Lecture / Ecriture
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Ados: Sans âme de Gail Carriger

Gail Carriger
  Ados: Sans âme

Ados: Sans âme - Gail Carriger

Diablement bien troussé
Note :

   Bien, bien, bien, bien, bien. C'est là que, paraît-il, les athéniens s'atteignirent... C'est que, comme qui dirait, je ne vais pas être la première, loin de là à pousser de grands ho, hi, ha, et plus si affinités en parlant du premier tome de la formidable série "Le protectorat de l'ombrelle ". Rien que ce titre, franchement, ça ne vous fait pas envie à vous? Non? Alors je ne sais pas ce qu'il vous faut! Un protectorat de l'ombrelle! Avec du loup-garou 100% véritable! Du vampire 100% mort! De l'action, de l'aventure, du muscle utile! De toute manière, vu la pub d'enfer que faisaient les copines à lord Maccon et à sa chère et tendre Alexia, je ne pouvait pas résister fort longtemps. A la première page j'ai gloussé, à la seconde retenu un fou rire, à la troisième hoqueté. J'étais fichue (oui, encore).
   
   C'est que "Sans âme" est un roman diablement bien troussé. Non seulement il se paie le luxe d'installer un univers ma foi intéressant où les créatures magiques ont droit de cité, en tout cas au sein de l'Empire britannique (il y a des vilains pas beau qui ont des projets machiavélique, et heureusement, sinon l'ennui poindrait le bout de son nez, encore que, avec Alexia dans les parages...), mais en plus les personnages, Alexia (et son ombrelle), et lord Maccon loup-garou et alpha de son état sont profondément réjouissants. La première a pour caractéristique de ne pas avoir d'âme ce qui lui permet d'annuler les pouvoirs des créatures qui la touchent, et, pire, d'avoir un père italien, et mort ce qui obère largement les chances de mariage que lui laissait son caractère bien trempé. Quant au second, il est écossais, ce qui résume assez bien la situation. Chacune de leurs querelles fait naître un sourire que l'esprit aventureux et purement scientifique d'Alexia ne fait que renforcer. Il y a quelques scènes où son abnégation est d'ailleurs profondément admirable. S'ils étaient seuls, ce pourrait être un peu court, mais autour d'eux gravite une galerie de personnages secondaires hauts en couleurs, souvent cocasses qui servent à merveille une intrigue qui va à 100 à l'heure. Les dialogues sont piquants à souhait, les bagarres épiques, les méchants suffisamment méchants pour faire ce qu'on leur demande, on retrouve par-ci par-là des références à la littérature classique britannique...
   
    Bref, c'est un coup de cœur. Et puisqu'il paraît que la traduction est excellente, ce qu'à vue de nez je confirme puisqu'à aucun moment je n'ai grincé des dents, je vais aller le vérifier en relisant ce fabuleux premier tome in english dans le texte, et la suite pour faire bonne mesure. C'est pour la science, il faut que j'étudie de plus près les mœurs des loups-garous.
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critique par Chiffonnette




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Being a spinster in Victorian England
Note :

   Après avoir quitté un manoir victorien poussiéreux et lutté contre les vampires de Salem armée d’eau bénite et de pieux, j’ai jeté mon dévolu sur un appartement londonien, histoire de changer (no comment)  Alors que je profitais tranquillement de la quiétude de Hyde Park pour lire un délicieux Wilkie Collins, mon attention a été attirée par une scène étrange qui se déroulait à quelques pas de moi: une jeune femme (enfin plus trop jeune selon les critères victoriens) menaçait avec une ombrelle un petit garçon qui, visiblement, venait de la bousculer en courant après son cerceau. Par terre gisait une part de tarte aux noix de pécan: c’est là que j’ai compris l’ampleur du drame et l’origine des rugissements de la demoiselle!
   Ayant prévu de rester un moment au parc, je n’étais pas venue les mains vides et après avoir proposé à Miss Alexia Tarabotti (car c’était elle) de partager quelques muffins, j’ai finalement passé l’après-midi au salon de thé en sa compagnie puis, de fil en aiguille, l’ai accompagnée dans une librairie: notre amour commun de Fortnum & Mason et de Jane Austen venait de faire de moi sa nouvelle confidente!
   
   Alexia m’a ainsi raconté ses folles aventures et, à vrai dire, je n’ai jamais connu goûter plus animé! Préternaturelle («preternatural»), Alexia n’a pas d’âme, ce qui lui permet d’annuler au moindre contact physique les pouvoirs des créatures surnaturelles qui, elles, souffrent d’un excédent d’âme (on en apprend tous les jours!). Sous l’ère de la Reine Victoria, Alexia mène une vie mouvementée. Entourée d’une mère remariée et de deux demi-sœurs idiotes, Alexia souffre d’un grand nez, d’une peau halée et du statut méprisable de vieille fille de 26 ans.
   
   Lorsqu’un vampire hargneux l’attaque et lui fait manquer un délicieux dessert, Miss Tarabotti l’achève malencontreusement à coups d’ombrelle et de pinces à cheveux. C’est là le début d’un récit loufoque dans lequel j’ai croisé un vampire gay extrêmement soucieux de son apparence, un majordome complice des frasques de miss Tarabotti, un Lord loup-garou grognon sous l’influence  de la pleine lune.
   
   So what? Soyons honnêtes, je n’ai pas rencontré Miss Tarabotti mais me suis contentée de lire "Soulless" de Gail Carrister. D’abord un peu effrayée par la touche de rose sur la couverture, j’ai fini par succomber à la curiosité. Et ce roman, je l’ai dévoré, pourtant…
   Up !
   Evidemment la période victorienne n’a pas été pour rien dans mon choix de lire ce roman. L’héroïne au début très décalée m’a conquise: vieille fille, déjà rangée au placard par sa famille, Miss Tarabotti s’illustre par un caractère trempé, un estomac solide, un goût prononcé pour les bibliothèques et une ombrelle qui lui sert d’arme lorsqu’elle est mal entourée. Beaucoup d’éléments m’ont d’abord donné envie de dévorer ce texte: une scène d’ouverture bourrée d’humour, une société dans laquelle vampires et loups garous vivent au grand jour et un début de romance mouvementée… de quoi aborder ce récit avec grand plaisir!
   
   Down !
   Lorsque Lord Maccon, loup-garou de son état, a embrassé Alexia au bout de 100 pages, j’ai déjà vu partir en fumée leurs disputes jouissives et senti poindre la fleur bleue chez Miss Carriger. Et quand le baiser a duré 10 pages et a été rapidement suivi d’une deuxième scène du même genre, j’ai failli faire une syncope! Le récit d’aventures reprend ensuite le dessus mais le roman se finit malheureusement par un mariage et une série de mini happy ends qui pour moi font plonger "Soulless" de page-turner au statut de gentil divertissement… surtout que je ne saurai jamais maintenant pourquoi l’emblème de la société secrète démasquée était un octopus (ce qui est source de grande frustration!). Et lorsque Miss Tarabotti rencontre la Reine Victoria, la conversation est des plus improbables ("you" et non "your majesty" ou "your royal highness"): la Reine finit par dire à la jeune femme "allez, tu sais bien que Lord Maccon est fou de toi depuis le début"... un passage qui m'a fait frémir d'indignation.
   
   Malgré tout j'ai lu ce roman d'une traite. Je n'achèterai pas toute la série mais vais quand même tenter de lire le deuxième tome en espérant qu'il sera moins fleur bleue!

critique par Lou




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