Lecture / Ecriture
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L'écho des morts de Johan Theorin

Johan Theorin
  L'Heure trouble
  L'écho des morts
  Le Sang des pierres
  Froid mortel
  Fin d’été

Johan Theorin est un écrivain et journaliste suédois né en 1963.

L'écho des morts - Johan Theorin

Un final angoissant
Note :

    "Magnifique demeure de gardien de phare, milieu du XIXe siècle. Situation isolée dans site préservé avec vue imprenable sur la Baltique, plage à moins de 300 mètres. Votre voisin le plus proche : le ciel".
   

   Joachim Westin rejoint sa femme sur l'île d'Öland où ils ont acquis une vieille bâtisse à retaper. Katrine est sur place depuis six mois avec leurs deux enfants, Livia et Gabriel.
   
   L'endroit est isolé, sauvage, battu par les vents, avec ses deux phares qui veillent. C'est une terre de légendes, hantée par les morts violentes qui s'y sont produites.
   
   La famille est venue s'installer là pour trouver le calme et la tranquillité, loin de l'agitation de Stockholm. Ils avaient pourtant une vie agréable là-bas, mais on comprend assez vite qu'ils ont surtout voulu fuir un drame familial.
   
   Parallèlement, une police de proximité se réinstalle dans le secteur en la personne de Tilda, jeune policière dont la famille est originaire de l'île. Elle y rend fréquemment visite à son vieil oncle, Gerlof, maintenant en maison de retraite. Elle cherche à en savoir plus sur le passé de son père.
   
   Le jour où Joachim retourne à Stockholm pour achever de vider leur ancienne maison, Katrine est retrouvée noyée au pied d'un phare. Accident constate Tilda. Gerlof n'est pas tout-à-fait de cet avis.
   
   J'ai beaucoup aimé l'atmosphère de ce roman policier. Il n'a rien de trépidant, mais l'île joue un rôle important, avec la rudesse de son climat et de la nature qui n'a jamais fait de cadeau aux hommes. La frontière entre les morts et les vivants n'est pas très étanche, une pincée de surnaturel ajoute à l'ambiance déjà inquiétante du lieu.
   
   Par ailleurs, un trio de voleurs sévit dans la région, visitant toutes les maisons inoccupées à l'approche de l'hiver. On peut dire que deux d'entre eux sont passablement fêlés et sous l'emprise de drogues, ce qui les rend dangereux.
   
   Les deux affaires vont finir par s'entremêler dans un final angoissant, à la hauteur de tout ce qui a précédé. Les personnages sont suffisamment complexes pour que l'on s'y attache et se fasse du souci pour eux.
   
   Une excellente surprise et un auteur de plus à suivre de près.

critique par Aifelle




* * *



Les hivers se suivent...
Note :

   Malgré la flatteuse réputation des écrivains suédois en ce qui concerne les romans policiers, je suis quasiment un néophyte. A part Helene Tursten et Henning Menkell, il y a longtemps, je n'ai pas souvenance d'autres auteurs de ce pays.
   
   Nous sommes à Åluden sur l'île de Öland dans le sud de la Suède, la famille Westin a quitté Stockholm pour une vie plus calme et a racheté la maison qui jouxte deux phares. L'histoire dit qu'une partie de ce bâtiment a été construite avec la cargaison de bois d'un bateau naufragé et que de ce fait elle ne porte pas chance. Certains écrits laissent à penser que nous sommes dans une version suédoise de "La Baie des Trépassés".
   
   Katrine Westin est retrouvée noyée, la police dont l'arrivée sur l'ile est récente, opte pour un banal accident, ce qui ne surprend personne. Son mari Joakim n'a aucune raison d'envisager autre chose. Il a d'autre soucis et doit gérer la vie quotidienne dans une grande maison en chantier et avec deux enfants auxquels il cache la mort de leur mère. Seule Tilda, jeune policière, commence à avoir des doutes, mais très confus, une sorte d'intuition, et ce n'est pas la première mort violente de l'histoire de l'île! Le temps passe, Joakim et ses enfants s'habituent tant bien que mal à cette situation, sa belle-mère reprend contact avec eux, il invite des amis de Stockholm, mais ceux-ci partent précipitamment après que l'homme ait fait un cauchemar la première nuit. Certaines légendes parlent d'Åluden comme d'une demeure hantée, lieu de nombreuses morts violentes, chose qu'un vieil habitant de l'île confirme à Joakim . Il lui parle de la légende des morts la nuit de noël, et le mois de décembre approche...
   
   Beaucoup de personnages dans cette histoire, sorte de puzzle familial où tout se rejoint. Joakim Westin, le père, doit vivre seul, dans une contrée pour le moins peu accueillante en plein de cœur de l'hiver. Katrine semble hanter les lieux, leurs enfants, Livia et Gabriel, s'adaptent comme ils peuvent. Ethel, la sœur de Joakim, ombre du passé, qui se droguait, a été elle aussi retrouvée noyée. Tous ces décès ont-il un point commun? Tilda Davidsson, la policière, en plus de son travail, doit gérer une vie sentimentale pas très réussie. Elle collecte aussi chez un de ses parents âgés des souvenirs familiaux, choses qui ne réservent pas que des bonnes surprises. Mais d'un autre côté les personnes d'un certain âge ont du temps devant eux et passent une partie de leurs journées à la fenêtre! Et remarquent certaines allées et venues non dénuées d'intérêt, quand on enquête sur des cambriolages fréquents dans des maisons souvent inoccupées. Henrick et les frères Serilius, voleurs adeptes du spiritisme! Style "Les pieds Nickelés" sous amphétamines, bêtes et méchants, et circonstances aggravantes pour les deux frères, un goût prononcé pour le saccage intégral! Mirja Ramble, mère de la noyée, est un personnage pour le moins pittoresque, peintre et écrivain, c'est elle qui rédige les quelques lignes qui servent d'introduction à certains chapitres. Elle boit, fume, drague, surtout les hommes beaucoup plus jeunes qu'elle. Elle a habité Åluden il y a longtemps avec sa propre mère, peintre reconnue. Quelles étaient réellement ses relations avec sa fille!
   
   Un récit sur plusieurs époques commençant durant l'hiver 1946 pour se terminer de nos jours. Un livre qui tout en restant un roman policier, oscille parfois vers le fantastique, ce que personnellement je regrette. J'ai vraiment eu du mal à entrer dans ce livre trop long à mon goût, mais la fin est réussie. Un bon roman malgré ces quelques restrictions.
   
   A titre personnel une phrase m'a particulièrement marqué:
   - Il était en principe contraire aux règles de la police d'informer un proche du décès par téléphone...

   
   Extraits :
   
   - Et de bois, quantité de bois. Cette épave tombe du ciel.
   
   - Situation isolée dans ce site préservé, comme disait l'annonce.
   
   - Les frères Serelius et leur foutu texte esprit sorti du gobelet n' aurait qu'à se débrouiller.
   
   - Il s'agit de drogue, bien sûr. Cette merde arrive sur l'île, comme partout ailleurs.
   
   - Voilà, la maison était vide et impeccable.
   
   - Tilda regarda autour d'elle avec la sensation de s'être trompée de siècle. Abstraction faite des appareils électroménagers, on se serait cru la fin du XIXe siècle dans une demeure bourgeoise.
   
   - La maison était froide et la solitude paralysait.
   
   - Joakim l'avait entendu appeler. Il en était certain et cela voulait dire que le monde était encore plus incompréhensible qu'il ne le croyait.
   
   - Voler dans les églises portait malheur.
   
   - Elle m'avait enseigné ce que toutes les mères devraient apprendre: ne jamais dépendre des hommes.
   
   - Quand j'ai commencé à entendre les morts murmurer dans la grange, à Åluden, je n'ai pas eu peur. J'avais connu pire à Stockholm.
   

   
   Titre original : Nattfåk (2008)
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critique par Eireann Yvon




* * *



Roman d’atmosphère avec énigme
Note :

    Joakim et Katrine Westin et leurs deux jeunes enfants ont quitté Stockholm pour vivre "au vert"( je devrais dire "au blanc" vu la belle et terrible tempête de neige à laquelle on assistera) dans l’île d’Öland au sud est de la Suède. Ils rénovent une grande propriété au bord de la mer, avec plusieurs dépendances, dont ces deux phares, l’un est toujours allumé l’autre éteint, sauf en des circonstances particulières…
   
   Peu après leur installation, Joakim a la douleur de perdre sa femme qui s’est noyée pendant qu’il passait la journée à Stockholm. Il ne croit pas à l’accident, non plus que Tilda jeune inspectrice de police, qui vient de débuter dans la profession.
   
     Il semble que la propriété aie porté malheur. D’anciennes histoires de morts violentes sont rapportées dans un livre que la mère de Katrine avait écrit. Le vieux Gerlof, maintenant en maison de retraite, se souvient aussi, de sorte que le passé, très chargé, vient peser sur le présent. Plusieurs des protagonistes entendent des chuchotements et des bruits dans les murs. On se demande au début s’il faut admettre le surnaturel dans ce récit. Il n’y aura pas de réponse nette, car tout est nuancé dans ce roman, le style y compris.
   
   Joakim fait preuve d’un mélange de rationalité et de superstition, de calme et de détresse. Jour après jour, on s’achemine lentement mais sûrement vers une issue plausible.
   
   Ce n’est pas un thriller, comme je l’ai lu parfois, mais un roman d’atmosphère avec énigme; écrit simplement mais avec des termes choisis. La beauté et l’étrangeté du lieu, les états d’âme des personnages, comptent autant que l’enquête policière. Il est vrai que sur la fin, on a des scènes d’action rapide qui d’ailleurs surprennent un peu, qui n’étaient pas nécessaires peut-être.
   
   Dans l’ensemble, je suis enchantée et prête pour un autre séjour inquiétant à Öland.
    ↓

critique par Jehanne




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Öland, une île du littoral suédois
Note :

   Une île paumée et peu habitée que cet Öland. C’est pourtant là qu’un jeune couple de Stockholm décide de venir vivre avec leurs deux enfants. Joakim et Katrine Westin ont donc acquis une vieille demeure, qui avait quelque lien avec la mère de Katrine, une vieille demeure chargée d’histoires dans le genre "lourd". On n’est pas loin de la maison hantée …
   
   Alors qu’ils sont en train de la remettre en état, peu de temps après leur arrivée, Katrine est retrouvée noyée près d’un des deux phares attenant à la propriété. Encore un détail inquiétant : un de ces deux phares n’est jamais allumé… sauf lorsqu’il va se produire un évènement tragique.
   
   Sa femme noyée, la douleur de Joakim est intense, d’autant qu’il prend le parti de ne pas révéler la chose à ses deux enfants. Sur Öland, petite île, il n’y a guère de police sauf justement une "Tilda Davidsson", fraîche émoulue de l’école de police et qu’on a envoyé là pour… faire présence et gérer les chiens écrasés. Pas pour enquêter sur un meurtre et pourtant Tilda, suite à diverses constatations et discussions avec de pittoresques personnages par ailleurs, se persuade peu à peu qu’il ne s’agit pas d’une mort accidentelle.
   
   Grenouillent également sur Öland des bras cassés scandinaves, cambrioleurs à la petite semaine qui vont venir brouiller les cartes. L’enquête va progresser lentement mais à un rythme satisfaisant pour le lecteur – en tout cas pour moi!
   
   On frôle d’un peu trop près parfois le fantastique avec notamment des retours sur le passé – le syndrome maison hantée – angoissants. Mais au bout du compte on a le sentiment d’avoir fait la connaissance d’une petite île du littoral suédois, de la spécificité de ses habitants. Pas l’impression d’avoir perdu son temps en tout cas!

critique par Tistou




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