Lecture / Ecriture
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Le magot de Mado de Jean-Paul Birrien

Jean-Paul Birrien
  Le magot de Mado

Le magot de Mado - Jean-Paul Birrien

Mise à SAC
Note :

   Voici un livre tout indiqué si vous souhaitez vous divertir, sans vous prendre la tête, pendant les trois heures que prendra la lecture de ce roman policier sans prétention mais original et truculent.
   Retour aux années soixante-dix, celles d’avant la crise, celles du septennat de Georges Pompidou dans une France encore sous l’ombre de De Gaulle qui vient de s’éteindre et des dérives d’un pouvoir souvent totalitaire et assez policier.
   
   Mado, une jeune femme coiffeuse de son état, vivait jusqu’ici une vie sans histoire. Mais voilà, elle a rencontré Max, un bel homme d’une quarantaine d’années, au style de vie flamboyant et qui lui fait l’honneur de s’intéresser à elle. Malgré les conseils de ses amies qui trouvent bien étrange le comportement de ce Max dont on ignore à peu près tout, elle en est tombée éperdument amoureuse, même après que Max, sorti de prison, se soit installé chez elle et mis à vivre des fruits du petit héritage de Mado.
   
   Max, c’est le roi de l’embrouille, le proxénète qui lève des oies blanches pour les revendre à des réseaux de prostitution. Aussi, quand un petit mafieux va le brancher sur le hold-up d’une banque de Neuilly-sur-Seine, dans une rue calme et peu fréquentée, Max va flairer le coup sans risque.
   Grave erreur, car le braquage va mal tourner et Max va se retrouver, malgré lui, avec une valise pleine des billets qui proviennent des pots de vin du marché de l’immobilier francilien, dûment organisés par le SAC, l’ex service d’ordre musclé du Général. Une véritable fortune destinée au financement occulte de l’UDR. Une affaire explosive qui peut apporter la fortune ou la poisse totale.
   Quand Max se fait coffrer pour une affaire de faux paris hippiques peu après le braquage, il n’aura d’autre recours que de mettre Mado, la naïve, la fille au cœur d’or et sans malice, dans la confidence. Et Mado de se transformer malgré elle en receleuse, sans comprendre ce qui lui arrive. Il lui faudra quitter la capitale pour venir s’installer dans un village lugubre et paumé du centre Bretagne, Bourvillec, où sa tante lui a laissé une demeure en héritage et où Max lui demande de planquer le fric.
   Commence alors une course poursuite pleine de rebondissements entre les gros bras du SAC, les RG et la police judiciaire car un inspecteur ambitieux ne croit pas, dès le départ, à la version livrée par le banquier braqué.
   Au fur et à mesure que les cadavres s’accumulent et que l’étau se resserre autour de Max puis de Mado, notre brave inspecteur se verra conforté dans son analyse. Pourtant, Mado la naïve et généreuse jeune femme, va en surprendre plus d’un à Paris comme en pleine Bretagne agricole, embarrassée qu’elle est avec une malle pleine de billets de cinq cents francs qui lui pèse sur la conscience.
   
   Tout cela est très bien fait, nous fait replonger dans les années sombres d’une politique pas très propre. Grâce au personnage de Mado, assez inhabituel dans l’univers du roman policier, JP Birrien marque son livre d’une touche de profonde humanité et tendresse dans un monde où la mort, le pouvoir et l’argent s’entremêlent de façon fétide.

critique par Cetalir




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