Lecture / Ecriture
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Kop d'immondes de Pelé et Prilleux

Pelé et Prilleux
  Kop d'immondes

Kop d'immondes - Pelé et Prilleux

En Avant!
Note :

   Auteurs : Michel Pelé et Frédéric Prilleux
   
   Premier roman avec "Le Poulpe" comme personnage récurrent que je lise.
   Le fait que l'histoire se passe en partie à Guingamp aide bien. Et suite à la lecture de "Billets brûlés"*, je voulais en savoir un peu plus sur Frédéric.
   
   Guingamp, plus petite ville de France à avoir eu un club de foot jouant en première division, affronte Marseille en coupe de France. Guingamp gagne, mais un entraîneur allemand qui assistait au match est tué par balle sur le banc de touche! L'honneur de la ville et du club est en jeu. Gabriel Lecouvreur, le Poulpe, dans un bistrot de Montparnasse accepte de venir enquêter en Bretagne, où il se fait passer pour un journaliste sportif!
   
   Là, désolé, mais c'est trop gros pour être vraisemblable, se faire appeler Le Corner et interviewer le responsable du "Kop" local sans que celui-ci ne se doute de rien, confine à l'invraisemblable!
    Et si le tueur s'était trompé de cible? Évidemment bien sûr, alors là, l'histoire est cousue de fil blanc et devient très prévisible!
   Et c'est parti pour les stades de France en commençant par Le Stade de France. Toutes les tares du football actuel y passent, l'argent et l'agent, le skinhead raciste, le dopage, Télé-Foot et les médias.
   Gabriel Lecouvreur, alias Le Poulpe, redresseur de tort et de retors.
   Et retors, Tabor, l'agent des joueurs l'est, dans son quasi trafic de footballeurs africains, esclavagiste et dealer, le multi-casquette du profit.
   
   Le bon est bon, les méchants sont méchants, buts et remise au centre du terrain et fin de match.
   
   Un humour très décapant dans les réflexions et les descriptions qui sauvent ce livre de la banalité. Une histoire qui ne me réconciliera pas avec le sport d'élite. C'est bien écrit, le trait est souvent poussé trop loin, presque au niveau de la caricature.
   On est bien loin du niveau de "Billets brûlés".
   Des bons souvenirs malgré tout, ceux d'un jeune breton vivant à Paris qui a suivi en 1973 l'épopée de l'En Avant, huitième de finaliste de la Coupe de France.
   
   
   Extraits :
   
   - Il trônait au milieu de sa cuisine équipée, telle une couverture du "Chasse- Marée", les yeux clairs comme du sel de Guérande et le visage dessiné à coup de rame. Un seul de ses postillons vous aurait fait croire à de l'embrun.
   
   - L'un avait fini maire, l'autre aux oubliettes, mais pour la distribution des rôles il y avait eu comme une inversion. Le "Golden boy des eighties" vaincu par le Breton teigneux.
   
   - Et Rians fonça vers la sortie, comme si le ciel allait lui tomber sur la tête. La colère d'une Bretonne, ça doit vraiment être terrible,se dit Gabriel en rigolant.
   
   - C'est vrai que dans le coin, "tout est bon dans le cochon", c'était plus qu'un dicton, c'était un art de vivre, voire une philosophie.
   
   - Le verbe de Bodou possédait la force métronomique des vagues partant à l'assaut de la pointe du Raz.
   
   - Le Poulpe se flagellait de ne pas avoir choisi un bar des sports plutôt que le bar d'un sportif.
   
   - La providence leur avait collissimé un SMIC, un sujet mâle d'intérêt commun. Le football.
   La descente de trois étages vers la salle de restaurant fut ponctuée de coups de Docs dans les portes et de jurons sifflés entre des dents pourries à en rendre jaloux Shane McGowan.
   
   
   * Recueil de nouvelles noires dont Frédéric Prilleux a coordonné l'édition.
   
   
   PS: Quelques renseignements sur Le Poulpe
   

critique par Eireann Yvon




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