Lecture / Ecriture
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La proie des ombres de John Connolly

John Connolly
  Le livre des choses perdues
  Le Pouvoir des ténèbres
  L'ange noir
  La proie des ombres
  Ados: Les portes
  Prière d’achever

Ecrivain irlandais né à Dublin en 1968.

La proie des ombres - John Connolly

Il ne faut jamais lâcher la proie pour l'ombre
Note :

   Sixième opus avec Charlie «Bird» Parker en chef d'orchestre, mais pas réellement pour de la musique douce. Mieux vaut prévenir que guérir, il est plus question de trash que de petites sonates de nuit. Je reconnais que je suis un inconditionnel de cet auteur, j'ai tout acheté et tout lu ce qui a été traduit à ce jour.
   
   Charlie est seul. Rachel, lassée de vivre dans un climat de peur constante dû aux enquêtes et aux fantômes du passé de Charlie, est partie avec leur fille Sam. Il rencontre Rebecca Clay qui l'embauche pour la protéger d'un homme qui la harcèle au sujet de son père disparu cinq ans plus tôt. Cet homme Frank Merrick , dont la fille, Lucy, était une patiente de Daniel Clay a également disparu à la même époque. Daniel Clay, médecin psychiatre spécialisé dans les dossiers concernant les enfants victimes de violences, y compris sexuelles, a vu son honneur et sa réputation mis à mal. Depuis, plus personne ne l'a revu, était-il le fournisseur d'une bande organisée de violeurs d'enfants qu'il côtoyait de par sa fonction?
   Dans cet état américain, le Maine, il y avait un endroit appelé Galaad où vivait une communauté très repliée sur elle-même. Des viols sur mineurs et des meurtres de bébés ont obligé les autorités à fermer le village et à disperser cette communauté plusieurs années auparavant. Or, toutes les pistes conduisent Charlie Parker dans les environs de Galaad!Merrick s'engageant à ne plus persécuter Rebecca, celle-ci demande à Charlie d'arrêter son enquête, chose qu'il ne fera pas. Alors, il s'enfonce dans l'horreur, dans un univers de perversion, avec la question suivante: quelle est la réalité en ce qui concerne Daniel Clay?
   
   Charlie Parker est égal à lui même dans cette enquête dans un monde cauchemardesque. Les descriptions de l'auteur et le lieu choisi, l'état du Maine, ajoutent un côté lugubre et glauque au récit. Sa première épouse et sa fille ayant été assassinées, leur présence et leur souvenir le rendent moralement plus fragile. Il est comme à l'accoutumée aidé de ses deux amis Angel et Louis.
   
   Rebecca Clay, qui est-elle réellement? Une fille harcelée qui cherche à découvrir la vérité sur son père? Cette femme, bon chic bon genre, mais que son ancien mari traite de putain?
   Daniel Clay, est-il encore en vie? Sa carrière s'est mal terminée, sa notoriété et ses compétences ne sont plus aussi bien ancrées dans son milieu. Son orgueil l'a-t-il poussé au suicide? Ou a-t-il été tué? Il aimait peindre, offrant ses toiles à un cercle d'amis comme Joel Harmon, riche homme d'affaires et également homme à femmes.
   Le docteur Christian n'avait pas la même façon de voir les choses que son collègue Clay, mais il pense qu'il n'est pour rien dans les viols d'enfants.
   Frank Merrick et «Le Collectionneur» représentent les ténèbres et la mort, l'un et l'autre veulent tuer leurs coupables, mais pas pour les mêmes raisons. L'un par vengeance personnelle, l'autre par vengeance divine.
   Andy Kellog est un des rares enfants restés vivant après les séances de viols collectifs, il se rappelle d'un détail, un tatouage, et reconnaît le site de Galaad.
   
   Encore une superbe enquête, il y a de plus en plus souvent une touche de fantastique dans les romans de John Connolly. Mais cette touche reste légère, donc ne me dérange pas outre mesure. Dans ce livre, Connolly nous fait entrer dans le monde de la pédophilie, des êtres pervers par qui les enfants, garçons ou filles, sont victimes d'abus en tous genres. Des réseaux, qui grâce à internet, et avec l'appui de la maffia russe, s'implantent petit à petit. Cela donne une histoire très dure qui fait froid dans le dos.
   
   
   Extraits :
   Merrick était un tueur, mais il tuait pour d'autres, pas pour lui. La distinction était de taille.
   - La maison n'était jamais complètement vide. Quelque chose s'y était installée.
   
   - Se faire jeter du B-Line pour conduite tapageuse, c'était comme se faire exclure de chez les scouts pour avoir aidé trop de vieilles dames à traverser la rue.
   
   - Mais ce n'était que des histoires, et l'on empêchera jamais les gens d'en raconter...
   
   - Il avait enfin découvert son aptitude naturelle à tuer et l'utilisait à merveille.
   
   - Ta cliente porte malheur, on dirait. Elle fait plus de disparus que le triangle des Bermudes.
   
   - Ses yeux étaient ternes et vitreux, et sa conversation si ennuyeuse qu'un enfant en bas âge, en comparaison, aurait fait figure d'Oscar Wilde.
   
   - Je reconnaissais bien mon Joe Long. Un rigolo de première. En un peu plus sec, il aurait été l'Arizona.
   
   - Il ne mettait aucune vantardise dans l'évocation de son sacrifice. Il l'avait fait par amour pour une gosse plus jeune, cela lui était venu naturellement.
   
   - En l'occurrence, il faut que l'on voie la justice à l’œuvre. Quelqu'un doit réagir publiquement.
   
   - C'était une communauté isolée, refermée sur elle même, dans un État de communautés isolées, refermées sur elles-mêmes.
   
   - Je ne suis pas le juge mais l'exécuteur du châtiment. Je ne prononce pas la sentence, j'exerce le châtiment.
   
   

   Titre original : The Unquiet (2007)

critique par Eireann Yvon




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