Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le roman de Bergen - 1 - L'aube de Gunnar Staalesen

Gunnar Staalesen
  Anges déchus
  Le loup dans la bergerie
  La Belle dormit cent ans
  La nuit tous les loups sont gris
  Le roman de Bergen - 3 - Le crepuscule
  Le roman de Bergen - 1 - L'aube
  Le roman de Bergen - 2 - Le zénith
  Fleurs amères
  Comme dans un miroir

Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu'il suivra dans une douzaine de romans.
(Source éditeur)


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le roman de Bergen - 1 - L'aube - Gunnar Staalesen

L'aube d'une saga norvégienne
Note :

    Le XXè siècle, à Bergen, commence par la découverte du corps d'un notable de la ville: le consul Frimann. Les inspecteurs Moland et Berstad sont dilligentés par le commissaire Krohn-Hansen sur les lieux du crime pour récolter indices et témoignages. Seulement, en ce siècle naissant, il n'est pas aisé d'enquêter sur les puissants personnages d'une ville et encore moins bien vu de mettre son nez de policier dans leurs affaires... surtout quand une jeune et jolie femme, Maren Kristine Pedersen, peu avare de ses charmes se trouve connaître nombre d'entre eux!
   
   Mais il faut absolument trouver le coupable ou du moins un coupable pour que le petit cercle des notables recouvre paix et tranquillité! Les pauvres inspecteurs Moland et Berstad vont donc se lancer dans une recherche impossible et finalement alpaguer un pauvre lampiste (qui aura le bon goût,?, de se suicider lors de son arrestation) d'origine modeste, Jens Andreas Hauge. L'affaire est close et la vie reprend son cours dans la ville de Bergen.
   
   On pourrait croire que Gunnar Staalesen amorce ainsi un roman policier d'anthologie. Or, peu à peu, derrière l'intrigue policière, filigrane ténu mais récurrent, commence une narration particulière: l'épopée d'une ville norvégienne qui aborde l'aube du XXè siècle avec plus ou moins de soubresauts historiques, économiques et sociaux!
   
   Nous sommes dans une saga, non pas islandaise, mais norvégienne, moderne et étonnante! Gunnar Staalesen entraîne son lecteur dans les dédales de l'Histoire, des histoires de multiples personnages qui se croisent, s'éloignent et se rapprochent les uns des autres parfois l'espace d'un instant, parfois pour tout une vie!
   
   On côtoie les grandeurs et petitesses des hommes en vue de Bergen: leurs habitudes amoureuses auprès de la belle et troublante Maren Kristine Pedersen, qui au fil du récit s'avère être tout sauf une vulgaire "cocotte" (moi, elle m'a beaucoup plu et beaucoup émue), leurs privautés sur les jeunes bonnes qui voient en peu de temps leur vie sociale partir en fumée, leurs côtés "requin" et sans pitié dans les affaires. L'inspecteur Moland, de loin en loin, aura plusieurs fois l'occasion de se remettre sur la piste du véritable assassin du consul Frimann: des questions sont soulevées, des doutes s'installent... une histoire de masques qui change tout. Puis un coup de théâtre qui hélas n'apportera que frustration aux inspecteurs comme au lecteur: le suicide d'un notable, acteur principal (mais sur le déclin) du théâtre de Bergen, Robert Gade. Pas de lettre mais le lecteur sait qu'il en a écrit une à son ancienne maîtresse, Melle Pedersen, une lettre dans laquelle il lui révèle le nom du véritable assassin! Là, le lecteur est aux prises avec les pires souffrances: il est à deux doigts de savoir et la toute-puissance de l'auteur vient lui refuser l'indice qui le mettrait sur la voie! Diantre, quelle habilité de la part de l'auteur, quelle maestria!!! En effet, ce dernier recommencera ce manège, terrible pour les nerfs, une seconde fois et sans lasser son lecteur dans le récit de l'histoire de Bergen! Le temps de connaître et reconnaître les différents personnages, le temps défile, le siècle naissant voit une première guerre mondiale ravager l'Europe continentale, les sous-marins allemands régner sur la mer du Nord, la Manche et la mer Baltique, la révolution russe teindre en rouge la Russie, la conquête de la Norvège par le rail, les émeutes et les grèves former une lutte des classes, l'exode rurale s'accentuer, les prédicateurs itinérants prêcher et berner les jeunes filles en fleurs, les incendies ravager puis remodeler Bergen, les dynasties croître et devenir puissantes, les alliances se faire et se défaire et les mouvements fascistes prendre leur essor.
   
   Dans le premier tome, les patriarches familiaux sont au faîte de leur puissance, Moland succombe aux charmes de Maren Krisitine, les épouses délaissées prennent leur mal en patience, les enfants grandissent. Dans le deuxième volet, les premiers laissent peu à peu la place aux seconds, certains masques tombent, on frôle par deux fois la révélation de l'identité de l'assassin, le suspense est à son comble malgré l'intensité des données historiques et sociales sur une ville qui voit un siècle mourir pour s'ouvrir et s'épanouir au suivant.
   
   Ces deux premiers volets du "Roman de Bergen" sont impossible à résumer et d'ailleurs, serait-ce vraiment utile? Ce qui compte, c'est l'ambiance, l'atmosphère trouble, épique et sublime que met en place Gunnar Staalesen: tous les ingrédients d'une excellentissime saga historico-policière sont présents. Le lecteur ne s'ennuie pas une seule seconde même si l'enquête devient inexistante parfois! Les portraits des personnages, tant secondaires que principaux, sont d'une justesse extraordinaire, d'une véritable complexité psychologique, les descriptions sont une vraie mine de renseignements sur la vie quotidienne des norvégiens citadins comme ruraux, riches comme pauvres. On entend les bruits des rues, les voix des personnages, on sent les odeurs des bureaux, des bateaux, de la mer, des montagnes. On hume les hivers rigoureux, les printemps pluvieux ou radieux, les étés fugaces mais ensoleillés. On se retrouve dans les maisons bourgeoises, on tremble pour la vertu des jeunes bonnes, on se voile la face devant les actes impardonnables des jeunes messieurs avinés sur une Tordis désespérée d'effroi, on sent la chaleur du brasier qui avale Bergen une nuit de décembre. Le lecteur est et vit dans Bergen, en Norvège, en ce début de XXè siècle!
   
   Que dire d'autre sinon que j'attends avec impatience de lire la suite du "Roman de Bergen", de retrouver les personnages hauts en couleurs ou détestables et surtout de connaître l'auteur du crime de la nuit de la St-Sylvestre 1899!
   
   
   Le roman de Bergen est publié en France en 6 volumes:
   
   2 tomes pour "l'Aube"
   2 tomes pour "Le zénith"
   2 tomes pour "Le crépuscule"
    ↓

critique par Chatperlipopette




* * *



Saga historique
Note :

   Je ne sais plus qui m’a parlé de ce roman. Mais ça fait longtemps. Je l’avais dans ma pile depuis 2011 et j’avais attendu un bon moment avant de l’acheter. Ok, je ne le trouvais pas. Mais c’est une autre histoire.
   
   Le roman s’ouvre sur le meurtre d’un notable de la ville de Bergen, au tournant du siècle. C’est une ville industrielle du Sud-Ouest de la Norvège, 2e en importance après Kristiania (maintenant Oslo), un endroit en plein développement, certes, mais à l’atmosphère d’un gros village, où tout le monde se connait et s’entrecroise. Ce meurtre est certes en partie le fil conducteur mais ce n’est pas que ça, loin de là. C’est le portrait d’une ville, d’une région, à travers les années. Nous suivons plusieurs personnages principaux de différentes classes sociales, et nous les voyons évoluer à travers l’histoire de leur pays. Ce premier tome nous fait parcourir les années 1900 à 1916, jusqu’à un événement marquant de Bergen.
   
   Si vous aimez les romans historiques sur plusieurs générations, jetez-vous sur cette saga. Bon, je n’ai lu qu’un tome et demi mais à date j’adhère totalement. Je ne connais rien de la Norvège mais je me suis envolée vers ces fjords majestueux, ces glaces et ces grands froids. J’ai pu découvrir les coutumes de l’endroit, la nourriture, les arts et les coutumes du début du siècle, tout en voyant apparaître les voitures, les grands magasins et les industries plus modernes. Je me suis attachée à l’inspecteur Moland, personnage super imparfait, ainsi qu’à plusieurs autres (dont j’ai oublié les noms, because noms norvégiens), que j’étais ravie de retrouver à chaque fois (parce que oui, on se balade d’un personnage à l’autre).
   
   J’ai donc vraiment adoré. Et j’ai commencé la deuxième partie du premier tome. Ah oui, j’ai oublié! C’est une trilogie en norvégien, mais en français, chaque tome est séparé en deux. Six volumes donc, qui nous feront traverser le siècle. J’en suis donc au tout début, ce qui me ravit!

critique par Karine




* * *