Lecture / Ecriture
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La croix de perdition de Andrea H. Japp

Andrea H. Japp
  Le septième cercle
  La femelle de l’espèce
  Monestarium
  Le silence des survivants
  La croix de perdition

La croix de perdition - Andrea H. Japp

Suite de “Monestarium”
Note :

   Abbaye des Clairets, Abbaye de femme, dans le Centre-Ouest de la France. Hiver 1308, nous sommes dans les mois qui suivent «Monestarium». La mère abbesse est toujours la très jeune Plaisance de Champlois et il est dit que sa gouvernance se fera dans les mystères et les difficultés.
   Mystères et difficultés en liaison avec un drame terrible datant d’un siècle auparavant; le sac de Béziers et l’élimination de ses vingt mille habitants dans le cadre de la croisade contre les Cathares, sous la direction d’Arnaud Amalric. Quelques pages assez fortes en cette occasion.
   
   « Une femme cria en sanglotant, tendant à bout de bras un enfançon, suppliant Arnaud de les épargner, jurant qu’ils étaient baptisés dans la sainte foi et n’en avaient pas dévié. Il lui sourit comme dans un rêve et murmura:
   Ma sœur en Jésus Christ, n’aie alors aucune crainte. Il t’aime et ne t’abandonnera jamais.
   Un des soldats de l’escorte lança son roncin sur la femme qui glissa sur les pavés. Les sabots de la lourde bête l’évitèrent de justesse.
   Un ribaud, trogne d’ivrogne que l’excitation du carnage violaçait encore mais que crispait pourtant l’hésitation, se rua vers le cheval de l’abbé.
   Seigneur abbé, seigneur abbé … V’là qu’on sait plus. Mes truands et moi, on s’demande … rapport qu’on n’est pas des assassins. C’est comment qu’on les reconnaît, les sans-foi ? La lame sur la gorge, y jurent tous qu’y sont pieux catholiques. D’autant qu’y a les gamins et les commères aussi … Dieu aimerait pas qu’on Lui trucide Ses bons fidèles, pour sûr.
   …/…
   Que dis-tu ?
   Qu’on sait pas qui c’est qu’on doit occire, pour la gloire de not’Seigneur. D’autant qu’y s’sont massés dans l’église de la Madeleine … C’t’un lieu saint, quand même …
   Arnaud Amalric soupira, bouche ouverte. Levant le visage vers le ciel, il ordonna d’une voix douce :
   Tuez-les tous … Dieu reconnaîtra les siens.»

   
   A l’occasion de ce massacre, une croix d’Arnaud Amalric a reçu du sang innocent et fût perdue. C’est elle qui est l’enjeu de ce qui va se dérouler pendant le roman à l’Abbaye des Clairets.
   
   D’autres personnages vont donc faire leur apparition sur scène (ça fait très théâtre, avec unité de lieu), tous plus bizarres les uns que les autres, à commencer par des êtres difformes, monstres de foire, qui viennent demander asile, fuyant le monde hostile à leur égard, sans compter l’arrivée simultanée d’une nouvelle sœur apothicaire et d’un envoyé spécial du Pape. Tout ce petit monde va cohabiter avec les sœurs résidentes qu’on connaissait déjà du fait de «Monestarium» et tenter de mettre fin à la psychose qui va s’installer avec les meurtres successifs de sœurs au sein de l’Abbaye.
   
   C’est en cela que nous avons affaire à un polar. Un polar moyenâgeux, qui peut évoquer en plus doux «Le Nom de la rose», dont la lecture est entrecoupée de fréquents renvois en bas de page pour expliciter termes moyenâgeux ou savants employés par Andrea H. Japp. Un peu usant, ça.
   
   Mais au bilan une lecture qui tient en haleine, avec des personnages crédibles … jusqu’à un certain point.

critique par Tistou




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