Lecture / Ecriture
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L'île de Giani Stuparich

Giani Stuparich
  L'île

Giani Stuparich est né à Trieste en 1891 et mort à Rome en 1961. Sa mère était juive et son père Istrien d’origine slave et autrichienne.
À la naissance de Stuparich, Trieste est une ville de l’Empire austro-hongrois: il fera ses études aussi bien à Florence qu’à Prague, où il devient l’ami de Masaryk, futur président de la République tchécoslovaque.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, marié à Elody Oblath, qui appartient à la communauté juive de Trieste, et lui-même identifié comme résistant, il sera interné par les SS, en compagnie de sa mère et de sa femme, dans le camp de San Sabba en 1944. (source l’éditeur)

L'île - Giani Stuparich

Père-Fils
Note :

   J’ai pris un très grand plaisir à cette lecture.
   "L'Île" est un court récit qui évoque la relation entre un père malade et son fils. Ils sont venus sur l'île de Lussinpiccolo, juste en face de Trieste, pour passer pour la dernière fois quelques jours ensemble.
   Ce voyage c’est le père qui le souhaite, il veut retourner sur son île natale «s’installer les jambes pendantes sur la jetée et oublier le monde» et surtout partager encore quelques moments avec son fils. Le fils a quitté la côte Triestine depuis longtemps, il préfère la montagne, il vit loin.
   Le fils a longtemps regardé son père comme un héros distant et intouchable «Le visage lumineux, la voix retentissante, avec des manières de conquérant.» Mais le père a vieilli, il est malade et maintenant «ses épaules semblaient veiller à maintenir son corps qui se serait affaissé sans la ferme volonté qui le dominait encore.»
   Le père lui regarde son fils avec affection «il le voyait suivre sa route d’un pas assuré, et il en était fier.»Chacun d’eux fait un voyage vers l’autre, les souvenirs partagés, les silences, les gestes simples, les objets, le père qui clôt ainsi son existence et le fils qui lui ne fait qu’entamer le voyage.
   L’auteur écrit que l’homme né sur une île est fait pour «courir le monde et ne revenir qu’à la dernière extrémité.» 
   
   Giani Stuparich sait à merveille évoquer cette inversion constante et parfois insupportable: enfant et parent échangeant leurs rôles, l’enfant devenant celui qui protège, le père celui qui a besoin d’aide.
   Il écrit un récit lent, poignant, épuré, limpide et sobre. Un chef d'œuvre de la littérature italienne à découvrir.
   
   Il y a beaucoup de similitudes entre ce roman et celui d’Arzo "Maison des autres" que j’ai lu très récemment mais aussi avec le beau roman de Anna Luisa Pignatelli "Noir toscan" qui a concouru pour le Fémina étranger.
   
   Faites une place à ce livre dans votre bibliothèque!

critique par Dominique




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