Lecture / Ecriture
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Un brin de verdure de Barbara Pym

Barbara Pym
  Des femmes remarquables
  Une demoiselle comme il faut
  Crampton Hodnet
  Adam et Cassandra
  Un brin de verdure
  La douce colombe est morte
  Comme une gazelle apprivoisée
  Jane et Prudence
  Quatuor d'automne

Barbara Mary Crampton Pym est une écrivaine britannique née en 1913 et morte en 1980.

Un brin de verdure - Barbara Pym

Intimité anglaise
Note :

   Titre original: A few green leaves
   
   C’est encore à mon ami John que je dois cette pépite de la littérature anglo-saxonne.
   Je n’avais même jamais entendu parler de Barbara Pym, aussi n’ai-je pas été surprise en découvrant son triste parcours à la lecture de la préface signée René de Ceccaty. Née en 1913, elle devient rapidement une romancière dont le succès culmine au cours des années 1950. Son éditeur fidèle, Jonathan Cape, la désavoue brusquement en 1963 et n’acceptera plus aucun manuscrit, la laissant désemparée mais pas découragée, puisqu’elle continue d’écrire malgré l’isolement du silence autour d’elle. René de Ceccatty résume ainsi sa situation: à partir de 1965, il y a désormais deux écrivains: l’un en pleine activité et maudit; l’autre reconnu mais rejeté dans un passé vaguement désuet… (…) Elle persiste(…) pour le plus grand bonheur de ses lecteurs… Rares sont les exemples d’une telle ténacité, que l’on pourrait appeler fidélité à soi-même.
   
   Après la lecture de ce roman, j’avoue que je suis satisfaite de l’éclairage apporté par cette préface. Non que l’écriture en paraisse si absconse, au contraire. L’art de Barbara Pym est de dérouler son histoire avec la simplicité d’une conversation entre amies d’enfance, sans façon… Car là est tout son sujet. Nous entrons dans l’intimité de la perception d’une héroïne, Emma, dont les caractéristiques s’affichent comme une sorte de double de l’auteure.
   Emma est en effet, malgré sa trentaine engagée, toujours célibataire, plus préoccupée de ses analyses d’anthropologue que de mondanités. Ressentant un besoin d’isolement afin d’écrire sa dernière parution à venir, elle se réfugie dans la maison de sa mère, au cœur d’un village perdu dans le Shropshire, région natale de Barbara Pym.
   
   À côtoyer les habitants de ce village hors du temps, nous entrons progressivement dans une micro-société plus proche de l’univers de Jane Austen que des turbulences des années 1970. Si parfois on apprend qu’Emma peut conduire une voiture, si les liaisons téléphoniques et la télévision existent bel et bien dans l’univers d’Emma, l‘intérêt que celle-ci manifeste pour les habitants du coin, constitue la trame du récit. Les relations établies autour de la paroisse anglicane tenue par Tom, le pasteur veuf et bel homme solitaire, secondé par sa sœur Daphné vieille fille frustrée cherchant désespérément une porte de sortie, les rituels conviviaux établis par les deux bigotes de service miss Lee et miss Grundy, ou les excentricités d’Adam Prince, prêtre défroqué reconverti en guide gastronomique finissent par devenir la trame du récit.…toutes ses observations et ses remarques, qui deviennent son nouveau sujet d’études tissent le canevas de ce roman où il ne se passe rien… Si ce n’est justement toute la vie de ces personnages ordinaires.
   
   Il n’y a effectivement pas là matière à créer des succès populaires, pas de brillance intellectuelle ni de paillettes, pas d’exotisme dépaysant ni d’intrigues haletantes pour lecture de plage. Ce qui peut expliquer la désaffection dont Barbara Pym a souffert. Mais à tous les lecteurs qui recherchent le tissage d’un lien intime et discret à établir avec le livre qu’ils ont entre les mains, ceux d’entre vous qui apprécient d’y reconnaître un sentiment éprouvé, la solitude, l’attente vaine d’un événement majeur, le désir de reconnaissance… Ce roman s’adresse à vous. En quelques soirées, une après-midi pluvieuse, il se révélera un compagnon discret mais sincère, un de ces condisciples, confident du temps du pensionnat à qui l’on consacre une visite de nostalgie.
   ↓

critique par Gouttesdo




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Impertinent, voire méchant...
Note :

   Tous les amateurs de Barbara savent que dans ces romans eh bien … il ne se passe rien... ou presque rien alors deux romans ce n’est pas fait pour effrayer la blogueuse avertie que je suis, non mais alors...
   
   Si j’ai réuni ces deux-là* c’est que tous les deux se passent dans un village et pour être plus précis, aux alentours d’un presbytère.
   
   C’est un peu comme si vous papotiez avec des voisins, particularité ? ils ou elles sont un rien solitaires, vieilles filles frustrées, épouses délaissées et femmes d’ecclésiastiques, vieux garçons (ben oui pas de jaloux) en quête d’âme sœur, médecins dévoués, bibliothécaires à lunettes, et de temps à autre des personnages improbables tels qu’un critique gastronomique, des joueurs de whist ou des coqs de village.
   
   Bref vous pénétrez dans le monde de Barbara, un monde tout en subtilité, finesse et férocité. Elle n’est pas anglaise pour rien la dame, elle cache ses petites vacheries sous une belle couche d’humour, l’histoire parée d’une fausse simplicité se déroule devant vous dans une ambiance très très british, scones et thé garantis.
   
   Si vous ne connaissez pas l’ambiance des vielles paroisse anglicanes, c’est le moment de suivre Barbara l’anthropologue de service.
   
   On baigne dans l’ hypocrisie la plus totale et en même temps dans la tendresse qui enveloppe ses personnages.
   
   Vous fermez la dernière page le sourire aux lèvres en étant certain de vous être fait mener par le bout du nez et vous en redemandez.
   
   Deux petites comédies brillantes et délicates où la fausse simplicité de Barbara Pym fait merveille.
   
   Dans "un Brin de verdure" vous suivrez les aventures d’un pasteur solitaire qui vit avec sa sœur et dans "Jane et Prudence" retour aux années cinquante qui voit la jeune et jolie secrétaire, enfin 29 ans quand même ! tomber sous le charme du playboy local.
   
   C’est impertinent, grinçant, méchant parfois mais quel bonheur et quelle finesse dans l’analyse des travers humains
   
   
   * Le premier était "Jane et Prudence"

critique par Dominique




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