Lecture / Ecriture
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Rapport sur moi de Grégoire Bouillier

Grégoire Bouillier
  Rapport sur moi

Rapport sur moi - Grégoire Bouillier

Etrange opuscule
Note :

   Prix de Flore 2002
   
   Etrange petit opuscule de 159 pages que ce rapport sur Grégoire BOUILLIER, établi par le même Grégoire BOUILLIER.
   Ca commence comme ça :
   "J'ai vécu une enfance heureuse.
   Un dimanche après-midi, ma mère surgit dans notre chambre où mon frère et moi jouons chacun dans notre coin : "Les enfants, est-ce que je vous aime?" Sa voix est intense, ses narines fantastiques. Mon frère répond sans ambiguïté. J'hésite à me lancer du haut de mes sept ans. J'ai conscience de l'occasion et, en même temps, je redoute la suite. Je finis par murmurer : "Peut-être que tu nous aimes un peu trop." Ma mère me regarde avec épouvante. Elle reste un instant désemparée, se dirige vers la fenêtre, l'ouvre avec violence et veut se jeter du cinquième étage ..."

   
   Une enfance heureuse, donc.
   
   La suite ne le sera pas moins. Pas moins compliquée, et pas moins "heureuse". Dans des digressions qui sautent le temps, reviennent à l'enfance et qui mélangent allègrement toutes les époques de sa vie, G. BOUILLIER nous fait donc rapport de sa vie, enfin des évènements qui ont structuré, orienté sa vie. De petits bouts tendres, et d'autres d'une impudeur totale, sauf à considérer que, quand même, nous sommes en présence d'un roman, et qu'un roman, somme toute, c'est aussi (d'abord?) de la fiction.
   
   Il se permettra une amusante mise en perspective des évènements marquants de sa vie avec "l'Odyssée". Ca fait un peu penser à ces personnes qui lisent attentivement leur horoscope tous les jours et qui trouveront toujours à raccrocher des évènements de la journée à ce qui leur a été prédit.
   
   C'est bien écrit, dans un style dépouillé et direct. Ca se lit très vite. On peut rester songeur sur la limite que chacun place de l'indicible. J'ai en tête ce que disait Mingarelli sur ce qu'il n'a pas pu dire, qu'il n'a pas pu écrire, et manifestement, G. BOUILLIER ne place pas la frontière de l'indicible au même niveau.

critique par Tistou




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