Lecture / Ecriture
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Les vitamines du bonheur de Raymond Carver

Raymond Carver
  La vitesse foudroyante du passé
  Qu'est ce que vous voulez voir?
  Les vitamines du bonheur
  Débutants
  Parlez-moi d'amour
  Neuf histoires et un poème
  Les trois roses jaunes

Raymond Carver est un écrivain américain né en 1938 et décédé d'un cancer du poumon en 1988.


Les vitamines du bonheur - Raymond Carver

Atypique
Note :

   Voila un recueil de 12 nouvelles que je vous conseille fortement de vous procurer et de dévorer.
   
   12 petites nouvelles qui vous font découvrir une histoire, un moment d’Amérique et d'ailleurs, un de ces instants improbables et pourtant réalistes, une sorte de road-book qui vous emmène dans des familles, des situations, à la rencontre de l’étrange non pas dans le sens fantastique du terme mais plutôt improbable, des instants qui sont peuvent être vu, perçus comme ‘magiques’, ‘tragiques’, ‘sublimes’, ‘banals’ ….
   
   C’est un recueil d’ambiance avec des personnages atypiques, sortis de nulle part; ces petits moments de littérature qui vous donnent des envies d’écriture, des mondes qui se côtoient et s’interpénètrent parfois, au détour d’une invitation pour ne plus jamais se reproduire. Des évènements dont vous pouvez être le témoin mais qui sont surréalistes ou déclencheurs. Des envies fausses que vous finissez par reconnaître
   
   Régalez-vous avec ce maître hors pair qui vous laissera pénétrer dans des Mondes que vous n’avez sans doute pas l’occasion de cotoyer,
   
   - "Plumes" ou la rencontre entre Fran, Bud, Ollae, Joey le paon, une empreinte de dents et un bébé, tout un programme
   
   - "La maison de chef" ou le bonheur retrouvé un instant, la conjonction de moments perdus et retrouvés entre une femme et un homme
   
   - Avec "Conservation", c’est une histoire de frigidaire, de souvenir, de mémoires qui vient à vous
   
   - "Le compartiment" vous parle de filiation, d’envie et de rejet, de changement de caractères, d’hommes
   
   - "C’est pas grand-chose mais ça fait du bien" est la terrible histoire, la tragédie qui accable une famille et le rôle joué par un pâtissier, un très très grand moment qui ne vous aura pas échappé dans le film Shorcuts de Robert Altmann en date de 1993: "Meanwhile, waitress Doreen Piggot (Lily Tomlin), whose lout of a husband (Tom Waits) is a verbally abusive drunk, accidentally hits young Casey Finnigan (Zane Cassidy) with her car. When the little boy walks away from the accident, she assumes he is all right, but never learns the fatal consequences, or the tragic harassment his parents, Howard (Bruce Davison) and Ann Finnigan (Andie MacDowell), must face from the local baker (Lyle Lovett) who is livid because Casey's birthday cake was never picked up".
   
   - "Les vitamines du bonheur" où quelques moments choisis de vendeuses de vitamines, Patti en rêve même la nuit et puis une ou deux scènes avec Nelson dans un bar de jazz, une belle virée..
   
   Je vous laisse découvrir les 6 autres nouvelles....
    ↓

critique par Herwann




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See you later Raymond
Note :

   Il y a les romans. Il y a les essais. Il y a les nouvelles.
   La nouvelle repose sur un fragile équilibre
   Je vous présente son maître incontesté: Raymond Carver.
   (la formule ne m'appartient pas, je répète seulement).
   
   Né en 1938, Raymond Carver est américain.
   Il apprend à écrire avec le romancier John Gardner, car chez nos amis américains, la littérature ne découle pas d'une divinité bienveillante mais d'un labeur rigoureux.
   
   Dès le début des années 70, Raymond Carver se met à boire et doit sa rédemption aux AAA en 1977 mais en 1988, il décède d'un cancer du poumon (coincé entre la peste et le choléra, forcément on y laisse sa peau).
   Une vie brève, remplie de nouvelles et de poèmes.
   Le réalisateur Robert Altman inspiré, adaptera plusieurs des nouvelles de Raymond Carver dans "Short Cuts" en 1993.
   
   Carver est un artisan. Il bosse sans relâche ses textes, rien ne doit être laissé au hasard: «Dans l'écriture, le désordre et le débraillé me font horreur!»
   Voilà, this is Raymond Carver... Sauf que moi... je n'ai pas accroché des masses!
   Et cela me peine d'autant plus que le monsieur était un laborieux.
   
   J'aime bien les laborieux. Ça me rassure. Ils peinent et prouvent ainsi que rien ne s'acquiert en un claquement de doigts contrairement aux génies qui ne savent même pas pourquoi ce qu'ils écrivent est somptueux.
   Ceux là m'énervent, rabaissant les pauvres humains que nous sommes au rang zéro dans l'échelle de l'évolution. La jalousie, défaut ou qualité, qu'ils déclenchent chez moi n'est pas bienfaitrice, je les envie, je les maudis, je les bénis souvent aussi.
   Raymond, lui, est comme vous et moi, normal et besogneux.
   
   J'avais donc très envie de trouver les nouvelles de ce monsieur Carver tout à fait superbes, heureuse de pouvoir dire: voilà! quand on bosse avec acharnement: on arrive à tout.
   Le fait est que la bonne volonté et les a-priori avantageux ne font pas tout!
   
   "Les vitamines du bonheur" réunit cinquante nouvelles dont certaines figurent parmi les "chefs-d’œuvre de la littérature américaine" et cinquante, ça fait beaucoup quand on n'est pas hyper emballée.
   Je peux donc vous l'avouer: je n'ai pas lu les cinquante.
   Une bonne vingtaine seulement, piochées totalement dans le désordre au gré des titres.
   
   Cela dit, j'aime beaucoup l'écriture de Carver. Très... américaine. Pas de chi-chi, du lourd, du concret, du upper-cut langagier.
   
   Exemple tiré de la nouvelle "Plumes":
   "Une fois de loin en loin, il me demande des nouvelles de ma famille.
   - Tout le monde va bien, je dis.
   Je referme ma gamelle et sors mes cigarettes. Bud hoche la tête et sirote son café. La vérité, c'est que mon gosse a tendance à la fauche. J'en parle à personne. Pas même à sa mère. Surtout pas avec sa mère. D'ailleurs on se parle de moins en moins. On se contente de regarder la télé."

   
   Carver, c'est un style pour le moins minimaliste, truffé d'infimes détails.
   En cela, je suis plutôt bonne cliente. Depuis Thomas Mann j'adore les détails et les descriptions . depuis Charles Bukowski j'adore les dialogues cash et sans guirlandes.
   Mais l'histoire en elle même... choux blancs! Rien! Aucune émotion ou alors vraiment minuscule, fugace et vite oubliée.
   
   "C'est pas grand chose mais ça fait du bien" est typiquement le genre d'histoire qui m'a soulevé une émotion puis... pouf! Plus rien. Pourtant la charge émotionnelle est présente de bout en bout.
   C'est étrange, moi même je ne m'explique pas ce manque d'engouement... Ces petits bouts de vie d'américains moyens qui se révèlent n'être jamais les mauvais bougres qu'on attend parce que la vie c'est pas aussi simple qu'on voudrait le croire, ne m'ont pas transportée.
   
   C'est dommage. J'aurais bien aimé faire partie de cette multitude de gens à travers le monde qui a ressenti tout ce que Raymond Carver voulait transmettre... Une autre fois peut-être, plus tard, lorsque je serai plus vieille, plus mélancolique... Who knows?

critique par Cogito Rebello




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