Lecture / Ecriture
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Nuée d’oiseaux blancs de Yasunari Kawabata

Yasunari Kawabata
  Les belles endormies
  Le maître ou le tournoi de Go
  Tristesse et beauté
  kyôtô
  Le Grondement de la montagne
  Le lac
  Nuée d’oiseaux blancs
  Pays de neige
  Les pissenlits

Yasunari Kawabata (川端 康成) est un écrivain japonais né en 1899 et décédé en 1972.
Le Prix Nobel de Littérature lui a été attribué en 1968.

Nuée d’oiseaux blancs - Yasunari Kawabata

Amours et thé
Note :

   Furieusement nippon que cette “Nuée d’oiseaux blancs”. Le Daniel Charneux de “Nuage et eau” ne le renierait certainement pas! Il y règne une ambiance ouatée, feutrée, comme seul le Japon les inspire, me semble-t-il?
   
   Soit Kikuji, jeune homme qui a perdu son père, et quatre femmes. Deux anciennes maîtresses de son père; Madame Ota et Chikako, et Fumiko, la fille de Madame Ota et Yukiko, charmante jeune fille que Chikako, qui ne fut qu’éphémèrement maîtresse du père, tient à marier avec Kikuji. En réalité la maîtresse durable fut Madame Ota et l’on devine (devine seulement, beaucoup de choses restent fugitivement suggérées chez Kawabata) que sa fille est aussi la fille du père, Fumiko serait donc la demi-sœur de Kikuji? L’art d’ailleurs de Kawabata est de faire en sorte qu’il nous le dise dans le tuyau de l’oreille délicatement, et au lecteur seulement, car manifestement Kikuji ne semble pas traversé par ce genre de pensée.
   
   Alors il va être question de cérémonies de thé, d’objets cérémoniels, de choses délicates et ténues … De choses délicates et ténues, et d’objets cérémoniels qui auront, cela dit grande importance, puisque c’est par eux, par des codes bien japonais, qu’évolue la situation.
   
   Kikuji, théoriquement promis à Yukiko, se retrouve avoir une aventure avec Madame Ota. Pour elle, tout se passe comme si elle recherchait le père dans le fils. Plus tard, Kikuji recherchera lui peut-être la mère dans la fille, Fumiko. Autour des jeux amoureux, Chikako intervient comme un joker, comme une maîtresse de cérémonie, pour recadrer, définir, surligner les situations. C’est étrange, comme embrumé, évaporé, éphémère. Kawabata n’a pas choisi la simplicité, surtout, je pense, pour des lecteurs occidentaux. Il s’en sort néanmoins très bien. Malgré le handicap des patronymes japonais, malgré l’aspect seulement «effleuré» de la réalité des choses, il ne nous perd pas. Il nous intrigue plutôt et nous emmène de l’autre côté du brouillard.
   
   Au bout du compte on ne sait pas trop par où on est passé. Ni où on est arrivé!

critique par Tistou




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