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Beowulf - Collectif

Fate goes ever as fate must
Note :

   Comme vous avez pu le constater depuis le temps que nous nous fréquentons, chers happy few, je suis toujours à la pointe de l'actualité littéraire, la preuve, je viens de passer deux jours en compagnie d'un fier guerrier dont l'histoire a été rédigée entre le milieu du VIIème et la fin du Xème siècles (car oui, j'aime les auteurs morts, ça évite que leur malheureux ego se sente malmené par mes modestes billets et qu'ils ne m'envoient des mails pleurnichards): "Beowulf".
    
   Premier poème épique britannique (parce qu'il est écrit en anglo-saxon), long de plus de trois mille vers, "Beowulf" raconte comment le héros éponyme, valeureux héros appartenant au peuple des Geats, tribu du sud de la Suède, a pris la mer avec quelques hommes afin d'aider le roi danois Hrothgar à se débarrasser d'un monstre mangeur d'hommes, Grendel, qui semait la terreur depuis quelque temps. Beowulf vainc Grendel assez facilement (on est héros ou on ne l'est pas) pour découvrir que le monstre avait une mère, qui, peu contente du sort réservé à sa progéniture, a décidé de se venger. Comme rien n'arrête un guerrier loyal à sa parole, Beowulf combat la mère, rentre chez lui couvert de gloire et règne sur les Geats pendant cinquante ans, jusqu'à ce qu'un dragon dévaste ses terres et qu'il reprenne du service.
    
   J'ai eu envie de lire "Beowulf" suite aux discussions échevelées que ce poème médiéval a suscité entre les participantes d'un Challenge Tolkien (c'est grâce à lui que ce poème est devenu autre chose qu'une base d'étude philologique et on retrouve quelques éléments de l'histoire dans "Le seigneur des anneaux"), et bien m'en a pris, chers happy few, tant j'ai été conquise non pas tant par l'histoire, très classique, que par l'atmosphère très particulière de ce long poème, à la mélancolie presque élégiaque et par la fabuleuse traduction anglo-saxon/anglais de Seamus Heaney dans l'édition que j'ai lue . Ce dernier a en effet fait le choix de restituer la forme poétique de l'original (présent dans cette version bilingue, mais je ne parle hélas pas un mot d'anglo-saxon, même si je me suis amusée à retrouver quelques mots): la version en anglais moderne est rédigée en vers d'une incroyable beauté qui ne sont peut-être pas toujours totalement fidèles à l'original (Heaney s'en excuse dans les remerciements) mais qui sont d'une brillante musicalité. J'ai été totalement conquise par l'adaptation de ce long poème à la gloire d'un héros vertueux et loyal, qui voit son monde s'écrouler après cinquante ans de paix, chers happy few. Il s'agissait de isbn 9782253082439 "Beowulf, A new verse translation" by Seamus Heaney, édition bilingue (anglo-saxon/anglais), Norton, 2000.
   
    Mais il existe une version française dont vous voyez ici la couverture.
    ↓

critique par Fashion




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Long poème ancien
Note :

   Présentation de l'éditeur :
   
   "Écrit en vieil anglais aux environs de l'an mil, "Beowulf" est le plus ancien long poème héroïque qui nous soit parvenu intégralement dans une langue européenne autre que le latin.
   Prince modèle, Beowulf affronte des forces mauvaises, ogres et dragons. La société décrite, et vérifiée par l'archéologie, est païenne, mais le poème est chrétien. La célébration en anglais d'un héros scandinave, l'éloge d'un prince païen par un poète chrétien, le mélange de fabuleux et d'historique, le style délibérément traditionnel expliquent la fascination exercée par ce chef d’œuvre, dont la valeur a été reconnue au XIXe siècle et la leçon de courage réaffirmée en 1936 par Tolkien."
   

   
    Commentaire :
   
   Je réalise en écrivant ce billet que si j'avais pris la peine de lire la présentation de mon édition (en français), j'aurais ainsi évité de déranger les copines avec maintes questions Beowulfo-existentielles ces derniers jours. En effet, j'étais un peu perplexe quand j'ai vu apparaître soudainement Dieu dans les aventures de païens scandinaves (la conversion est ma foi fort spontanée... et étonnante)... et je me suis longuement questionnée sur l'oralité du truc. Ça, c'est après avoir réalisé que non, Beowulf n'était pas le dragon - qui n'a pas de nom - et que non, il n'avait pas une tête de loup et qu'encore non, ça ne se passait pas dans une forêt profonde. Je sais, mon inculture fait parfois peur. Par contre, si je n'avais pas posé ces questions, nous n'aurions pas dévié sur la description de membres divers et variés tels que décrits en train de brûler et sur les errements de la monarchie pendant certains bals... et j'aurais manqué quelques fous rires.
   
   Mais revenons à ce poème, que j'ai finalement fini par lire 3 fois, dans trois traductions et deux langues différentes. Parce que non, je ne lis pas le vieil anglais, je me suis contentée de reconnaître quelques mots au passage (et j'en étais d'ailleurs très fière, on ne se refait pas).
   
   Ce poème, bien qu'ayant été écrit en anglais, raconte la légende de Beowulf (le guerrier, pour ceux qui comme moi n'auraient pas suivi), un héros nordique, un Goth, plus précisément. Le poème s'inscrit dans la tradition héroïque et chaque personnage est le "fils de" quelqu'un. On sent l'importance du clan, de la lignée, et on porte aux nues l'héroïsme de Beowulf, qui commence l'histoire en tant que jeune guerrier sans peur et qui la termine en roi sage mais toujours aussi courageux. J'ai adoré l'atmosphère intemporelle, où se mêlent l'histoire, les trésors fabuleux et les bestioles mythologiques. Bien entendu, que ce soit contre les ogres ou les dragons, les combats sont ma foi assez improbables et par le fait même assez réjouissants.
   
   C'est une lecture très abordable, qui m'a tout de même forcée à m'y arrêter et à choisir mes moments de lecture. En effet, même en traduction, je voulais tenter de profiter de l'aspect "poésie" du texte et pour ce faire, je dois le "lire fort" dans ma tête (je sais, je suis d'une clarté effarante). Car ici, la forme importe autant que l'histoire, qui pourrait être résumée en quelques lignes, en fait. Et ceci a eu pour effet de m'imaginer dans une grande salle où un guerrier, barde ou autre homme de l'époque me contait ces histoires de héros. Le style reste simple, même s'il est rempli d'images et de métaphores et on va à l'essentiel, de là la sensation d'oralité du récit. Bon, j'ai lu par la suite qu'il n'y avait pas consensus à ce sujet (un poème d'un seul poète ou tradition orale?) mais dans mon petit cœur de profane littéraire, je préfère penser que j'ai pu lire ce que les guerriers de l'époque entendaient lors des banquets. C'est beau, l'imagination, hein.
   
   Bien entendu, impossible de ne pas remarquer l'influence du poème sur l’œuvre de Tolkien. Comme je suis moins connaisseuse que certaines (que je ne nommerai pas, mais qui se reconnaîtront) à ce sujet, je n'avais pas tout vu mais la scène d'ouverture, et la scène du dragon... impossible de ne pas y voir de ressemblances.
   
   Je dirais également que si la version française est beaucoup plus facile d'accès, il y a un rythme et une poésie dans la traduction anglaise que je n'ai pas retrouvée en français. J'aime. Je me sens toujours privilégiée quand je peux lire ces récits tellement anciens qu'ils semblent faire partie de l'histoire du monde.
   
   J'aime tellement que j'ai commandé une réécriture du point de vue de Grendel, écrite il y a un bon moment, déjà. Quelqu'un l'a lue?
    ↓

critique par Karine




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Dans la traduction de Jean Queval
Note :

   Ce fabuleux poème, une épopée en fait, est le seul texte intégral jamais publié dans une langue germanique, de tradition orale, qui fut vraisemblablement élaboré au VIIe siècle (mais peut-être est-il antérieur) avant d'être fixé par écrit au Xe siècle par des scribes saxons. Pour cette raison, "Beowulf" appartient à la littérature anglo-saxonne bien que ses racines puisent dans le monde viking.
   
   Le livre se divise en deux parties. La première est consacrée à l'étude de l’œuvre par Jean Queval, dont le travail de traduction est superbe. La seconde est le poème proprement dit.
   
   L'épopée de Beowulf prend place dans le Gotaland actuel puis au Danemark où le héros se rend afin d'y tuer le monstre Grendel qui terrorise le peuple du roi Hrothgar depuis douze hivers. Le monstre épouvantable qui dévore ses victimes trouve enfin son maitre, et dans sa fureur, le guerrier Goth anéantit également la mère du monstre, ce qui n'est pas le moindre de ses exploits. De retour au pays, le destin de Beowulf sera scellé dans un ultime affrontement avec un dragon, gardien d'un trésor.
   
   On y retrouve évidemment les caractéristiques propres aux mythes scandinaves et notamment cette notion de fatalité toujours liée au royaume d'Odin. Le héros, bien qu'accomplissant de grands exploits, ne prétend à aucun moment à l'immortalité. Il acceptera sa mort à l'heure venue. L'introduction de Queval est certes intéressante, mais je ne peux qu'encourager les futurs lecteurs à s'intéresser également à l'Edda poétique ou quelques ouvrages de vulgarisation sur les sagas scandinaves (de Régis Boyer par exemple) afin d'accéder à une meilleure compréhension de l’œuvre. Il serait dommage en effet de ne voir en Beowulf qu'un conte fantastique, qui servit de modèle à Tolkien ou Borges. A propos de Tolkien, pour creuser un peu plus le sujet, il faut lire son essai sur Beowulf dans l'ouvrage intitulé "Les monstres et les critiques et autres essais" chez Christian Bourgois.
   
   Lorsque les scribes traduisirent la légende, ils y incorporèrent logiquement les références à la religion chrétienne. Beowulf invoque Dieu, et non Odin. Il est malheureux de voir que tant d'épopées, de lais ou de poèmes épiques ont été dénaturés par les traducteurs chrétiens de la première heure qui ont cru bon d'éradiquer les référence païennes de ces textes anciens ; nous y perdons une certaine forme de beauté.
   
   Beowulf ne s'adresse pas qu'aux étudiants d'université, aux linguistes ou autres sommités, mais aussi aux amoureux des mythes. Beowulf est l'un des fondements littéraires du nord de l'Europe, et au même titre que la légende Arthurienne, ou la chanson des Nibelungen.
   
   Je n'ai vu aucune adaptation cinématographique, mais la version animée de Robert Zemekis (avec un scénario de Nail Gaiman) me tenterait bien. Il parait aussi que le film de Sturla Gunnarsson, avec Gerard Butler, mérite le détour.
   
   Par ailleurs, je n'ai pas eu le temps de chercher les sources du "13ème guerrier" de Michael Chrichton, mais cela semble très proche de "Beowulf". je n'ai pas lu le bouquin mais vu le film que j'ai adoré.

critique par Folfaerie




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