Lecture / Ecriture
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Un horizon de cendres de Jean-Pierre Andrevon

Jean-Pierre Andrevon
  Un horizon de cendres

Un horizon de cendres - Jean-Pierre Andrevon

Zombies!...
Note :

   Pour Halloween, j'ai choisi de verser dans un thème apocalyptique avec les zombies de "Zombies, un horizon de Cendres".
   
    Tout commence bien pour le narrateur, qui vit avec sa petite femme et leur charmante petite peste de fille. Monsieur travaille dans un crématorium, retrouve sa famille et son chien tous les soirs dans leur maison isolée, vivant un bonheur tranquille qui le satisfait pleinement.
   Un jour il croise un voisin qu'il croyait décédé, mais décide de ne pas y prêter attention. Puis un accident curieux se produit près du cimetière et l'oblige à prendre une autre route. C'est alors que la télévision commence à annoncer que les morts se réveillent et sortent de leur tombe. Le Président se veut rassurant, il n'est pas question de se montrer hostiles face à ces nouveaux venus qui semblent inoffensifs. Puis Belle-Maman (trépassée) débarque chez eux et se fait héberger, jusqu'au jour où elle se met à mordre sa fille et où le héros décide de la faire brûler. Les zombies commencent à roder autour de la maison et se montrent de plus en plus importuns. Partout, on commence à relever des signes d'agressivité. Lorsque les autorités et des milices se mettent à leur donner la chasse, on découvre que les bestioles en question sont increvables: même brûlées, disloquées, elles finissent toujours par se reconstituer, tandis que les squelettes retrouvent petit à petit leur chair et recouvrent la vue. Jusqu'à ce que le narrateur se pose une question: s'ils se mettent à penser, quelle différence y aura-t-il entre eux et les vivants?
   
   Rappelant "Je suis une légende" de Matheson (où le vampirisme est traité sous la forme d'une épidémie - roman sur la solitude), "Zombies, un horizon de cendres" offre ici une vision pour le moins cataclysmique du thème en question: assez rapidement, tous les humains se font décimer et rejoignent les rangs d'une armée de morts vivants; ici, tous les morts deviennent des zombies, chaque personne enterrée depuis des milliers d'années et plus encore parvenant progressivement à s'extraire de la tombe parfois très profonde dans laquelle elle gisait (à l'exemple du squelette qui un jour sort du garage du narrateur);  à la fin, il ne reste plus qu'une solution pour les deux derniers survivants: passer à leur tour de l'autre côté. Une page de l'histoire est tournée et, pour les centaines de milliers d'années à venir sans doute, les zombies auront remplacé les humains, disparus comme d'autres espèces avant eux.
   
   C'est un roman que j'ai beaucoup aimé, mais dont j'ai largement préféré la première partie, où peu à peu le changement s'opère entre la vie normale et la nouvelle réalité. Cette évolution rapide se fait par étapes que je trouve bien décrites et qui semblent plutôt réalistes. J'ai en revanche trouvé le récit un peu plus plat et plus classique lorsque le narrateur vit isolé et qu'il ne reste plus d'autre solution que le confinement et la lutte pour la survie. Dans l'ensemble, voilà un bon récit bien mené et agréablement écrit, à condition d'oublier les coquilles qui tout de même ne manquent pas (exemples:"il te juges" (p159), "ta femme est ta fille, elles sont où ?" (p158), "nous finiront par sortir" (p213 - éditions du Bélial, éditions qui par ailleurs ont l'air de proposer des textes vraiment intéressants).
   
   
   PS: a été réédité chez Pocket

critique par Lou




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