur le fond, oui, l'autobiographie ne manque pas d'intérêt. Outre la pièce d'histoire que ce livre nous apporte, il y a un vrai regard sur la vie, la guerre, et surtout les relations humaines.
   
   Le style est fin, il coule bien et plus que ça : certaines figures donnent une vraie force, surtout pour la deuxième partie dont l'écriture est nettement plus mature. C'est vraiment admirable surtout lorsque l'on sait que c'est écrit lors de sa prime jeunesse. J'ai été un peu troublé par les changements de temps intempestifs ; tantôt les chapitres sont au passé, tantôt au présent...
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critique par Olivier Michael Kim




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Désillusion…
Note :

   Nous sommes à Budapest en Hongrie. La ville n’est plus que ruine. Les combats qui opposent les Allemands aux Russes dévastent tout. Réfugiés dans les caves, les habitants tentent de survivre et de faire face aux déluges de feu qui s’abattent sur eux nuit et jour. Malgré la pénurie d’eau, de nourriture, celle des médicaments, l’espoir renaît de voir s’achever bientôt une guerre qui fera fuir l’occupant, une vie qui pourra reprendre son cours normal avec l’arrivée de l’armée rouge…
   
   Mais les libérateurs deviendront bien vite à leur tour les nouveaux tortionnaires…
   
   A bout de force, vivant dans la peur constante des nouveaux dirigeants, les parents de Christine décideront de quitter définitivement leur pays. De train en train, de contrôle en contrôle, d’hôtel en hôtel, leur fuite les mènera en Autriche, à Kufstein dans un camp de réfugié.
   
   Mais Christine qui à 20 ans, à d’autres ambitions que ces baraques en bois, où le froid et l’odeur de pourriture se mêlent à la promiscuité imposée des voisins. Cette jeune fille à la fleur de l’âge veut être écrivain, et rêve de Paris, la France… Le pays de tous les espoirs…
   Mais là encore, arrivant dans la capitale comme nurse, les désillusions seront grandes et bien vite elle devra s’apercevoir que dans ces temps difficiles,«Il n’est pas si facile de vivre»…
   
   Témoignage situé entre «Le journal d’Anne Franck» et «L’incendie de Berlin» d’Helga Schneider, ce livre retrace la triste histoire de Christine Arnothy. Si là s’arrête la comparaison avec d’autres, c’est parce-que l’on s’aperçoit bien vite qu’au travers de son récit, par des mots simples, à elle, chaque histoire est unique. La sienne n’en est pas moins dure. Entre les horreurs vécues, vues, elle nous raconte comment d’enfant elle est passée à l’âge adulte sans jamais avoir eu l’impression de connaître un «entre les deux». Comment, partie d’un rêve elle s’est retrouvée à affronter une réalité sans cesse plus douloureuse, une vie toujours plus pénible, mais a toujours su faire face et garder l’espoir d’atteindre son but… Ecrire un livre, son livre.

critique par Patch




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