Lecture / Ecriture
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Personne ne regarde de Davis Grubb

Davis Grubb
  La nuit du chasseur
  Personne ne regarde

Personne ne regarde - Davis Grubb

Mais tout le monde voit!
Note :

   Auteur américain né en 1919 et décédé en 1980. Son œuvre est relativement peu traduite, il est surtout connu grâce à un film «La nuit du chasseur» dont le scénario est basé sur un de ses romans.
   
   Ici, il s’agit d'un recueil de douze nouvelles que je qualifierai de noires, mais aussi de fantastiques.
   
   « Le rat de Busby » est l'histoire d'un vieil homme amputé suite à un accident, il veille jalousement sur sa fille, trop même, pensent certains! Il aime aussi les rats, trop certainement...
   
   Une institutrice changée en «Prince lapin» pendant quelques temps de par la (mauvaise) volonté d'un élève rancunier et d'un prestidigitateur.. .enfin, il y a des vacances scolaires...
   
   « La radio » c'est agréable en fond sonore, bon, mais s'il n'y a plus moyen de l’arrêter, au bout de quelques temps cela devient infernal, et Will qui déjà n'est pas un admirateur des machines en tout genre pète les plombs et plombe un peu la fin de l'histoire... Ici radio...
   
   Un pied c'est souvent l'objet de moquerie «bête comme ses pieds», «il joue comme un pied», chose d'autant plus stupide que ceux qui devraient jouer avec leurs pieds ne gagnent pas haut la main etc. «Un pied dans la tombe», c'est quand une personne n'est pas loin de passer l'arme à gauche, sauf que l'on peut se remettre d'une amputation, mais que fait t-on du pied dans ce cas là? On l'enterre au pied levé peut-être!
   
   La nouvelle qui donne son titre au recueil concerne la télévision. Jennings, un technicien, mari bafoué cherche à se venger, alors il est question d'ondes et d'interférences. Et la disparition, ce qui pour les personnes dont la principale raison est d'être vues, est pour le moins fâcheuse!
   
   Deux enfants, un mort et un mot meurtre et une «Bouteille en verre bleu», ou la vérité sort de la bouche des enfants.
   
   « Dodo, Ronfleur et Roupillons » soyons bref, c'est une histoire à dormir debout, avec des nains débauchés et pas forcément et uniquement dans un jardin.
   
   Quelques personnes en attendent un autre qui s'est évadé de prison. Il revient pour se venger. Qui l'avait dénoncé comme fabricant de gnôle absolument illégal, et qui lui a écrit une lettre parlant des agissements de son épouse? La question est posée. Une nouvelle étonnante avec une fin détonante.
   
   Un homme amoureux et dépité est-il prêt à tout, même à voler la lune? C'est romantique un clair de lune pourtant! Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (enfin peut-être?).
   
   Marius dans la version la plus connue, enfin la provençale, est un personnage haut en couleurs, ici c'est une sorte de concentré de toute la méchanceté humaine, alors quand il surprend sa jeune épouse, qu'il bat régulièrement, parlant de départ avec un autre homme, son sang ne fait qu'un tour. Pour se venger il devient l'ombre de lui même...
   
   Vengeance encore dans «Le retour de Verge Likens», un suspense sur le fil du rasoir. Une des meilleures histoires du livre.
   
   Certains textes fleurent bon l'image que l'on se fait du Sud des Etats-Unis, avec les bateaux à roues sillonnant le Mississippi.
   
   C'est souvent fantastiques, mais je ne suis pas un admirateur du genre, donc je reste sur un sentiment d'inachevé dû sûrement au fait que j'attendais quelque chose de plus noir. La référence à «La nuit du chasseur» venant obligatoirement à l'esprit.
   
   
   Extraits :
   
   - Voici ce qui rendait le souvenir de cet été-là si déconcertant: c'était une histoire qui n'avait pas de morale.
   
   - Ce pauvre monde est rongé par l'argent, crois-moi. Les gens ne s'amusent plus comme autrefois !
   
   - Je la connais par cœur, fit Anne d'un ton étrange. J'en connais chaque mot.
   
   - Margareth était une drôle de petite personne, jeune trentenaire, blonde, d'une beauté que personne ne semblait jamais remarquer particulièrement.
   
   - Les yeux, fit Darleen, c'est fait pour qu'on s'en serve. Je sais ce qui a été fait ce soir-là. Je sais pourquoi Denver va revenir.
   
   - Ténue comme la vibration d'un fil d'or, un chant d'oiseau résonna dans la nuit.
   
   - Et ceux qui le connaissaient le mieux se demandèrent comment un individu aussi malfaisant, un misanthrope aussi radical et convaincu que l'était Marius avait pu devenir plus mauvais encore.
   
   - « Tu es très gentille, ma chérie dis-je. Mais tu as tendance à imaginer, il me semble, que tous les enfants du monde sont mal traités».
   
   - On dirait.... deux sœurs sorties d'un manoir maléfique à la Henry James.
   
   - « Tu ne me crois jamais quand je te dis que c'est vrai», murmura l'enfant.

critique par Eireann Yvon




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