Lecture / Ecriture
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L'absence de Blanca de Antonio Muñoz Molina

Antonio Muñoz Molina
  Cordoue des Omeyyades
  Beatus Ille
  Le vent de la lune
  Fenêtres de Manhattan
  L'absence de Blanca
  Pleine lune
  Comme l’ombre qui s’en va

Ecrivain espagnol né en 1956 et habitant New York. Il est marié à une écrivaine : Elvira Lindo.

Il a fait des études de journalisme et d’histoire de l’art et a publié son premier roman ("Beatus Ille") en 1986.

Il a publié pour le moment plus d’une douzaine de romans et s’est vu attribuer de nombreux prix littéraires.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

L'absence de Blanca - Antonio Muñoz Molina

« ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre» *
Note :

   Encore une occasion de découvrir, pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore malgré les recommandations réitérées de Cetalir, cet extraordinaire auteur espagnol contemporain qu’est Antonio Munoz Molina.
   
   Comme souvent chez lui, c’est un couple en crise qui est mis en scène. Mario, petit fonctionnaire sans ambition dans une petite ville de province, homme sans histoire et sans relief autre que sa gentillesse, partage sa vie entre son travail sans intérêt et sa femme, Blanca.
   
   Blanca est tout le contraire de Mario: flamboyante, cultivée, branchée et introduite dans le milieu culturel local et national. Elle fut la maîtresse d’un peintre qui connut son moment de gloire.
   
   Après quelques années de vie commune, Blanca va partir laissant Mario abasourdi.
   
   L’auteur use d’un subtil subterfuge littéraire pour nous interpeller sur la femme que Mario retrouve, en cette fin d’après-midi, dans son appartement.
   
   Elle a l’allure de Blanca mais, à de multiples petits détails, Mario constate que ce n’est pas Blanca. L’inflexion de la voix a changé, la poitrine est plus généreuse, la démarche plus souple. Non, ce ne peut être Blanca.
   
   Qui est donc cette nouvelle femme? Une femme de chair qui a pris la place de l’aimée une fois la période deuil faite ou bien une femme rêvée, clone idéalisée, poli, lisse de l’autre qui s’est enfuie?
   
   Cette interrogation va tarauder Mario, et le lecteur, tout au long de ce court roman et, bien évidemment, aucune réponse claire ne nous est apportée.
   
   Le roman prend une forme circulaire: il se termine là où il a commencé, dans l’appartement de Mario et surtout dans sa tête, face à cette femme réelle ou hypothétique.
   
   Entre temps, nous aurons fait la connaissance de Blanca et l’aurons découverte sous ses aspects séduisants et repoussants, femme attirante et dangereuse, feu follet incapable de s’attacher, proie de ses propres doutes, adulte incapable de s’assumer. Mais la passion aveugle et gomme toutes les aspérités jusqu’à nous faire douter de l’existence d’une remplaçante à Blanca.
   
   Munoz Molina signe ici un roman majeur par la force du style, le brio de la langue, la maîtrise du procédé littéraire en nous menant sans jamais défaillir ni faiblir sur le fil du rasoir du doute.
   
   A lire de toute urgence!
   
   
   * Verlaine: Mon rêve familier

critique par Cetalir




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