Lecture / Ecriture
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Le train de 5 H 50 de Gabrielle Ciam

Gabrielle Ciam
  Le train de 5 H 50

Le train de 5 H 50 - Gabrielle Ciam

Transports en commun!
Note :

   Ayant aperçu une chronique pour ce roman et étant dans une période où les livres courts ou les recueils de nouvelles ont ma préférence, c'était le moment ou jamais.
   
   Cette chronique est dédiée à tous les gens qui voyagent en train, et surtout ceux qui ont partagé ces nombreux kilomètres que nous avons parcourus ensemble et qui se reconnaîtront par hasard dans ces quelques lignes. Ayant subi cette corvée pendant plus de dix ans, départ O6H04 - retour 17h43, j'étais curieux de voir comment l'auteur décrivait le quotidien d'un train. Dans mon cas, non pas de banlieue, mais de province, et c'était journalier. Mais dans ce roman le train n'est que le lieu d'une passion dévorante. 5 H 50, voiture 13. Le lundi matin, c'est le train-train. Mais parfois cette routine est bouleversée par un événement inhabituel.
   
   Un homme est déjà installé en face d'elle, elle le reconnaît pour l'avoir déjà maintes fois observé, à la dérobée certes, mais avec quelque intérêt. Elle prend les choses en main pour que le monsieur prenne son pied, ou l'inverse, il me semble!
   
   5 H 50. Quelques semaines plus tard, pour la seconde partie du récit, l'homme devient le narrateur. Les lundis précédents, il a cherché cette femme et il a éprouvé de l'amertume et de la déception de ne pas la retrouver, mais aujourd'hui elle est là, enfin! Mais certains lundis, la solitude attend l'un ou l'autre des protagonistes de cette histoire, car ils ne savent rien l'un de l'autre! Un retard ou un changement de programme impromptu et c'est peut-être un retour à la vie courante.
   La dame et narratrice, Gabrielle de son prénom, l'homme et narrateur également, Bernard de son prénom, ils sont les seuls personnages de ce livre et ils se suffisent à eux-mêmes.
   
   Un dernier mot, je n'ai jamais rencontré cette dame, ni quelqu'un lui ressemblant, question d'horaire je suppose!
   
   Une bien belle histoire, en espérant pour eux que la gare d'arrêt ne soit pas le terminus de leurs aventures!
   Reconnaissons que ce livre n'est pas un roman de gare, car s'il est très court et très prévisible dans son scénario, il est très bien écrit. Même si, il est parfois très osé. Mais dans un train tout est possible, le meilleur et le plus surprenant, une superbe jeune fille quelques jours avant Noël qui regagnait son pays d'origine et qui s'inquiétait du temps de changement en gare de X (désolé pour le choix de la lettre). Vu les bagages nous avons un ami et moi compris pourquoi! Le plus désagréable, ce sont les suicides et autres incidents, les heures de retard.
   Là aussi la modernité a fait disparaître les compartiments et les groupes d'amis, les thermos de café du matin, les anniversaires et départs en retraite. Les places style TGV ont rangé au rang de souvenirs ces pratiques amicales, ou plus si affinités!
   
   
   Extraits :
   
   - Chaque homme, chaque amant pour être précis, avait apporté quelque chose au raffinement de sa féminité.
   
   - Elle ne se fixait pas, quittait souvent, était quittée.
   
   - Elle se trouvait moyenne. Moyenne en tout. Sa vie était là pour en attester.
   
   - Jouir en silence la fait jouir.
   
   - Ils deviennent un couple. Un homme et une femme tout simplement.
   
   - Va-t-elle être là?
   
   - Cette femme avait dynamité tout cela.
   
   - Depuis deux mois elle cherche.
   
   - Avec lui, et sans lui. C'était simple finalement.
   
   - Elle le tient tout entier dans ses yeux, et jamais elle ne s'est sentie aussi proche d'un homme.
   
   - Et il sait pourquoi. La femme du train a tout bouleversé.

critique par Eireann Yvon




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