Lecture / Ecriture
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La nuit de Fort-Haggar de Stéphane Héaume

Stéphane Héaume
  Le contemplateur
  La nuit de Fort-Haggar
  L'insolite évasion de Sebastian Wimer
  Le Clos Lothar

Stéphane Héaume est un écrivain français né à Paris en 1971.

La nuit de Fort-Haggar - Stéphane Héaume

Première rencontre ratée
Note :

   Première rencontre avec cet auteur qui fait parler de lui depuis 2002 en ramassant quelques prix au passage. Dans ce cas, on ouvre toujours le roman en se disant qu’il devrait nous révéler une surprise, une petite ou grande joie littéraire. Force est malheureusement de dire que nous avons été extrêmement déçus par ce récit aussi invraisemblable que mal ficelé. Quand on combine la pauvreté des dialogues, fort nombreux au demeurant (ce qui allège la peine), avec un style qui manque autant de conviction que de souffle, qu’on y greffe une histoire à faire peur à un mauvais scénariste hollywoodien, que chaque rebondissement semble presque cousu d’avance, on obtient un récit qui frise le zéro pointé. On ne croit pas une seconde à cette intrigue et ce n’est pas l’écriture, plate et quelconque de Monsieur Héaume, qui va la sauver.
   
   Voici en quelques lignes de quoi il retourne.
   
   Julia Schlick, photographe de presse, se fait enlever par un improbable cavalier surgi de nulle part. Elle se retrouve entre les mains d’un mystérieux avocat, Henri Lamartre, sorte de grand prêtre d’une mystérieuse organisation internationale chargée de sauver les enfants enlevés du monde. Bon, cela commence plutôt mal…
   
   Pour recouvrer sa liberté, il lui faudra accepter de se rendre dans un fort millénaire, réputé inexpugnable, situé aux confins du Tchad et du Niger, le Fort-Haggar. Là-bas se trouve reclus son amant, grand reporter, qu’elle aime toujours d’un amour passionné et total et qui disparut brutalement, sans laisser de traces trois ans plus tôt.
   
   Celui-ci est accusé par Lamartre d’être le complice et l’amant de la reine d’une tribu de femmes guerrières qui sème la terreur et la mort, massacrant tout dans la région, pour s’emparer des enfants dont elles font ensuite commerce.
   
   Commence alors une longue traversée du désert où les tentations amoureuses, les batailles sanglantes, les trahisons en série sur fond de manipulation finiront malgré tout par mener la belle à la rencontre d’une vérité sur fin mélodramatique. Coupure!
   
   C’est ridicule et franchement mauvais!
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critique par Cetalir




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Au secours !
Note :

   Stéphane Héaume, né à Paris en 1971, est un romancier français. Il écrit également des textes pour des compositeurs de musique classique. Après plusieurs années passées en Afrique et à New York, il vit aujourd'hui entre Paris et Trouville-sur-Mer. Troisième de ses huit romans, La Nuit de Fort-Haggar date de 2009.
   
   Julia Schlick, photographe de presse et en mal d’enfant, part à la recherche de son compagnon Clifton Cliff, un reporter engagé, disparu dans des circonstances mystérieuses. Des indices laissent croire qu'il aurait épousé la cause d'une étrange tribu de femmes guerrières, sortes d'amazones africaines de l'Aïr, réfugiées en plein désert saharien dans le fortin de Fort-Haggar.
   Agréablement surpris par ma récente découverte de cet écrivain (voir mon billet sur son premier roman, Le Clos Lothar) je me suis hâté d’en lire un second pour confirmer ou non cette impression.
   
   Le roman commence plutôt bien, tout en mystères et ramifications diverses avec une part d’onirisme : Clifton volatilisé depuis trois ans, Julia elle-même enlevée par un vieil avocat se proposant de l’aider à retrouver son amant grâce à un réseau secret nommé le Cercle Iago ; un trafic d’enfants mené par une certaine Zeynab-Reine et sa troupe d’Amazones ; des personnages liés les uns aux autres par des liens multiples et possibilité d’usurpation d’identité… Le tout dans un décor propice à alimenter les imaginations, le désert du Sahara. Comme je partais avec un a priori favorable pour l’auteur, je fis comme si de rien, devant cette avalanche de trucs et de machins dans un si court roman.
   
   Si l’amour est aveugle, il y a des limites. Après que les décors ont été plantés et que Julia, dans une caravane militaire subventionnée par l’avocat s'est lancée dans une expédition vers Fort-Haggar, patatras, tout n’a fait qu’aller de mal en pis : le début sympa est devenu enlisement catastrophique dans le sable saharien.
   
   Même l’écriture s’est mise à renâcler devant tant d’âneries. Sentimentalité nunuche (Julia et un colonel de la troupe), passages grandiloquents et apothéose ridicule dans la mort mélodramatiquement outrée du fameux colonel…. Au secours !
   J’arrête là mon billet et me voilà mal avec cet écrivain, un roman que j’ai beaucoup aimé et un second que je déteste royalement. Un troisième set s’impose pour dégager une vérité. A suivre ?
   
   "Un grand froissement monta de la place : les amazones amorçaient leur départ. Les survivantes – une cinquantaine – s’étaient regroupées devant l’ancienne mosquée. Elles se comptèrent, firent exécuter un demi-tour à leur bête dont les yeux jaunes brillaient encore de tout leur feu, puis elles s’éloignèrent dans les ruelles, sans hâte, exténuées, dans un monstrueux silence qui recouvrait tout, avant de disparaître dans le grand désert luisant d’où Julia espéra qu’elles ne surgiraient plus, ni dans cette vie, ni dans ses cauchemars."

critique par Le Bouquineur




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