Lecture / Ecriture
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Les jeux sont faits de Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre
  Les mots
  La Nausée
  Les jeux sont faits

Jean-Paul Sartre est un écrivain de langue française, philosophe engagé dans le siècle, également dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste. Né en 1905 à Paris, il est mort en 1980 dans cette même ville. Écrivain prolifique, il est autant connu pour son œuvre, et notamment sa philosophie appelée l'existentialisme, que pour son engagement politique à gauche1. Sartre était le compagnon de la philosophe et femme de lettres Simone de Beauvoir.
(Wikipedia)

Les jeux sont faits - Jean-Paul Sartre

On ne reprend pas son coup
Note :

   Eve est une jeune femme qu’André a épousée pour sa dot. Elle meurt, empoisonnée par lui, sous les yeux horrifiés de Lucette, sa sœur. Pendant ce temps, Pierre, partisan de la liberté, fomente une insurrection contre le Régent et sa milice. Mais un traître stoppe tous ses projets en l’assassinant. Eve et Pierre se relèvent et leurs destins vont se croiser. Jusqu’à l’inexorable…
   
   Cette lecture fut pour moi un vrai coup de cœur. Il y aurait tant à dire sur cette belle œuvre, notamment sur un plan philosophique. Je m’en tiendrai à l’aspect littéraire et à mes ressentis.
   
   Cette œuvre est un scénario qui a été conçu en 1943 et publié pour la première fois en 1947. J’ai beaucoup apprécié ce genre: le style est dépouillé, sobre, efficace et va à l’essentiel. Les descriptions sont sommaires, les dialogues nombreux. On peut sans peine imaginer les scènes du film qui en a été tiré en 1947 (réalisé par Jean Delannoy, avec Micheline Presle et Marcel Pagliero). Les diverses scènes, titrées par le lieu où elles se déroulent, sont courtes, ce qui donne du souffle et un rythme intéressant à l’œuvre.
   
   J’ai notamment beaucoup aimé le début quand Sartre met en place l’intrigue: il sait prendre le temps de décrire la situation initiale des deux principaux protagonistes puis de montrer le croisement de ces deux destinées. Sartre a écrit une véritable partition réglée au millimètre près. Les événements s’enchaînent selon une progression savamment pensée jusqu’au final éblouissant de tragédie.
   
   J’ai apprécié la noirceur de l’œuvre qui dépeint l’après vie: Sartre a-t-il voulu décrire un enfer? Je rapproche le thème de «Les jeux sont faits» d’une BD que je lis actuellement: «Purgatoire» de Chabouté où on donne l’occasion au héros décédé brutalement de racheter ses fautes passées en devenant la conscience éclairée des vivants. On pourrait aussi faire un lien avec le célèbre «Huis clos» de Sartre qui donne une vision désespérée de l’enfer.
   
   Le titre de l’œuvre délivre le message de l’auteur: «Les jeux sont faits»:
   « - Et vous deux… Vous n’avez pas… ? fait le vieillard.
   Non, réplique Eve, non, nous n’avons pas… Les jeux sont faits, voyez-vous. On ne reprend pas son coup » (p. 162).

   
   Même si on vous donne une deuxième chance, même si la vie peut vous sourire une deuxième fois, les jeux sont faits: on ne peut revenir en arrière, la mort vous rattrape fatalement, inexorablement.
   
   Un beau livre qui nous fait réfléchir à l’amour, la mort, les illusions de la jeunesse, la liberté, la révolte. Un livre court, au style ciselé et sobre, qui se dévore d’une traite. Une histoire originale et une fin bouleversante.

critique par Seraphita




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