Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La blanchisserie de Tarjei Vesaas

Tarjei Vesaas
  La blanchisserie
  Les Oiseaux
  Le Palais de glace
  Nuit de printemps

Tarjei Vesaas est né le 20 août 1897 à Vinjem dans la très vieille province du Telemark, et il est mort le 15 mars 1970 à Oslo.
Ecrivain de langue néo-norvégienne (nynorsk). Son œuvre est dominée par les thèmes existentiels du Mal, de l'Absurde, ainsi que par l'omniprésence de la Nature. Elle se caractérise par une forte dimension symbolique et onirique.

La blanchisserie - Tarjei Vesaas

L'art de la tragédie
Note :

   Cet auteur norvégien moderne, considéré comme le maître à penser de la littérature nordique des années quarante à soixante, a sans doute été beaucoup bercé par les grandes tragédies grecques classiques.
   
   Voici qu’autour d’une blanchisserie, dont le symbole de la purification ne nous échappera pas, se nouent destins et fatalités.
   
   Tarjei Vesaas nous entraîne dans les affres du désir inassouvi, celui qui rend aveugle au point de vouloir la mort de celui qui aime l’être que l’on chérit sans pouvoir l’atteindre. Un lent et inexorable processus de pulsion destructrice se met en place. Il va entraîner dans son sillage tous les protagonistes, tous innocents, tous aveuglés par ce qu’ils croient et non ce qu’ils voient.
   
   Les étapes s’imbriquent mécaniquement l’une après l’autre comme celles qui conduisent à la purification du linge.
   
   Le livre se déroule presque intégralement de nuit, accentuant la furtivité des déplacements, la honte refoulée, le poids des doutes puis des convictions tranchées.
   
   Comme dans les tragédies classiques, le schéma que l’on croit tracé d’emblée va se ramifier pour nous entraîner de coups de théâtre en coups de théâtre. La rédemption se trouvera dans la mort de certains en présence de protagonistes du drame dont les exclamations ne sont pas sans rappeler celles des chœurs antiques.
   
   L’auteur sait nous tenir en haleine en utilisant au départ une intrigue faite d’un tout petit rien. Mais c’est compter sans la passion des hommes et notre capacité à ne voir que ce que nous désirons voir, triant les faits pour ne retenir que ceux qui soutiennent nos théories.
   
   Ce roman traite efficacement et poétiquement de la rédemption, de la nécessité de se sacrifier pour se purifier. Un roman tragique et bouleversant.
   
   Dommage que la traduction ne soit pas tout à fait à la hauteur. On la sent un peu trop scolaire.
   
   Un livre original à découvrir si vous aimez fréquenter les chemins de traverse.

critique par Cetalir




* * *