Lecture / Ecriture
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Trois jours chez ma mère de François Weyergans

François Weyergans
  Trois jours chez ma mère
  Royal Romance
  Franz et François

François Weyergans est un écrivain franco-belge né en 1941.

Trois jours chez ma mère - François Weyergans

Subtile diversion
Note :

   Goncourt 2005
   
   La tendance actuelle de bon nombre de critiqueurs (professionnels) est d’affirmer le nombrilisme facile de la littérature française du moment. Cette catégorisation tout aussi facile, me paraît bien plus pernicieuse que constructive.
   
   Ainsi, Weyergans, belge en l’occurrence, me semble s’être emparé de cette obsession catégorielle et loin de vraiment se l’approprier en joue subtilement dans son livre. Une sorte de pied de nez à la gent critiqueuse.
   
   Dans son livre, bien que sa mère soit présente du début à la fin, l’auteur tourne autour du sujet jusqu’à s’en détourner. La construction du livre mène délibérément sur des pistes détournées par une succession d’associations d’idées qui pourraient paraître d’une chronologie décousue, anarchique et pourtant on ne s’y perd pas (selon moi). Il crée une sorte de double qui crée lui-même son double qui crée… Il se dégagera cependant, à la fin du livre, une profonde tendresse pour sa mère, résolument pudique qui ramènera au sujet supposé par le titre.
   
   Pour avoir lu et vu plusieurs interviews de l’auteur, il est certain que le personnage principal de ce roman pourrait effectivement être son double endossant cette même désinvolture et ce caractère quelque peu décalé qu’il offre aux médias. Mais je n’ai pas pris ces ressemblances au premier degré et me suis détachée de toute manifestation de suffisance nombriliste. J’y verrais plutôt une forme d’autodérision assez pudique et à l’humour tranchant.
   
   S’il est une partie où vraiment je n’ai pas accroché, c’est justement celle où il est question du roman “Trois jours chez ma mère” aux deux tiers du livre et qui explique le titre.
   
   Chaque Goncourt est sujet à polémique.
   
   Néanmoins, j’avoue en conclusion que je ne classerai quand même pas ce livre dans mes favoris, somme toute bien changeants, mais je lui reconnais une vive originalité, une audace bien subtile dans un style cadencé et mordant.

critique par Véro




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