Lecture / Ecriture
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La Petite Pièce Hexagonale de Yôko Ogawa

Yôko Ogawa
  La piscine
  La grossesse
  La formule préférée du professeur
  Les abeilles
  Les paupières
  Tristes revanches
  La Bénédiction inattendue
  Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie + un thé qui ne refroidit pas
  La marche de Mina
  L'annulaire
  Une parfaite chambre de malade
  La mer
  Cristallisation secrète
  Amours en marge
  Les tendres plaintes
  La Petite Pièce Hexagonale
  Le musée du silence
  L'hôtel Iris
  Parfum de glace
  Manuscrit zéro
  Les lectures des otages
  Petits oiseaux
  La Jeune fille à l'ouvrage
  Instantanés d'Ambre

Yōko Ogawa (小川洋子°) est une écrivaine japonaise née en 1962.
Elle a obtenu:
Le Prix Akutagawa pour "La Grossesse" en 1991
Le Prix Tanizaki
Le Prix Izumi
Le Prix Yomiuri
Le Prix Kaien pour son premier court roman, "La désagrégation du papillon"


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La Petite Pièce Hexagonale - Yôko Ogawa

Confessions intimes
Note :

   Scène 1 : Les vestiaires de la piscine. Midori est assise sur le canapé. Elle attend une autre nageuse plus âgée. Midori est calme, elle est d’une banalité remarquable, elle semblerait presque s’effacer parmi les objets qui l’entourent. Et pourtant, voici une jeune femme attirée par elle, trouvant Midori intrigante, comme enveloppée d’une aura mystérieuse.
   
   Scène 2 : la jeune femme suit Midori et découvre que celle-ci détient une sorte de meuble que l’on nomme la petite pièce hexagonale. Qu’y fait-on? Quelles impulsions étranges poussent des inconnus à verser de l’argent à Midori pour entrer dans la cabine?
   
   Suite : la narratrice découvre le mystère de la petite pièce hexagonale et noue des liens privilégiés avec Midori et son fils. Elle sait pourtant que cela ne pourra durer éternellement.
   
   
   Difficile de présenter l’histoire sans dévoiler l’essentiel, car peu d’éléments viennent perturber ce récit tout en continuité. Comme toujours chez Ogawa, l’introspection, la patience et un certain détachement des personnages sont de mise. L’histoire pourrait sembler a priori bizarre; c’est à cette atmosphère étrange que l’on sait reconnaître immédiatement l’univers si particulier de l’auteur.
   
   Au final, la Petite Pièce Hexagonale est une lecture agréable et facile. La narration semble couler de source, les personnages secondaires manquent de relief mais parviennent ainsi à mettre en avant les préoccupations du personnage principal. On retrouve sans difficulté le style doux et poétique d’Ogawa, qui contraste si bien avec les thèmes dérangeants que cet auteur choisit.
   
   Je dois avouer que ma préférence va à ses livres plus sombres, ceux où l’élément le plus troublant vient perturber le récit alors que tout semblait naturel. J’ai été moins convaincue par ce livre-là, bien que la thématique choisie soit intéressante. Ogawa aime flirter avec la banalité et les pensées obscures. Cependant, la routine décrite ici efface en partie l’étrangeté du récit. Moins enthousiaste, j’ai cependant apprécié la façon dont l’auteur nous dévoile les pensées les plus intimes de la narratrice, avec pudeur, tout en finesse.
   ↓

critique par Lou




* * *



Elle parle et parle encore
Note :

    Résumé
   
   "Dans les vestiaires d'une piscine, une jeune femme est soudain attirée par une inconnue pourtant banale, effacée et silencieuse. Quelques jours plus tard, elle croise à nouveau l'inconnue qui marche dans la rue accompagnée d'une vieille dame et, fascinée, elle les suit à travers la ville jusqu'à une loge de gardien au milieu d'un parc. À l'intérieur, les deux femmes sont assises sur des chaises, elles semblent attendre leur tour. La plus âgée se lève, entre dans une haute armoinre hexagonale: la petite pièce à raconter..."

   
   
   Commentaire

   
   C'est là ma première rencontre avec Yoko Ogawa. J'en avais beaucoup entendu parler et je m'attendais à lire un truc complètement dérangeant, complètement déstabilisant. Eh non... J'ai apprécié ma lecture mais je m'attendais à totalement autre chose. Disons que j'ai été surprise d'une autre façon!
   
   Avec ce court roman, je suis entrée dans une métaphore bien intéressante où le personnage principal compose difficilement avec certains événements de sa vie et est affligée d'un mal de dos. Malgré les traitements (la machine à étirer suffirait à elle seule à me donner mal partout, juste à la voir) et les séances de piscine, rien n'y fait. Elle ne comprend pas trop pourquoi elle est attirée par Midori, femme quelconque qu'elle croise dans le vestiaire (j'avoue qu'au début, j'ai pensé que le vestiaire de la piscine était la pièce hexagonale en question... ou le sauna de la dite piscine... bref, je m'imaginais toutes sortes d'affaires, plus ou moins racontables!!). 
   
   Finalement, sans trop savoir comment, sans trop savoir pourquoi, en se perdant à chaque visite, elle parle et parle encore dans la - vraie - petite pièce hexagonale, gardée par Midori et Yuzuri. Les références à la psychanalyse sont assez claires et présentes un peu partout dans le roman (c'est mon thème de la semaine, faut croire) et ce conte métaphorique nous emmène avec la narratrice dans ce voyage hors du temps, à l'intérieur d'elle-même. Pas vraiment de fantastique ici, rien de vraiment bizarre. Juste un univers un peu mystérieux, presque éthéré. 
   
   J'ai beaucoup aimé la façon dont les mots coulent presque tout seuls. Impossible de manquer le fait qu'on est dans un roman japonais. J'ai nettement l'impression que dans les romans écrits en japonais, la traduction est pour beaucoup dans le résultat final en français et dans ce cas-ci, j'ai vraiment apprécié. 
   
   Bref, même si je m'attendais à un petit quelque chose de plus, de surprenant, il n'en reste pas moins que Yoki Ogawa est une auteure que je lirai certainement à nouveau. Reste à savoir avec quel titre poursuivre!

critique par Karine




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