Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

L'oiseau canadèche de Jim Dodge

Jim Dodge
  L'oiseau canadèche

L'oiseau canadèche - Jim Dodge

Coin-coin !
Note :

   Deux bonheurs de lecture coup sur coup, de quoi me plaindrais-je, je vous le demande? Je suis passée d'une charmante relation grand-mère petit-fils ("La petite dame en son jardin de Bruges)"), à une histoire grand-père petit-fils carrément hilarante.
   
   Jake, vieil anar de 80 ans, ancien bourlingueur, marié quatre fois, se croyant immortel grâce à un breuvage distillé par ses soins et nommé "vieux râle d'agonie" recueille Titou, cinq ans, qui vient de perdre sa mère.
   
   Jake ne supporte aucun contrainte et vit quasiment en autarcie. Il est assez déjanté il faut bien le reconnaître et les rasades de "vieux râle d'agonie" qu'il ingurgite ne sont pas faites pour le pondérer. Titou lui est obsédé par les clôtures et en installe partout où il peut.
   "Si les similitudes des deux hommes étaient rares, elles avaient beaucoup de fond: elles reposaient sur l'amour émerveillé qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, sur une gentillesse qui allait bien au delà de la simple tolérance: un accord du sang qui touchait le cœur de l'un comme de l'autre."

   
   Arrive dans ce quotidien bien rôdé, un caneton, le fameux oiseau canadèche. Pourquoi ce nom? Désolée, il faudra lire le roman pour le savoir. Le caneton deviendra une cane colvert presque obèse, légèrement alcoolique et surtout un membre à part entière de la famille exprimant ses sentiments de manière aussi vigoureuse que les humains.
   
   Il y a un méchant dans l'histoire, un vieux sanglier Cloué-Legroin, qui aura un rôle déterminant et inattendu. D'autres personnages savoureux passent en pointillé, les ex-femmes de Jake, un indien énigmatique Johnny sept-lunes. Le tout est très très jubilatoire, le langage est direct et fleuri, j'ai même eu un fou-rire irrépressible à la vision de Jake donnant des leçons de vol à l'oiseau canadèche. Un pur moment de folie.
   "Mais dès qu'il s'en approcha, elle se mit d'un bond sur ses pattes, claquant du bec comme un furie, sur un air de castagnettes. Elle jeta à Pépé Jake un regard terrible, puis elle chargea. Jake, protégeant ses gonades de ses deux mains en coquille, prit le plus court chemin pour regagner la galerie... il ne fut pas assez rapide. Canadèche le toucha à la manière d'un boulet de canon, nettement en dessous de sa ligne de flottaison."

   
   Bref, à lire absolument. Je louche maintenant vers un roman de l'auteur paru récemment en 10/18 "Stone junction".
   ↓

critique par Aifelle




* * *



Burlesque et loufoque
Note :

   Pour lecteur qui refuse de lire des pavés, qui préfère le court, le vite lu MAIS qui aime les récits sensibles.
   Je vous propose un mixte: Livre et CD, avec deux récits qui sont un peu de la même famille, plus versant humour pour l’un, versant doux souvenirs pour l’autre...
   L’oiseau canadèche - Jim Dodge - Editions Cambourakis
   Livre léger et court mais oh combien attachant, Jim Dodge c’est un nom qui ne dit rien et je ne l’aurais jamais lu sans le billet d'un blogger.
   
   Faites connaissance avec un trio improbable et hilarant :
   Titou, de son vrai nom Jonathan Adler Makhurst II, confié à son grand-père après la disparition de ses parents, Jake le grand-père littéralement confit dans l’alcool, et Canadèche un volatil obèse.
   
   Pépé se serait bien passé d’un petit-fils, son activité de bouilleur de cru lui suffit, d’autant qu’il détient une recette de Whisky qui lui permet de rêver à l’immortalité. Titou en grandissant va devenir lui aussi spécialiste mais d’un tout autre genre, lui ce sont les clôtures, faire des trous, y planter des piquets, voilà sa passion. Grâce à lui le ranch peut résister à n’importe quel assaut.
   Et Canadèche me direz-vous, là je vous laisse découvrir ses nombreux dons mais sachez que cela a à voir avec les échecs et les sports de combat.
   
   Ah j’allais oublier il y a encore un personnage dans l’histoire: Cloué-Legroin mais là je n’en dirais rien sachez seulement que c’est un méchant, très très méchant et l’ennemi juré du trio.
   
   Du burlesque, du loufoque, du déjanté, en quelques 100 pages on s’offre une lecture très très réjouissante que vous pouvez en ces temps de fête accompagner d’un petit verre de quelque chose c'est Jake qui vous l'offre.
    ↓

critique par Dominique




* * *



Brève histoire de famille
Note :

   Voici un livre bonheur, un petit récit très rafraîchissant, petit par le nombre de pages: (106 sans la postface). mais grand, très grand par le plaisir de lecture qu’il procure.
   
   Tous les ingrédients pour faire pleurer les âmes sensibles sont là dès les premières pages: Le malheur semble s’acharner sur les héros mais semble seulement car ce n'est qu'un leurre!
   Je ne résiste pas au plaisir des premières phrases qui m’ont emportée d’emblée dans l’aventure.
   «Elle avait dix-sept ans; elle s’appelait Gabrielle Santee; elle était enceinte de trois mois quand elle se maria avec Johnny Makhurst, dit le Supersonique. Lui, il était pilote d’essai chez Boeing et venait de faire un héritage; il lui était échu la modeste fortune d’un quincaillier de l’état d’Ohio.»
   
   Se succèdent alors la mort du père dans son avion et celle de la mère tombée dans l’eau. Titou, l’enfant de trois ans, est alors confié à son grand père paternel, Jake, qui approchait de ses cent ans et se croyait immortel.
   
   Celui-ci pleura quatre jours la mort de sa fille et accueillit son petit fils non sans difficulté car l’assistante sociale du coin s’opposait vivement à cette adoption vu le penchant à la boisson et le caractère frondeur, râleur et incontrôlable du vieux Jake.
   
   Et c’est alors que le récit vire au délice avec l’arrivée de nouveaux personnages. Titou est l’exact opposé de son grand-père, dans tous les domaines. Sa passion est de dresser des clôtures partout.
   Le colvert, l’oiseau canadèche sauvé à sa naissance par les deux hommes, ne les quittera plus. Très organisé, il les accompagne partout, au cinéma comme à la chasse au sanglier; le sanglier justement, leur ennemi favori, redouté et redoutable…
   
   Le décor est planté. L’histoire peut commencer, faite d’optimisme, de tolérance, d’excentricité, d’humour, de tendresse et de violence naturelle, de prosaïsme et de magie, bref un mélange de ces choses exquises et audacieuses qui font les vrais chefs d’œuvre.

critique par Mango




* * *