Lecture / Ecriture
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Troisième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud

Patrick Rambaud
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  Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier
  Cinquième chronique du règne de Nicolas Ier
  Tombeau de Nicolas Ier et avènement de François IV
  Le Maître

Patrick Rambaud, né à Paris le 21 avril 19461 est un écrivain français né en 1946.
Il a obtenu, en 1997, le Prix Goncourt ainsi que le Grand prix du roman de l'Académie française pour "La Bataille".
Il a été élu membre de l'Académie Goncourt en 2008

Troisième chronique du règne de Nicolas Ier - Patrick Rambaud

Nicolas Ier au pays des ploucs
Note :

   La première chronique narrait l'installation de notre Somptueux Leader à la tête de l'État; la deuxième racontait l'arrivée de la comtesse Bruni dans la vie du Prince; la troisième se fera un plaisir de vous faire découvrir la troisième année du règne de notre Virevoltant Souverain, marquée, bien entendu, par la fameuse Crise, et par l'arrivée au pouvoir, outre-Atlantique, d'un certain M. Obama, qui fit si grande impression sur notre Sautillant Monarque que sa vie et sa façon de gouverner s'en trouvèrent changées à jamais. Durant cette année, Nicolas Ier prit aussi la direction de la Confédération des États d'Europe, et se montra particulièrement époustouflant lorsque le Tzar Poutine décida d'envahir la Géorgie, qui ne lui avait pourtant rien fait. Et que dire de ces visites à la rencontre du peuple, dans des usines fermées pour l'occasion, avec des rencontres d'ouvriers triés sur le volet et soigneusement mises en scène? Bien sûr, tout n'est pas rose dans la vie de notre Egotiste Majesté: les contestations populaires augmentent, les États voisins se rient de lui, M. Obama lui-même ne lui prête aucune attention, malgré tous ses efforts, les colonies se révoltent... Heureusement, le duc de Guaino, ses albums de Tintin (auxquels se résume sa connaissance de la politique internationale) sous le bras, veille au grain...
   
   Enfin, la parution de ce troisième opus des aventures de Nicolas Ier au pays des ploucs! Il était temps. Quelle joie de retrouver le verbe haut et délibérément satirique de Patrick Rambaud, ses analyses toujours fines et argumentées, ses personnages hauts en couleurs (ne manquez pas une nouvelle description du Duc de Kouchner et de ses sacs de riz, ainsi que celle de la Comtesse Dati qui affiche un sourire photogénique même lorsqu'elle visite une prison où un jeune détenu s'est suicidé...) et son style irréprochable, toujours dans la lignée des grands moralistes du XVIIe!
   
   Un ouvrage que l'on dévore le sourire aux lèvres, même si c'est un sourire un peu désabusé, tant Rambaud voit juste dans les travers du Souverain... Le propos de l'auteur est d'ailleurs encore plus percutant grâce à cette absence de virulence explicite, d'antinicolisme primaire, comme il le dit si bien, précisément parce qu'il a choisi de se concilier le lecteur par un éclat de rire complice. On ne regrette qu'une chose, c'est que ces chroniques ne soient pas hebdomadaires, tant elles apportent un regard ironique et décalé sur les absurdités de la politique actuelle (Rambaud n'épargne personne et n'est pas tendre non plus à l'égard de la Duchesse des Charentes et du Duc de Francfort Cohn-Bendit).
   
    Bien sûr, ce ne sont pas des livres que l'on prendra plaisir à relire dans dix ou vingt ans, mais c'est aussi ce qui fait leur force, puisque aujourd'hui nul ne parle plus du scandale que fut en son temps le train de vie du Château, des phrases malheureuses concernant Zapatero ou Merkel, de l'affront fait à la Reine d'Angleterre que Nicolas avait oubliée d'inviter à la commémoration du Débarquement, tant il était obnubilé par Obama...
   
   A lire d'urgence, tant que les événements sont encore frais dans notre mémoire, car Rambaud se contente parfois de simples allusions, afin de pouvoir goûter au mieux la saveur de ce pamphlet jubilatoire!
   
   
   PS: En poche en janvier 2011, au moment de la sortie du tome 4 en édition brochée.
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critique par Elizabeth Bennet




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Période 2008 – 2009
Note :

   C’est fou ce que le quinquennat de Nicolas Ier (dernier j’espère surtout) vieillit vite et s’estompe tragiquement. Chassez le bouffon et il ne revient pas au galop.
   
   On n’en revient pas de repasser les évènements fidèlement retracés sous la plume de Patrick Rambaud, toujours dans le même style "Empire", avec des "pseudos" pour l’instant encore aisément décodables mais dont on devine que dans dix, vingt ans, si d’aventure l’ouvrage est republié, il faudra une foultitude de notes de bas de page pour expliquer qui sont "Le Duc de Francfort", "La princesse Rama", "La Duchesse de Saint-Jean-de-Luz"... On devine même qu’à certaines pages, les notes de bas de pages pourraient prendre la moitié de la page... Une exégèse dans l’exégèse...
   Des histoires dont on se souvient, des anecdotes qu’on connaissait à peine, des bons mots... il y a le choix! Comme celui-ci :
   "Notre Précieux Leader considérait ses courtisans comme les légumes de son potager, bien alignés, silencieux, calibrés, disponibles, dépendants de son vouloir, juste faits pour la soupe. A ce propos, une histoire se colportait dans les coulisses du Château. Le Prince était à table avec des ministres et des élus quand le maître d’hôtel lui demanda :
   Que voudra Sa Majesté pour le déjeuner?
   Un steak.
   Et pour les légumes, Sire?
   Le Prince passa lentement les yeux sur toute la compagnie :
   Des steaks aussi."

   Il y aura aussi le départ de l’affaire de Tarnac, l’histoire de Julien Dray, l’accouchement de la baronne d’Ati, sa disgrâce..., l’avènement d’Obama, la haine naissante de Sarko 1er à son endroit, la Duchesse de Lorraine :
   "- Prenez modèle sur la Duchesse de Lorraine.
   - Mme de Morano?
   - Oui, car elle sait capter l’attention par ses foucades, ses mimiques, ses intonations, et ainsi elle existe, même si personne n’a retenu ce qu’elle a dit et qui ne compte pas. Vous me suivez?
   - Sans doute, grand gourou. Pour qu’un discours porte il faut y mettre de la gouaille.
   - Parfait! Vous pouvez même y rajouter un brin de vulgarité, ou de grossières fautes de langage comme Sa Majesté, laquelle piétine la syntaxe, afin que votre auditoire soit rassuré en vous entendant parler un français aussi boiteux que le sien.
   - Mais nos discours...
   On vous mijotera au Château la seule phrase qui devra se maintenir, au moins deux jours, et fleurira dans les gazettes ; le reste n’est que babil et habillage."

   
   Tout est dit, non?
   
   Cette "Troisième chronique" se termine sur le malaise survenu lors d’un footing aventureux en pleine canicule à Versailles...

critique par Tistou




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