Lecture / Ecriture
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Poèmes sauvages de Serge Delaive

Serge Delaive
  Le livre canoë (poèmes et autres récits)
  Argentine
  Poèmes sauvages

Poèmes sauvages - Serge Delaive

Comme un chien fou, un peu brusque, un peu joueur
Note :

   Séduite par mes premières lectures de Serge Delaive – “Argentine” et “Le livre canoë” -, j’ai bien vite éprouvé l’envie de poursuivre mon exploration de son œuvre. J’ai donc emprunté à la bibliothèque ces “Poèmes sauvages” et découvert dans la foulée la collection “bookleg” des éditions Maelström: de tout petits livres destinés à capturer un instant, le temps d’une lecture ou d’une performance dans toute sa vivacité et sa spontanéité, et que je ne crois pas avoir croisé auparavant – l’ironie du sort voulant que depuis ma lecture des “Poèmes sauvages” j’en rencontre à peu près partout, dans les bonnes librairies bien sûr, mais aussi dans certaine grande surface culturelle qui ne rentre sans doute pas vraiment dans la première catégorie…
   
   Et vif, spontané, libre et ludique, tel est bien l’esprit qui préside à cette sélection d’une trentaine de poèmes où j’ai certes retrouvé certains des thèmes qui parcouraient comme un fil rouge “Le livre canoë” ou “Argentine”: la tentation de la fuite, de l’abandon (“Il est parti”, “Midi encore”…) ou les cicatrices d’une histoire familiale à tout le moins chargée (“Le psychologue”, “La moitié de mon sang”…), mais aussi les paysages grandioses d’une Amérique du Sud chère au cœur de l’auteur (“(c’est pas) Le Pérou”, “Voilà que ça recommence”). Mais aux côtés de ces textes d’une tonalité plus grave, les poèmes en manière de clin-d’œil que Serge Delaive dédie à ses compères-poètes – Karel Logist, William Cliff, Carl Norac, Jacques Izoard, ou encore Hésiode auquel l’auteur adresse d’amusants remerciements pour “les travaux et les jours” qui ont souvent animé ses nuits d’insomnie - imposent une complicité joueuse, un peu brusque, un peu tendre, ébouriffée presque toujours…
   
   
   Extrait :
   
   Il est parti

   
   Tu n'es ni Hans Staden
   Ni Cabeza de Vacca
   Pourtant tu as accompli la traversée
   Tu as renié tes serments de houle
   Tu as combattu bec à bec
   L'albatros qui t'a rogné les ailes
   Puis tu étais salamandre
   Parmi les congrégations immobiles
   Tu as lancé des imprécations
   Contre le ciel et ses courants
   Et pour finir le ressac
   T'a rejeté sur la plage vide
   Mais tu es vivant
   Tes récits ne goûtent plus le sel
   A présent il te faudra choisir entre
   Abjurer ou monter sur le trône incandescent
   De ceux qui s'en vont
   Pour ne pas revenir. (p. 28)

critique par Fée Carabine




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