Lecture / Ecriture
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La Meurtrière de Phyllis Dorothy James

Phyllis Dorothy James
  Péché originel
  La salle des meurtres
  Le phare
  A visage couvert
  Une mort esthétique
  La Meurtrière
  La Mort s'invite à Pemberley
  Meurtre dans un fauteuil
  Une folie meurtrière
  Meurtres en blouse blanche
  L’Île des morts

Ecrivaine de romans policiers née en 1920 à Oxford.
D'abord femme au foyer puis, son mari étant gravement malade, obligée de travailler pour élever ses enfants, elle ne présente son 1er roman qu'après 40 ans.
Sacrée nouvelle reine du crime, elle est aujourd'hui lauréate du Silver Dagar Award, ainsi que, en France, du grand prix de littérature policière (en 1988).
P.D.James est devenue baronne (elle a été anoblie par la reine en 1990), membre éminent des auteurs britanniques et de la chambre des Lords.
Elle est décédée à Oxford le 27 novembre 2014. Elle avait 94 ans.

La Meurtrière - Phyllis Dorothy James

Court et excellent (un bon café? Non un PDJames!)
Note :

   Titre original: The Innocent Blood
   
   Phyllis Dorothy James est née en 1920
   
   Tous ces romans sont publiés dans le Livre de poche policier.
   Cet opus n'est pas tellement connu. On cite toujours «Un certain goût pour la mort».
    
   J'ai un goût particulier pour celui-là, court et excellent que j'hésite à poster en littérature policière, d'autant plus que nul représentant de la loi, ni l'inspecteur Dalgliesh (que j'aime profondément à l'égal de Mrs James elle-même) ni la courageuse Cordélia Gray n'interviennent dans cette  enquête menée par une jeune narratrice...
   
   Philippa Palfrey vient d'avoir dix-huit ans. Adoptée dix ans plus tôt, sans aucun souvenir des ses premières années, elle se met en quête de ses origines, obtient de l'administration son acte de naissance: «Rose Ducton, fille de Marie et Martin Ducton».
   
    A l'adresse où ses parents biologiques sont censés vivre, elle apprend que son père a violé une fillette 10 ans auparavant, et que sa mère a étranglé l'enfant. Condamnée à perpétuité, Marie Ducton a été élargie et doit sortir le 15 août....
   
   Très secouée par cette nouvelle, Philippa va s'expliquer bruyamment avec ses parents adoptifs. Maurice Palfrey est professeur de sociologie et chercheur (l'intérêt qu'il a porté à Philippa enfant n'est pas étranger à ses préoccupations professionnelles). Hilda, son  épouse,  se passionne pour la cuisine et les travaux domestiques.
    Mal assorti, ce couple  a peu de choses en commun. Enfant précoce, Philippa semble avoir été adoptée aussi pour jouer un rôle d'interlocutrice cultivée avec Mr Palfrey, rôle que sa femme ne tient pas.
    
    En dépit des mises en garde de ses parents adoptifs, Philippa décide de vivre trois mois (ses vacances) avec sa mère biologique « pour faire une expérience». Elle veut devenir écrivain et imagine là une histoire inédite, qui, en outre, serait la sienne...
   Mécontent de son départ, Maurice découvre qu'il tient à elle davantage qu'il ne pensait...
   
   Philippa et sa mère s'installent dans un appartement modeste à Marylebone. Elles s'entendent bien, partagent les tâches domestiques, se découvrent des lectures communes.
   Pourtant Philippa n'apprend rien de son enfance avant l'adoption. Sa mètre tente d'expliquer  le meurtre de la petite voisine,  mais se tait sur Philippa elle-même et leurs relations d'autrefois.
   …
   
   Voilà un roman excellent, par le suspense psychologique, l'art de la description et du dialogue, l'intelligence  des personnages, et de leurs motivations.
   Grâce à ce talent, la petite cuisine d'un appartement miteux, un étalage de fruits et légumes, un pot de géranium, une roseraie,( apparue dans une sorte de rêve), une bibliothèque un meurtrier étrange vêtu d'un imperméable transparent , des mains qui tremblent, toutes ces petites choses  deviennent précieuses.
   
   Les personnages: c'est la relation ambiguë entre Philippa et sa mère qui nous intéresse le plus, mais les autres personnages ont tous de l' envergure.
    Cette femme restera-elle  incompréhensible?
   Philippa peut évoquer une «Marie Bell»* qui aurait bien tourné, grâce à une adoption-sauvetage, et au fait que ses géniteurs, délinquants jusqu'au crime, avaient, dès le départ, un désir particulier de s'élever dans leur misère.
   Avec Georges Scase, PD James renouvelle le thème du vengeur. Peu convaincu de son désir de vengeance, promesse faite à l'épouse, il recherche dans son passé de petit garçon craintif ce qui pourrait le motiver...
   
   
   * Marie Bell est une petite fille de onze ans qui a défrayé la chronique dans les années soixante. Sévèrement  maltraitée par sa mère, elle est devenue agressive jusqu'à tuer un camarade de classe...

critique par Jehanne




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