Lecture / Ecriture
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L'étourdissement de Joel Egloff

Joel Egloff
  L'étourdissement
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  L'homme que l'on prenait pour un autre

Joël Egloff est un scénariste et écrivain français né en 1970.

L'étourdissement - Joel Egloff

Dérangeant !
Note :

   Malgré un réel malaise ressenti dès le début de la lecture, la curiosité de suivre jusqu’au bout le personnage principal, bien attachant tout de même, a été plus forte que l’envie d’abandonner.
   
   Le contexte est effectivement glauque (là, je ne trouve vraiment pas d’autre mot) mais surréaliste ce qui peut ainsi rassurer le lecteur. La vie du personnage est lugubre et profondément sinistre, limite angoissante. Il ne semble pas vraiment vivre, disons plutôt qu’il survit . Dans ce monde hostile, il parvient cependant à entretenir un tant soit peu son âme poétique, c’est certainement ce qui retient le lecteur.
   
   Ce livre est dérangeant autant que l’avait pu être pour moi “Truismes” de Marie Darrieussecq.
   
   Un livre dont on ne sort pas indemne. Rien à voir donc avec les précédents ouvrages enjoués de l’auteur.
   
   Quoique l’univers de “Ce que je fais là, assis par terre” plantât déjà une plus sinistre orientation dans l’écriture de Joël Egloff qui demeure, malgré tout, toujours admirable.
   
   Par contre, je suis incapable d’attribuer une note car je demeure perplexe alors elle sera moyenne…
   ↓

critique par Véro




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Perdre l’équilibre
Note :

   On sait trop bien que la pollution s’immisce dans nos vies sournoisement. Le court roman de Egloff amplifie la problématique en dépeignant un petit village affublé de tous les maux de nos sociétés occidentales – des fils électriques qui grésillent – les cours d’eau moussants – le brouillard à couper au couteau – les meutes de chiens et les avions bruyants déchirant le ciel à basse altitude. Dans ce décor surréaliste, le narrateur pédale entre la maison, qu’il partage avec une grand-mère acariâtre, et le boulot à l’abattoir. En compagnie de son pote, ils vivent des anecdotes étranges, aussi étranges que l’endroit qu’ils habitent.
   
   Si l’univers imaginé est glauque, la manière dont l’auteur élabore sa métaphore, avec une prose poétique et un humour particulier, ne l’est pas. Le charme opère. On s’attache, on se reconnaît parmi ces personnages naïfs et désabusés à la recherche de leur humanité dans un monde moderne sale et absurde, ainsi que dans cette oppressante routine qui tue à petit feu.
   
   L’étourdissement est une étape de l’abattage des bêtes. Par choc électrique, au gaz ou au pistolet, c’est l’étape juste avant la mise à mort, celle qui provoque l’évanouissement. Un titre donc judicieux pour ce roman d’une grande sobriété, hypnotisant mais annonciateur, comme pour nous prévenir que le coup de grâce approche.
    ↓

critique par Benjamin Aaro




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Méfiez-vous des quatrièmes de couv'
Note :

   "Quand le vent vient de l’ouest, ça sent plutôt l’œuf pourri. Quand c’est de l’est qu’il souffle, il y a comme une odeur de soufre qui nous prend à la gorge. Quand il vient du nord, ce sont des fumées noires qui nous arrivent droit dessus. Et quand c’est le vent du sud qui se lève, qu’on n’a pas souvent, heureusement, ça sent vraiment la merde, y a pas d’autre mot.
   Nous au milieu de tout ça, ça fait bien longtemps qu’on n’y fait plus attention. C’est qu’une question d’habitude finalement. On se fait à tout."

   
   Ainsi s’ouvre le récit et tout me semble déjà dit de l’essentiel du roman - un endroit des plus horribles avec tout ce que le monde industriel a pu imposer parfois: terrain d’aviation, parking de supermarché, décharge municipale, station d’épuration, voies ferrées délaissées, la pollution partout, un grand abattoir comme travail le plus prisé du lieu et tout est à l'avenant.
   
   Un conte de paumés dans un coin perdu de nulle part.
   
   Reste l’humour heureusement! Sinon ce serait insupportable, une telle lecture, basée sur des accumulations de tout ce que je déteste le plus au monde mais, dit le narrateur qui vit là avec une grand-mère désastreuse:
   "On s’attache même aux pires endroits, c’est comme ça. Comme le graillon au fond des poêles."
   

   Ce qui m'a décidé à choisir ce petit roman? Cette phrase de l'éditeur au dos du livre:
   "Un humour irrésistible qu'illumine une réelle poésie."
    Il ne m'en a pas fallu plus pour imaginer un chef d'œuvre mais je suis dans une période de malchance car, si j'ai fini cette centaine de pages, j'ai souvent été tentée d'arrêter, sauf que ç'aurait été mon second abandon en deux jours et que celui-ci m'a quand même semblé plus intéressant que le précédent de Sà Moreira.
   
   N'empêche, ce n'est pas une lecture que je peux recommander à mes amis, malgré le prix que ce livre a reçu.

critique par Mango




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