Lecture / Ecriture
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Sanctuaires ardents de Katherine Mosby

Katherine Mosby
  Sous le charme de Lilian Dawes
  Sanctuaires ardents

Katherine Mosby enseigne à l'université de Columbia et collabore au New Yorker et à Vogue.
Poète, elle est l'auteur de quatre romans. "Sous le charme de Lillian Dawes" a figuré dans la sélection pour le National Book Award et pour le prix Pulitzer.  

Sanctuaires ardents - Katherine Mosby

Une femme dans le vieux Sud
Note :

   Dans une petite ville de Virginie, une ville du vieux Sud, celui de Scarlett, de Scout et Atticus, celui qui jouit de la plus grande considération c’est bien Willard Daniels, propriétaire des «Hauts» le plus beau domaine de Winsville.
   Il revient là avec sa belle épouse, Vienna, belle et cultivée elle suscite beaucoup de curiosités et cancans. Excentrique, libre, farouchement attachée à son indépendance, la belle Vienna va de thé en cocktails se mettre toute la gente féminine à dos. Les hommes eux la croient simplement folle surtout quand il la voit promener son cheval en laisse et on disait même "qu'elle était socialiste, peut-être communiste, qu'elle aimait les Nègres et fumait des cigarettes" et puis n’a-t-elle pas fait fleurir une deuxième fois la glycine?
   "Puis elle avait peint la grange en bleu. Elle était entrée à la quincaillerie Henshaw en demandant de la peintre couleur lapis-lazuli. Il avait fallu cinq questions et quatre personnes pour découvrir ce qu'était le lapis-lazuli — Tout ça pour une grange!"
   
   Malgré la naissance de deux enfants, Willard Daniels un beau jour quitte Winsville pour ne plus revenir, Vienna va devoir faire face à l’éducation de Willa et Elliott.
   Elliott petit lutin passionné par les oiseaux, Willa déjà libre et indocile comme sa mère. Plusieurs personnages vont venir prendre place autour d’eux, John Aimes le voisin, le médecin de famille capable aussi bien de vous accoucher que de soigner discrètement une blessure par balle, Gray l’étudiant de passage féru de latin, Vienna enfin qui vit au milieu des livres la tête parfois dans les étoiles.
    
   Un très beau portrait de femme qui fait des choix personnels et une belle évocation du sud encore tourmenté par la ségrégation et une morale qui craque aux coutures. Les descriptions d’une nature luxuriante, d’une ivresse permanente tant la vie peut être don et plénitude, sont superbes.
   Les failles pourtant ont commencé, la volonté de Vienna d’afficher sa différence va avoir des conséquences.
   
   Si vous avez aimé "Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur" ou l’héroïne du film "Loin du paradis", lisez ce livre, vous ne serez pas déçu, c’est le roman dans toute sa splendeur, du souffle, de la tendresse, de l’émotion, du suspense.
   
   
    Rentrée littéraire 2010
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critique par Dominique




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Un vraiment beau roman!
Note :

    J’avais déjà aimé le premier livre de Katherine Mosby traduit en français: «Sous le charme de Lilian Dawes». J’ai également pris beaucoup de plaisir à la lecture de «Sanctuaires ardents» qui est en réalité son premier livre.
   
   Vienna est une jeune new-yorkaise, belle, intelligente, cultivée et particulièrement indépendante. Elle s’est installée avec ses enfants Willa et Elliott dans la grande maison de son mari, Willard Daniels, à Winsville, un village de Virginie où elle demeure l’étrangère, celle qui ne s’adapte pas. Quoi qu’elle fasse, elle déchaîne les commérages, les rancœurs et les passions. Ce qu’elle aime, ce sont les arbres, les livres, les animaux sauvages et surtout son Pur-Sang, cadeau de mariage qu’elle ne sait pourtant pas monter.
   
   Son mari l’abandonne très vite, la laissant seule avec ses enfants, deux adorables sauvageons, tendres et curieux mais aussi incompris et peu appréciés qu’elle, en raison de leur trop grande liberté.
   
    Les sanctuaires sont des lieux de refuge sacré créés pour se ressourcer et Vienna et ses enfants en ont créés beaucoup, idéalement, dans cet endroit trop terre à terre où on les repousse mais "Est-ce, au ciel, un crime, d’aimer trop fort?" (Alexander Pope, Phrase mise en exergue.)
   
   Malgré le sort qui s’acharne, ce n’est pas la tristesse qui s’est emparée de moi à la fin de ma lecture mais plutôt ce charme fou qui se dégage d’un récit infiniment attachant, comme le sont les personnages, cette sorte de grâce simple, tendre, précise et poétique à la fois qu’impose le style de l’auteur.
   
   Ce livre rejoint un autre coup de cœur auquel j’ai beaucoup pensé durant ma lecture : "Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur" de Harper Lee. Ce qui n’est pas peu dire.
   
   Un beau livre vraiment. Tous les lecteurs blogueurs l'ont aimé et ils sont nombreux. Je n'ai pas trouvé un seul avis un tant soit peu négatif.
   
   
   Titre original : Private Altars

critique par Mango




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