Lecture / Ecriture
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Les sirènes de minuit de Jean François Coatmeur

Jean François Coatmeur
  Les sirènes de minuit
  Nocturne pour mourir

Les sirènes de minuit - Jean François Coatmeur

Uchronie
Note :

   Roman politico-policier que j’avais bien aimé il y a une vingtaine d’années au moins. Nous sommes à Brest vers 198? Suite à un coup d’état le général Chopinet est au pouvoir.
   
   Samedi…décembre 198? Un jour comme un autre? Tout le laisse croire, les nombreuses épurations ont muselé l’opposition. La police politique veille au grain, mais sous le bon grain se cache parfois l’ivraie.
   
   Fabienne Fontange, qui doute de la fidélité de son mari, demande a son frère Jef de faire suivre celui-ci pendant un week-end à Paris. Le policier embauche un portugais Manoel pour faire le travail. Mais Eric Fontange est retrouvé mort le long de la voie ferrée, puis son épouse est également tuée chez elle. Un mystérieux tract, signé des F.R.A. (Front révolutionnaire Armoricain) est retrouvé sur place. Eric Fontange, homme d’affaires, play boy à ses moments perdus. Sa femme Fabienne, riche veuve handicapée vivant en chaise roulante, est la sœur de Jef, ils ne cachaient pas leur sympathie pour le général Chopinet. L’enquête et la répression peuvent commencer Manoel fait un excellent coupable. Le commissaire principal Brossard pris entre le maire qui veut des résultats et Monsieur Jean, chef des services spéciaux pare au plus pressé, mais Manoel refuse d’avouer, il y laissera sa vie. Pour le pouvoir et la police, c’en est trop.
   
   Jef Chabert est un ex-flic désabusé; révoqué pour trop forte consommation d’alcool. Sa femme l’a quitté, mais elle accepte de lui servir d’alibi pour le meurtre de son beau-frère. Il est l’héritier direct de sa sœur donc c’est à lui que profitent les crimes. Après avoir un moment semblé se moquer du sort de Manoel Pereira, sa conscience se réveillera.
   
   Un bon roman policier dans une France droitière à l’atmosphère lourde et oppressante bien rendue par l’écriture, avec des classes dirigeantes avides de gloire et d’argent.
   
   
   Extraits :
   
   
   - Désormais elle pouvait tout s’offrir, même l’amour sous les traits d’Eric Fontange, un bellâtre sans talents.
   
   - Je l’ai acheté, j’ai mis le prix. Il y avait cette clause tacite entre nous : mon fric contre sa belle gueule.
   
   - Malheureusement le terrorisme, c’est comme le chiendent: ça repousse
   
   - Qui est exactement Chabert, demanda Rault?
   Je croyais vous l’avoir dit. Ce qu’il y a de pire au monde: un flic qui a mal tourné.
   
   - Jeune très maigre, un visage mobile aux maxillaires proéminents, il ressemblait à Michel Debré, en version améliorée.
   
   - De sorte qu’il n’est pas excessif d’avancer que la nation entière a les yeux sur nous et nous juge, autant dans ce que nous faisons que dans ce que nous ne faisons pas!
   
   - Pas de scrupules intempestifs: il se trouve que notre intérêt coïncide avec celui de l’état.

critique par Eireann Yvon




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